Dépendance aux énergies fossiles : 450 € par ménage versés aux États-Unis et à la Russie en 2025
Chaque foyer français a envoyé en moyenne 450 € aux États-Unis et à la Russie en 2025, rien que pour le gaz et le pétrole qui servent à se chauffer et à se déplacer. Ce calcul, publié le 9 septembre par le think tank Strategic Perspectives, sert aujourd’hui de point de départ à une campagne du Réseau Action Climat, qui veut rendre visible le prix de notre dépendance aux hydrocarbures importés.
En bref
- Environ 450 € par ménage et par an partent vers les États-Unis et la Russie pour le chauffage et le transport.
- Le détail : 208 € de GNL américain, 152 € de pétrole brut américain et 92 € de GNL russe.
- Le gaz et le pétrole pèsent près de 60 % de l’énergie consommée en France.
- Les renouvelables fournissent moins d’un tiers de l’électricité et moins d’un quart de l’énergie totale du pays.
- Le Réseau Action Climat défend deux leviers : consommer moins et remplacer vite les énergies importées par des renouvelables.
D’où vient le chiffre de 450 €
L’estimation additionne trois postes d’importation, ramenés à l’échelle d’un ménage. Le gaz naturel liquéfié américain arrive en tête avec 208 €, devant le pétrole brut américain (152 €) et le GNL russe (92 €). La somme exacte atteint 452 € ; le rapport arrondit ce total à 450 € dans sa synthèse, d’après JeChange, qui l’attribue à Strategic Perspectives et à la Fondation Jean-Jaurès.
Ces montants ne couvrent que deux fournisseurs. Ils ne disent donc pas tout de la facture énergétique importée, mais ils montrent à qui profite une partie de l’argent dépensé à la pompe ou sur la facture de gaz.
Une énergie encore largement importée
Le mix énergétique français reste dominé par des ressources venues de l’étranger. Gaz et pétrole représentent à eux deux près de 60 % de l’énergie utilisée dans le pays. À l’inverse, les sources renouvelables, qui s’appuient sur des ressources locales, assurent moins d’un tiers de la production d’électricité et moins du quart de l’ensemble de l’énergie consommée.
Le gaz russe n’a pas disparu
Malgré la guerre en Ukraine, la Russie fournit toujours une part significative du gaz consommé en France, sous forme liquéfiée. Côté américain, la part du pétrole et surtout du gaz progresse. Selon le Réseau Action Climat, cette dépendance sert de levier de pression sur l’Europe, par exemple sur l’assouplissement du règlement méthane, sur l’encadrement des services numériques ou sur l’usage des réserves stratégiques.
Une campagne sur les réseaux sociaux
Le Réseau Action Climat s’associe à d’autres organisations et à des experts pour diffuser ces chiffres en ligne. L’objectif affiché : montrer que ces factures pèsent sur le pouvoir d’achat des ménages comme sur la capacité d’investissement des entreprises. Bastien Cuq, responsable énergie de l’association, résume la ligne : « se libérer des énergies fossiles est un combat pour l’écologie, le pouvoir d’achat, mais aussi pour la souveraineté énergétique et la résilience. »
Les deux leviers proposés par le Réseau Action Climat
Dans son rapport « La Souveraineté Énergétique à l’Épreuve des Faits », le Réseau Action Climat estime que la sortie des dépendances passe par deux axes complémentaires.

Consommer moins
Premier axe : faire baisser les besoins en énergie et en matières. L’association cite la rénovation des logements, les trains du quotidien et les transports collectifs, ainsi qu’un encadrement des usages les plus dispendieux.
Produire localement
Second axe : substituer rapidement des renouvelables aux énergies importées. Éolien, photovoltaïque, solutions de flexibilité et électrification des véhicules, de l’industrie et du chauffage forment, selon elle, un ensemble qui réduit fortement la vulnérabilité du pays. À l’échelle d’une maison, une installation solaire en autoconsommation participe à ce mouvement ; le simulateur de panneaux solaires permet d’estimer ce qu’un toit peut produire, et notre guide sur la rentabilité des panneaux solaires détaille le retour sur investissement.
Questions fréquentes
Combien chaque ménage français verse-t-il aux États-Unis et à la Russie pour l’énergie ?
Selon Strategic Perspectives, environ 450 € en 2025 pour le chauffage et le transport : 208 € de GNL américain, 152 € de pétrole brut américain et 92 € de GNL russe, soit 452 € arrondis à 450 €.
La France importe-t-elle encore du gaz russe ?
Oui. D’après le Réseau Action Climat, la Russie fournit toujours une part significative du gaz utilisé en France, sous forme de gaz naturel liquéfié, ce qui représente l’équivalent de 92 € par ménage en 2025.
Quelle part de l’énergie française est renouvelable ?
Les énergies renouvelables produisent moins d’un tiers de l’électricité et moins d’un quart de toute l’énergie consommée en France, tandis que le gaz et le pétrole en représentent près de 60 %.
Comment réduire cette dépendance selon le Réseau Action Climat ?
En combinant sobriété (rénovation, transports collectifs, train du quotidien) et remplacement rapide des énergies importées par l’éolien, le solaire, la flexibilité et l’électrification des usages.
En résumé
En 2025, gaz et pétrole importés des États-Unis et de Russie ont coûté environ 450 € à chaque ménage français. Le Réseau Action Climat s’appuie sur ce chiffre de Strategic Perspectives pour plaider une baisse des consommations et un déploiement accéléré des renouvelables, seules ressources disponibles sur le territoire, afin de renforcer à la fois le pouvoir d’achat et la souveraineté énergétique.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
Aurélien CHAPUIS
05/11/2026 à 10h13Chaque ménage français a payé environ 450 € en 2025 pour du gaz et du pétrole américains et russes. Et on continue de débattre du coût du solaire.
Ce chiffre devrait ouvrir chaque débat sur les renouvelables. Un panneau posé sur un toit français produit une électricité locale, payée une fois. Un méthanier qui accoste, c'est une facture qui repart à l'étranger, année après année.
Je pense que la politique énergétique française manque d'un cap clair sur ce point. On parle du solaire comme d'une dépense à contenir, rarement comme d'un outil de souveraineté.
Pendant ce temps, gaz et pétrole pèsent encore près de 60 % de notre énergie.
Combien d'années allons-nous encore signer ce chèque avant que l'État traite chaque toiture comme une question de sécurité énergétique ?