Actu solaire

Énergie citoyenne dans le Grand Est : le réseau GECLER veut tripler le nombre de participants d’ici 2028

Par Aurélien CHAPUIS 4 min de lecture Partager
Énergie citoyenne dans le Grand Est : le réseau GECLER veut tripler le nombre de participants d’ici 2028

Le réseau GECLER se donne jusqu’en 2028 pour multiplier par trois le nombre d’habitants du Grand Est impliqués dans des projets d’énergie renouvelable citoyens, tout en faisant avancer les projets déjà lancés. Il appelle pour cela les habitants, les élus et les acteurs locaux à se mobiliser, y compris ceux qui n’ont aucune compétence technique.

En bref

  • GECLER (Grand Est Citoyen et Local d’Énergies Renouvelables) vise à tripler d’ici 2028 le nombre de participants aux projets citoyens de la région.
  • Le Grand Est compte déjà 58 collectifs citoyens et plus de 2 000 sociétaires.
  • 29 projets produisent déjà, 18 sont en développement et 12 en phase d’émergence.
  • Le réseau veut attirer de nouveaux profils, en particulier les jeunes.
  • À Saverne (67), une coopérative de 306 actionnaires exploite 603 kWc de panneaux solaires sur des toits publics.

Qu’est-ce que le réseau GECLER ?

GECLER fédère et outille les initiatives citoyennes d’énergies renouvelables du Grand Est. Trois structures l’animent : Alter Alsace Énergies, Lorraine Énergies Renouvelables (LER) et l’Agence locale de l’énergie et du climat des Ardennes (ALE 08). Il bénéficie du soutien de Climaxion et d’un financement de l’ADEME et de la Région Grand Est.

Concrètement, le réseau aide les groupes d’habitants et les communes à chaque étape : sensibilisation, études, conseil, accompagnement juridique et financier, puis suivi. Il couvre toutes les filières locales, du photovoltaïque à l’éolien en passant par la biomasse, la petite hydroélectricité et la géothermie. Pour un projet solaire, les étapes réglementaires sont détaillées dans notre guide des démarches administratives pour des panneaux solaires.

Pourquoi miser sur l’énergie citoyenne ?

Dans un projet classique, une grande partie des bénéfices part vers des investisseurs extérieurs à la région. Le modèle citoyen fait le choix inverse : la gouvernance reste locale, les décisions sont prises collectivement et les comptes sont ouverts aux membres.

Le réseau s’appuie sur une étude d’Énergie Partagée parue en 2019 : chaque euro placé dans un projet citoyen rapporterait 2,50 € au territoire. Cet effet d’entraînement vient des revenus versés aux habitants investisseurs, des contrats confiés à des entreprises locales (études, pose, entretien) et des sommes perçues par les collectivités sous forme d’impôts et de loyers.

Coline Lemaignan, qui anime le réseau, le résume ainsi : « L’énergie n’est pas réservée à des spécialistes. C’est un bien commun dont nous avons tous besoin au quotidien. »

Où en est le Grand Est ?

La région part d’une base solide : 58 collectifs, plus de 2 000 sociétaires, 29 installations en service, 18 en cours de développement et 12 encore à l’état d’idée. À l’échelle de la France, le réseau rappelle que plus de 400 projets d’énergies renouvelables citoyens ont vu le jour depuis 2019.

Un objectif fixé à 2028

Pour tripler les effectifs, GECLER veut élargir le recrutement au-delà des pionniers et toucher davantage les jeunes générations. L’idée : des collectifs plus variés produisent des projets plus proches des habitants qu’ils représentent.

Énergie citoyenne dans le Grand Est : le réseau GECLER veut tripler le nombre de participants d’ici 2028

Comment s’impliquer sans être expert

Chacun choisit son niveau d’engagement selon le temps dont il dispose :

  • siéger dans les instances et voter les grandes décisions ;
  • placer une partie de son épargne dans les installations ;
  • donner du temps ou un savoir-faire, par exemple en communication, en gestion administrative ou en organisation d’événements ;
  • participer de temps en temps aux actions de sensibilisation.

Là où aucun collectif n’existe encore, le réseau peut aider une commune ou un groupe d’habitants à poser les bases d’un premier projet.

L’exemple des Centrales villageoises du Pays de Saverne

Fondée par des habitants en 2017, cette coopérative du Bas-Rhin pose des panneaux photovoltaïques sur les toitures de bâtiments publics. Elle réunit aujourd’hui 306 actionnaires, pour une puissance de 603 kWc et une production cumulée qui dépasse 1 700 MWh. Depuis 2025, une partie de l’électricité alimente deux boucles d’autoconsommation collective baptisées SOLEIL Citoyen : elle est consommée sur place, par des usagers du territoire. Le potentiel solaire local est visible sur la page consacrée au photovoltaïque dans le Bas-Rhin.

Sa présidente, Paola Criqui, insiste sur ce point : « les habitants ne sont pas simplement consommateurs d’énergie, ils participent directement à la production et aux décisions. »

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un projet d’énergie citoyenne ?

C’est une installation de production d’énergie renouvelable (panneaux solaires, éolienne, petite centrale hydraulique…) financée et gouvernée en grande partie par des habitants et des collectivités locales, qui gardent la main sur les décisions et sur les retombées économiques.

Faut-il des compétences techniques pour rejoindre un collectif ?

Non. Selon le réseau GECLER, on peut s’engager en investissant son épargne, en participant à la gouvernance, en donnant un peu de temps ou un savoir-faire non technique, ou simplement en aidant ponctuellement à faire connaître le projet.

Qui finance le réseau GECLER ?

Le réseau est financé par l’ADEME et la Région Grand Est, avec le soutien de Climaxion. Il est animé par Alter Alsace Énergies, Lorraine Énergies Renouvelables et l’ALE des Ardennes.

Combien de projets citoyens compte le Grand Est ?

D’après GECLER, la région compte 58 collectifs citoyens : 29 projets y sont en exploitation, 18 en développement et 12 en émergence, avec plus de 2 000 sociétaires.

En résumé

Avec 58 collectifs et plus de 2 000 sociétaires, l’énergie citoyenne est déjà bien implantée dans le Grand Est. Le réseau GECLER veut tripler ce nombre de participants d’ici 2028 en ouvrant les collectifs à des profils plus jeunes et plus variés. La coopérative du Pays de Saverne, avec ses 603 kWc sur des toits publics et ses boucles d’autoconsommation collective, montre ce que peut produire un groupe d’habitants organisé.

Espace d'échanges et avis

  • Soyez le premier à partager votre expérience ou à poser une question.
La parole est à vous !

Vérification SMS

Entrez le code de validation envoyé sur votre mobile pour finaliser votre demande.