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Réseau de chaleur de Châteaubriant : bois et solaire thermique chauffent la ville depuis 15 ans

Par Aurélien CHAPUIS 4 min de lecture Partager
Réseau de chaleur de Châteaubriant : bois et solaire thermique chauffent la ville depuis 15 ans

À Châteaubriant, en Loire-Atlantique, la chaleur des bâtiments publics, de centaines de logements sociaux et d’une entreprise agroalimentaire vient d’un réseau urbain alimenté par une chaufferie-bois et par un champ de capteurs solaires thermiques. Quinze ans après sa mise en route, la commune fait le point : plus de 8 200 MWh de chaleur solaire produits depuis juin 2018, et un prix moyen de la chaleur en baisse de 5 % pour les abonnés.

En bref

  • Le réseau de chaleur urbain de Châteaubriant dépasse 10 km et combine bois et solaire thermique.
  • La chaufferie-bois fonctionne depuis 2011 ; la centrale solaire thermique au sol a été mise en service en 2018.
  • Le champ solaire a coûté 1,5 million d’euros, financés à 70 % par l’ADEME.
  • Depuis juin 2018, il a fourni plus de 8 200 MWh de chaleur et évité plus de 2 200 tonnes de CO₂.
  • De mai à septembre, le réseau peut tourner entièrement aux énergies renouvelables.
  • Le MWh revient en moyenne à 114,48 € HT aux abonnés, après une baisse de 5 % liée au solaire.

Un réseau de chaleur alimenté par deux ressources locales

Un réseau de chaleur fonctionne comme une chaudière collective à l’échelle d’un quartier : l’eau chaude est produite dans une installation centrale, puis circule dans des canalisations enterrées jusqu’aux bâtiments raccordés. La municipalité de Châteaubriant a engagé cette démarche en 2008 et l’a bâtie autour de deux sources renouvelables qui se complètent : le bois, disponible toute l’année, et le soleil, abondant précisément quand les besoins de chauffage reculent.

Le réseau s’étend aujourd’hui sur plus de 10 km. Il dessert des équipements de la Ville et de la Communauté de communes Châteaubriant-Derval, le Pôle de santé de Choisel, plus de 500 logements d’Habitat 44, des lycées et des collèges, des locaux des Finances publiques, la MFR et l’entreprise Castel Viandes.

La centrale solaire thermique, une pièce rare en France

De l’étude de faisabilité à la mise en service

Le bureau d’études Tecsol a mené en 2012 l’étude qui a confirmé qu’on pouvait injecter de l’eau chaude d’origine solaire dans le réseau existant. Le chantier a suivi, et la centrale au sol fonctionne depuis 2018 : le dossier de presse de son inauguration, publié par la mairie en décembre 2017, annonçait une mise en service pour janvier 2018. Le communiqué de 2026 mentionne aussi une centrale « construite en 2011 », date qui correspond en réalité à la chaufferie-bois.

Sur la surface, les deux documents divergent : le communiqué actuel parle de 2 400 m² de capteurs, le dossier de presse de 2017 d’un champ d’environ 2 200 m².

Comment le soleil chauffe le réseau

Les capteurs absorbent le rayonnement et réchauffent un fluide, qui cède ensuite ses calories à l’eau du réseau urbain. Le combustible ne coûte rien, mais l’installation exige un investissement de départ et un entretien régulier. L’investissement de 1,5 million d’euros a été couvert à 70 % par l’ADEME. Depuis juin 2018, plus de 8 200 MWh de chaleur sont sortis de ces capteurs, soit plus de 2 200 tonnes de CO₂ qui n’ont pas été rejetées.

Bois et soleil : une complémentarité travaillée

L’intérêt du couple tient au calendrier. L’hiver, la chaufferie-bois assure l’essentiel ; de mai à septembre, la production solaire prend le relais, au point que le réseau peut alors fonctionner uniquement avec des énergies renouvelables. En 2020, la commune a fait réaliser des travaux sur les deux installations en même temps pour mieux les faire travailler ensemble et lisser la production de chaleur sur l’année.

Réseau de chaleur de Châteaubriant : bois et solaire thermique chauffent la ville depuis 15 ans

Un prix de la chaleur en baisse pour les abonnés

L’arrivée du solaire a fait reculer de 5 % le prix moyen de la chaleur facturée aux abonnés. Le MWh s’établit désormais à 114,48 € HT, un niveau que la municipalité situe dans la moyenne des réseaux de chaleur français. La Ville met en avant un double objectif : réduire l’empreinte carbone du territoire et garder la main sur le coût de l’énergie.

Le réseau a reçu plusieurs distinctions, dont la Marianne d’Or en 2011, et détient le label ÉcoRéseau de chaleur chaque année depuis dix ans. Des visites de la chaufferie et du champ de capteurs sont organisées pour le grand public et pour d’autres collectivités tentées par le modèle. Pour les particuliers du département de Loire-Atlantique qui veulent produire leur propre énergie solaire, les dispositifs de soutien sont détaillés dans notre guide des aides solaires 2026.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre solaire thermique et solaire photovoltaïque ?

Le solaire thermique transforme le rayonnement en chaleur, en réchauffant un fluide qui sert au chauffage ou à l’eau chaude. Le photovoltaïque transforme le rayonnement en électricité. À Châteaubriant, la centrale est thermique : elle alimente un réseau de chaleur, pas le réseau électrique.

Combien a coûté la centrale solaire thermique de Châteaubriant ?

Elle a représenté un investissement de 1,5 million d’euros, dont 70 % ont été pris en charge par l’ADEME. Depuis juin 2018, elle a produit plus de 8 200 MWh de chaleur.

Le réseau de chaleur de Châteaubriant fonctionne-t-il uniquement aux énergies renouvelables ?

Selon la commune, il peut tourner à 100 % aux énergies renouvelables de mai à septembre, grâce à la combinaison de la chaufferie-bois et des capteurs solaires.

Quel est le prix de la chaleur pour les abonnés ?

Le prix moyen du MWh est de 114,48 € HT, après une baisse de 5 % attribuée à l’intégration du solaire thermique.

En résumé

Châteaubriant chauffe une grande partie de ses bâtiments publics, plus de 500 logements sociaux et une entreprise grâce à un réseau de plus de 10 km alimenté par le bois depuis 2011 et par le soleil depuis 2018. La centrale solaire thermique, financée à 70 % par l’ADEME, a fourni plus de 8 200 MWh et permis de baisser de 5 % le prix moyen de la chaleur, à 114,48 € HT le MWh. Un exemple concret de chaleur renouvelable locale, que d’autres collectivités viennent visiter.

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