Stockage par batteries : BW ESS rachète deux projets de 100 MW à Recurrent Energy et s’implante en France
BW ESS arrive en France en rachetant à Recurrent Energy, filiale de Canadian Solar, deux projets de stockage par batteries de 100 MW chacun, à Baixas (Pyrénées-Orientales) et à Coquainvilliers (Calvados), pour un total de 200 MW et 800 MWh. C’est la première transaction entre les deux sociétés, et le point de départ de l’activité de BW ESS dans l’Hexagone.
En bref
- Deux batteries autonomes rachetées : Baixas, dans les Pyrénées-Orientales, et Coquainvilliers, dans le Calvados.
- Chaque site : 100 MW de puissance et 400 MWh de capacité, soit quatre heures de décharge à pleine puissance.
- Recurrent Energy mène les projets jusqu’au stade « prêt à construire » ; BW ESS prend ensuite la construction, la mise en service et l’exploitation.
- La France est le septième pays de BW ESS, après le Royaume-Uni, l’Australie, l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne et la Suède.
- L’exploitant revendique plus de 540 MWh de batteries en service et environ 12 GWh en construction ou en préparation.
Deux sites, un même format de quatre heures
Les deux installations ne sont adossées à aucune centrale solaire ou éolienne : ce sont des batteries dites autonomes, qui achètent et revendent de l’électricité sur le réseau et rendent des services d’équilibrage. Leur format est identique : 100 MW pour 400 MWh. Avec quatre heures de décharge, chaque batterie peut stocker l’électricité produite en abondance au milieu de la journée et la restituer pendant la pointe du soir.
Le premier site se trouve à Baixas, près de Perpignan. Le second est à Coquainvilliers, dans le Calvados, en Normandie. Pour voir le potentiel solaire de ces territoires, la carte solaire du site donne l’ensoleillement commune par commune.
Qui fait quoi entre Recurrent Energy et BW ESS
Le développement reste chez Recurrent Energy
Recurrent Energy a porté les deux dossiers depuis le début : maîtrise des terrains, autorisations, concertation avec les riverains et demandes de raccordement. D’après le développeur, les deux sites disposent de bonnes conditions d’accès au réseau de transport d’électricité, géré par RTE, et peu de contraintes y sont attendues. Il continuera à piloter les projets jusqu’à ce qu’ils puissent entrer en chantier.
BW ESS construit, détient et exploite
Une fois ce stade atteint, BW ESS reprendra la main : travaux, mise en service commerciale, puis exploitation des deux batteries sur le long terme. L’acheteur se présente comme propriétaire-exploitant, et non comme simple investisseur prêt à revendre. Selon le communiqué de Canadian Solar, son directeur général et cofondateur, Erik Strømsø, parle d’« une étape importante » et d’« une suite naturelle » dans l’expansion de sa plateforme mondiale de stockage.
Une précision sur l’identité de l’acheteur
Le texte d’origine présente BW ESS comme un groupe britannique. Le média spécialisé Renewables Now le décrit, lui, comme un propriétaire-exploitant suisse de stockage, et le communiqué officiel ne précise pas son pays d’origine. Le Royaume-Uni reste en tout cas son premier marché cité.

BW ESS revendique plus de 540 MWh de batteries déjà en exploitation et environ 12 GWh de projets en construction ou en phase préalable. Le communiqué évoque aussi un portefeuille en développement de « plusieurs gigawatts ».
Ce que ce rachat dit du stockage en France
L’arrivée d’un exploitant étranger qui cible des projets de quatre heures montre que des investisseurs jugent désormais le marché français assez mûr pour s’y installer durablement. Pour un particulier, la logique est la même à petite échelle : stocker le surplus de midi pour le consommer le soir, ce que détaille notre guide sur la batterie pour panneaux solaires.
Questions fréquentes
Où se trouvent les deux batteries rachetées par BW ESS ?
L’une est à Baixas, dans les Pyrénées-Orientales, l’autre à Coquainvilliers, dans le Calvados. Chacune affiche 100 MW de puissance et 400 MWh de capacité.
Qu’est-ce qu’une batterie autonome de quatre heures ?
C’est une installation de stockage raccordée directement au réseau, sans centrale de production associée, capable de délivrer sa puissance maximale pendant quatre heures d’affilée. Ici, 100 MW pendant quatre heures donnent 400 MWh.
Qui construira et exploitera ces installations ?
Recurrent Energy, filiale de Canadian Solar, termine le développement jusqu’au stade prêt à construire. BW ESS se charge ensuite des travaux, de la mise en service et de l’exploitation à long terme.
En résumé
Avec Baixas et Coquainvilliers, BW ESS fait de la France son septième marché et y place d’emblée 200 MW et 800 MWh de batteries de quatre heures. Recurrent Energy garde la phase de développement, BW ESS prendra le chantier puis l’exploitation. Reste une incertitude sur la nationalité de l’acheteur, britannique selon le texte d’origine, suisse selon la presse spécialisée.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
Aurélien CHAPUIS
30/10/2026 à 10h04Un exploitant étranger vient chercher des batteries en France, clés en main. Et c'est presque une bonne nouvelle.
Presque, parce que ces deux projets de 100 MW à Baixas et Coquainvilliers montrent surtout une chose : la valeur du stockage français se crée ici, mais elle sera détenue ailleurs.
Le développement, les autorisations, la concertation, le raccordement : tout le travail ingrat a été fait sur le terrain. Le capital et l'exploitation sur le long terme, eux, partent chez un groupe dont la France n'est que le septième marché.
Je n'en veux pas aux investisseurs. J'en veux à un État qui parle de souveraineté énergétique depuis des années sans jamais donner au stockage un cap clair, ni aux acteurs français les moyens de garder ces actifs.
Combien de batteries faudra-t-il laisser partir avant qu'on admette que la souveraineté énergétique ne se proclame pas, elle se finance ?