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Toitures logistiques : Skydôme réunit désenfumage, lumière naturelle et photovoltaïque dans une même voûte

Par Aurélien CHAPUIS 5 min de lecture Partager
Toitures logistiques : Skydôme réunit désenfumage, lumière naturelle et photovoltaïque dans une même voûte

Skydôme propose une toiture pour entrepôts neufs qui fait trois choses à la fois : elle évacue les fumées en cas d’incendie, elle éclaire l’intérieur à la lumière du jour et elle laisse davantage de place aux panneaux solaires. Le fabricant annonce jusqu’à 40 % de capacité photovoltaïque en plus par rapport à une toiture équipée de lanterneaux de désenfumage classiques. Le premier chantier équipé est celui de Marq Logistics à Saint-Witz, dans le Val-d’Oise, avec 6 MWc de panneaux prévus.

En bref

  • Skydôme remplace les lanterneaux de désenfumage par des voûtes d’éclairage longues qui intègrent un exutoire de fumées.
  • Moins d’équipements dispersés sur le toit, donc plus de surface continue pour les modules photovoltaïques.
  • Le gain annoncé va jusqu’à 40 % de capacité solaire, selon les projets étudiés par le fabricant.
  • À Saint-Witz, Marq Logistics (ex-GLP) a gagné environ 20 % d’espace pour les panneaux, pour 6 MWc installés.
  • La démarche répond à la loi APER, qui pousse à solariser les toitures des grands bâtiments non résidentiels.

Pourquoi la toiture d’un entrepôt manque de place pour le solaire

Un bâtiment logistique a de grandes surfaces de toit, mais elles sont loin d’être libres. Les règles de sécurité incendie imposent des dispositifs de désenfumage, en général une série de lanterneaux répartis sur toute la couverture. Chacun occupe une petite surface, mais il faut aussi laisser des distances autour, prévoir des cheminements d’accès et éviter les ombres portées. Au bout du compte, le toit est morcelé et les rangées de panneaux doivent contourner ces obstacles.

La pression réglementaire rend ce problème plus visible. Avec la loi APER, les bâtiments non résidentiels de plus de 500 m² doivent consacrer une part croissante de leur toiture à la production d’énergie renouvelable, jusqu’à 50 % à l’horizon 2027 selon le calendrier rappelé par Skydôme. Pour un maître d’ouvrage, chaque mètre carré perdu au profit d’un équipement technique devient une contrainte. Le détail des obligations et des autorisations est expliqué dans notre guide des démarches administratives pour les panneaux solaires.

Le principe de la toiture 3-en-1

Au lieu de multiplier de petits lanterneaux, Skydôme installe des voûtes d’éclairage zénithal allongées, moins nombreuses, dans lesquelles est intégré le système d’évacuation des fumées. Cette organisation regroupe les fonctions techniques sur quelques bandes du toit et dégage de larges surfaces d’un seul tenant pour les modules.

Trois fonctions, un seul équipement

  • Désenfumage : le fabricant présente un système conforme à la réglementation, avec une grande capacité d’évacuation.
  • Lumière naturelle : les voûtes laissent entrer le jour et réduisent fortement le recours à l’éclairage électrique dans les halls.
  • Photovoltaïque : l’emprise réduite sur le toit permet de poser jusqu’à 40 % de modules en plus, d’après les études de projets de Skydôme.

Ce que l’exploitant peut en attendre

L’intérêt économique est double. D’un côté, moins d’éclairage artificiel et une production solaire consommée sur place allègent la facture d’électricité. De l’autre, le surplus injecté sur le réseau apporte un revenu qui améliore l’équilibre financier du bâtiment. Pour évaluer ce type de calcul sur votre propre projet, notre page sur la rentabilité des panneaux solaires détaille les leviers en jeu.

Eric Walter, responsable prescription de la cellule grands projets chez Skydôme, résume l’idée de départ : « chaque mètre carré de toiture est précieux ». Selon lui, la solution montre qu’« une approche plus sobre du bâtiment logistique peut aussi être la plus performante ».

Premier chantier à Saint-Witz, près de Roissy

Le premier site équipé est la plateforme logistique de Marq Logistics à Saint-Witz, au nord de Paris, à proximité de l’aéroport Paris-Charles de Gaulle. Marq Logistics est le nouveau nom des activités de GLP hors de Chine, regroupées par le gestionnaire d’actifs Ares Management (communiqué de GLP Europe). Le groupe revendique environ 2 250 actifs et plus de 60 millions de mètres carrés dans le monde.

Toitures logistiques : Skydôme réunit désenfumage, lumière naturelle et photovoltaïque dans une même voûte

Le projet compte deux bâtiments, dont la livraison est attendue fin 2026 : l’un de près de 37 000 m² de surfaces logistiques modulables, l’autre de plus de 11 000 m² mêlant logistique et tertiaire, avec bureaux et locaux techniques. Grâce aux voûtes Skydôme, la surface disponible pour les panneaux a augmenté d’environ 20 % par rapport à un entrepôt classique. La puissance installée atteint 6 MWc, soit, d’après les promoteurs, l’équivalent de la consommation annuelle moyenne de 3 000 à 4 000 foyers hors chauffage.

À noter : le gain mesuré sur ce chantier (environ 20 %) est inférieur au maximum annoncé par le fabricant (jusqu’à 40 %), qui dépend de la configuration de chaque projet.

Philippe Graziani, directeur général de Marq Logistics, explique que l’intégration des renouvelables et de l’éclairage naturel était « une priorité majeure » du projet, et salue une solution de toiture intégrée apportée par Kingspan, le groupe auquel appartient Skydôme.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une toiture logistique 3-en-1 ?

C’est une toiture d’entrepôt où un même équipement, ici une voûte d’éclairage allongée, assure à la fois le désenfumage en cas d’incendie, l’apport de lumière du jour et la libération de surface pour les panneaux photovoltaïques. Skydôme la présente comme une première en France.

Pourquoi les lanterneaux de désenfumage limitent-ils le photovoltaïque ?

Les lanterneaux classiques sont nombreux et répartis sur tout le toit. Ils fragmentent la surface et obligent les rangées de panneaux à les contourner. En les remplaçant par quelques voûtes longues, on regroupe ces équipements et on dégage des zones continues pour poser plus de modules.

Quel gain de puissance solaire peut-on attendre ?

Le fabricant annonce jusqu’à 40 % de capacité photovoltaïque supplémentaire selon les projets étudiés. Sur le premier chantier, à Saint-Witz, le gain d’espace pour les panneaux est d’environ 20 %, pour 6 MWc installés.

Quel lien avec la loi APER ?

La loi APER oblige les bâtiments non résidentiels de plus de 500 m² à couvrir une part croissante de leur toiture de dispositifs d’énergie renouvelable. Libérer de la surface sur le toit aide les maîtres d’ouvrage à atteindre ces seuils. Les textes sont présentés sur le site du ministère de la Transition écologique.

En résumé

Skydôme mise sur une idée simple : sur un toit d’entrepôt, la place est la ressource rare. En concentrant désenfumage et éclairage naturel dans quelques voûtes longues, le fabricant dégage plus de surface pour le solaire, jusqu’à 40 % de capacité en plus selon ses études. Le premier chantier, chez Marq Logistics à Saint-Witz, affiche un gain d’environ 20 % et 6 MWc de panneaux, de quoi répondre aux exigences croissantes de la loi APER sur les grands bâtiments.

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