Royaume-Uni : quatre grandes centrales solaires avec batteries autorisées en octobre, dont une de 1,12 GWc
En octobre 2026, Londres a donné son feu vert à quatre centrales solaires de grande taille, qui représentent ensemble près de 2 GW et associent presque toutes une production photovoltaïque à du stockage par batteries. La plus grande, Great North Road Solar, affichera 1,12 GWc de modules et 880 MWh de batteries au nord-ouest de Newark-on-Trent.
Ces quatre feux verts relèvent tous du régime réservé outre-Manche aux infrastructures jugées d’intérêt national, une filière d’instruction centralisée qui s’impose en Angleterre au-delà de 100 MW de puissance solaire.
En bref
- Quatre projets solaires britanniques ont reçu leur autorisation en octobre : deux le 27, un le 9 et un le 8.
- Great North Road Solar (Elements Green) : 1,12 GWc en courant continu, 800 MW de raccordement et une batterie de 440 MW pour 880 MWh.
- Steeple Renewables Project (RES) : 450 MW de solaire et environ 150 MW de batteries, sur une capacité réseau libérée par la fermeture de la centrale de West Burton.
- Green Hill Solar Farm (Island Green Power) : « jusqu’à 500 MW », avec un stockage dont la taille n’est pas communiquée.
- Frodsham Solar (Cubico) : « environ 150 MW » de modules pour 100 MW injectés au poste de Frodsham.
- Tous les projets solaires passés par cette procédure nationale ont, à ce jour, été autorisés.
Great North Road Solar, le poids lourd du lot
Porté par le développeur Elements Green, ce parc se classera parmi les plus grandes centrales photovoltaïques du pays une fois en service. Ses 1,12 GWc de panneaux dépassent nettement les 800 MW que le réseau lui permet d’injecter ou de soutirer : ce surdimensionnement côté modules est courant sur les grandes centrales, puisqu’il permet de mieux remplir la capacité de raccordement en dehors des heures de plein soleil.
Le site accueillera aussi une batterie de 440 MW et 880 MWh, soit environ deux heures de décharge à pleine puissance. De quoi décaler une partie de la production de midi vers la fin de journée, quand la demande remonte. Le développeur, qui a reçu son autorisation le 27 octobre, vise un début de chantier en 2027 (annonce du gouvernement britannique).
Trois autres projets, trois logiques de raccordement
Steeple Renewables Project, dans le Nottinghamshire
Développé par RES, ce projet combine 450 MW de photovoltaïque et une batterie d’environ 150 MW. Sa particularité : il s’appuie sur la capacité d’accès au réseau laissée disponible par l’arrêt de la centrale électrique voisine de West Burton. Une manière de recycler un point de raccordement existant plutôt que d’attendre la création d’un nouveau.
Green Hill Solar Farm, près de Northampton
Island Green Power annonce une puissance pouvant aller « jusqu’à 500 MW » sur ce site au nord de Northampton. Une installation de stockage est prévue, mais ni sa puissance ni son énergie ne figurent dans les informations publiées. Le projet a été autorisé le 8 octobre, un jour avant Steeple.
Frodsham Solar, près de Chester
Cubico décrit dans ses documents une centrale « d’environ 150 MW ». L’accord passé avec le gestionnaire de réseau SP Energy Networks plafonne toutefois l’injection à 100 MW au poste existant de Frodsham. Là encore, la puissance des modules dépasse celle du raccordement. Le dossier déposé auprès des autorités mentionne aussi un système de batteries associé (décision publiée sur GOV.UK).

La procédure NSIP, un guichet unique pour les très grands projets
Outre-Manche, les infrastructures d’importance nationale (Nationally Significant Infrastructure Projects, ou NSIP) suivent un circuit à part. Le Planning Inspectorate, l’inspection de l’urbanisme, instruit le dossier, puis l’État accepte ou refuse le projet. En Angleterre, toute centrale solaire de plus de 100 MW y est soumise.
Le premier parc solaire autorisé par cette voie, Cleve Hill (376 MW), a obtenu son feu vert en 2020 et produit commercialement depuis juillet 2025. Depuis, aucun projet solaire passé par ce circuit n’a été rejeté. Pour comparer avec les démarches qu’un particulier ou une entreprise doit suivre en France, voir notre guide des démarches administratives pour les panneaux solaires.
Pourquoi le couplage solaire et batteries se généralise
Trois des quatre projets prévoient explicitement du stockage, et le quatrième le mentionne dans son dossier. Ce choix répond à un problème que connaissent tous les pays où le solaire progresse vite : la production se concentre aux mêmes heures, ce qui fait baisser les prix de marché à midi et sature les raccordements. Stocker une partie de l’énergie permet de la vendre plus tard et d’utiliser au mieux une capacité réseau rare. Le même raisonnement vaut, à petite échelle, pour une maison équipée : notre dossier sur la batterie pour panneaux solaires détaille quand elle devient intéressante.
Questions fréquentes
Quelle est la plus grande centrale solaire autorisée au Royaume-Uni en octobre 2026 ?
Il s’agit de Great North Road Solar, développée par Elements Green près de Newark-on-Trent : 1,12 GWc de panneaux, 800 MW de raccordement au réseau et une batterie de 440 MW pour 880 MWh.
Qu’est-ce que la procédure NSIP au Royaume-Uni ?
C’est le régime d’autorisation des infrastructures d’importance nationale. Le Planning Inspectorate examine le dossier, puis le gouvernement décide. En Angleterre, il s’applique aux centrales solaires de plus de 100 MW.
Pourquoi la puissance des panneaux dépasse-t-elle celle du raccordement ?
Installer plus de modules que la capacité d’injection permet de produire au maximum autorisé plus longtemps dans la journée. Avec une batterie sur le même site, l’excédent de midi peut être stocké puis injecté plus tard.
En résumé
En un seul mois, le Royaume-Uni a autorisé quatre grandes centrales solaires totalisant près de 2 GW, dont un parc de 1,12 GWc doté de 880 MWh de batteries. Le stockage sur site devient la norme de ces projets, et la procédure nationale NSIP n’a encore refusé aucune centrale solaire depuis Cleve Hill en 2020.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
Aurélien CHAPUIS
30/10/2026 à 10h04Au Royaume-Uni, un projet solaire de 1,12 GWc passe la procédure nationale. Et aucun projet solaire n'y a encore été recalé.
Quatre grandes centrales autorisées en un seul mois, près de 2 GW au total, presque toutes avec des batteries sur site. Un guichet unique, une instruction centralisée, une décision de l'État.
Pendant ce temps, chez nous, le porteur de projet traverse un empilement de procédures, de recours et de changements de règles en cours de route. Le cap change plus vite que les dossiers n'avancent.
Les Britanniques ont fait un choix simple : les grandes centrales relèvent de l'intérêt national, donc l'État tranche. La France, elle, continue de parler de souveraineté énergétique sans se donner les moyens administratifs de la construire.
Combien de gigawatts faudra-t-il voir se construire de l'autre côté de la Manche avant que l'État accepte de simplifier vraiment ?