Borne 22 kW et recharge solaire rémunérée : ce que mylight150 présente au Mondial de l’Auto
Oui, une voiture électrique peut rapporter un peu d’argent à un foyer équipé de panneaux solaires : mylight150 verse 0,10 € par kWh quand la recharge est pilotée sur la production solaire, et profite du Mondial de l’Auto pour lancer une borne triphasée de 22 kW. Le fournisseur d’énergie veut ainsi faire du véhicule un outil de gestion du budget énergétique, et plus seulement une dépense.
En bref
- mylight150 sort une borne triphasée d’une puissance maximale de 22 kW, en plus de sa borne monophasée de 7,4 kW.
- Sur une batterie de 60 kWh, passer de 20 % à 80 % prendrait environ 1 h 40, contre environ 5 heures en 7,4 kW, si la voiture accepte 22 kW en courant alternatif.
- Chaque kWh de recharge solaire pilotée rapporte 0,10 €, versés dans une cagnotte transférable sur un compte bancaire.
- Sur six mois, 1 000 clients équipés de la borne auraient touché 270 € de récompenses, chiffre que le communiqué présente tantôt comme une moyenne, tantôt comme un maximum.
- L’objectif affiché : recharger quand les panneaux produisent plutôt qu’aux heures de pointe, pour soulager le réseau.
Une borne triphasée pour des recharges plus courtes
La nouveauté matérielle tient en un chiffre : 22 kW. La borne monophasée déjà vendue par mylight150 plafonne à 7,4 kW. Avec la version triphasée, la marque annonce une recharge jusqu’à trois fois plus rapide, soit environ 1 h 40 au lieu d’environ 5 heures pour remonter une batterie de 60 kWh de 20 % à 80 %, selon les conditions.
Ce gain suppose deux choses : un véhicule capable d’absorber 22 kW en courant alternatif, ce qui n’est pas le cas de tous les modèles, et un logement raccordé en triphasé. Pour un foyer qui produit son électricité, l’intérêt est ailleurs : une borne plus puissante remplit la batterie pendant une fenêtre d’ensoleillement plus courte, par exemple sur l’heure du midi. Les étapes et le coût d’une pose sont détaillés dans notre guide sur le prix d’une borne de recharge.
Être payé pour recharger au bon moment
Le cœur de l’annonce est ailleurs. Le système de gestion de l’énergie de mylight150 décale la recharge vers les heures où les panneaux du client produisent, plutôt que vers les pics de consommation. Chaque kWh rechargé de cette façon est récompensé à hauteur de 0,10 €. La somme s’accumule dans une cagnotte que le client peut ensuite virer sur son compte en banque.
Le raisonnement de l’entreprise : une recharge bien placée profite à l’automobiliste, mais aussi au système électrique, qui utilise mieux l’électricité disponible et subit moins de tensions. Cette prime s’ajoute à l’économie déjà réalisée en roulant avec sa propre production. Pour évaluer ce que des panneaux peuvent produire chez vous, le simulateur panneaux solaires donne une première estimation.
270 € en six mois : moyenne ou plafond ?
mylight150 met en avant un échantillon de 1 000 clients équipés de sa borne. Selon le communiqué, ces clients ont cumulé « en moyenne 270 € de récompenses » sur les six derniers mois. Le même texte évoque pourtant, dans son introduction, des gains qui « ont atteint jusqu’à 270 € en six mois ». La reprise publiée par Tecsol retient la moyenne. L’entreprise n’a pas précisé laquelle des deux formulations est la bonne : le chiffre est donc à lire avec prudence.
La voiture, poste de dépense ou levier de pouvoir d’achat ?
Pour Virgile Suavet, cofondateur et co-CEO de mylight150, la question de la mobilité électrique a changé. Longtemps, il s’agissait surtout de pouvoir recharger simplement et vite. Désormais, résume-t-il : « pourquoi payer pour recharger au mauvais moment quand on peut être récompensé pour recharger au bon ? » Il ajoute : « Avec le solaire et le pilotage intelligent, la mobilité électrique devient aussi un levier de pouvoir d’achat. »

La borne s’intègre dans l’écosystème de la marque, qui cherche à concilier trois contraintes : les besoins de déplacement du conducteur, la production des panneaux et les occasions de flexibilité offertes par le réseau. Recharger sa voiture avec ses propres panneaux reste par ailleurs le premier levier d’économie, comme nous l’expliquons dans notre article recharger sa voiture électrique avec des panneaux solaires.
Plus d’informations sur l’offre sont disponibles sur le site de mylight150.
Questions fréquentes
Combien rapporte la recharge solaire pilotée chez mylight150 ?
mylight150 crédite 0,10 € pour chaque kWh de recharge solaire pilotée par son système. Les sommes vont dans une cagnotte que le client peut transférer sur son compte bancaire.
Une borne de 22 kW recharge-t-elle toujours plus vite ?
Non. La borne triphasée de 22 kW de mylight150 ne recharge jusqu’à trois fois plus vite qu’une borne de 7,4 kW que si le véhicule accepte 22 kW en courant alternatif. Sinon, la voiture limite elle-même la puissance.
Combien de temps faut-il pour recharger une batterie de 60 kWh ?
Selon mylight150, passer de 20 % à 80 % sur une batterie de 60 kWh demande environ 1 h 40 avec sa borne de 22 kW, contre environ 5 heures avec une borne de 7,4 kW, selon les conditions de recharge.
Pourquoi récompenser une recharge en journée ?
Recharger quand les panneaux solaires produisent, plutôt qu’aux pics de consommation, permet de mieux utiliser l’électricité disponible et de limiter les tensions sur le réseau. mylight150 rémunère ce décalage.
En résumé
Au Mondial de l’Auto, mylight150 ajoute une borne triphasée de 22 kW à sa gamme et met en avant sa prime de 0,10 € par kWh de recharge solaire pilotée. Le fournisseur affirme qu’un échantillon de 1 000 clients a touché 270 € en six mois, sans lever l’ambiguïté entre moyenne et maximum. Pour un foyer équipé de panneaux, la voiture électrique devient un moyen de mieux valoriser sa production, à condition que le véhicule et l’installation suivent.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
Aurélien CHAPUIS
16/10/2026 à 10h02Un fournisseur privé paie ses clients pour recharger leur voiture au soleil. Pendant ce temps, la politique publique de flexibilité reste introuvable.
Pendant des années, on a présenté le solaire en toiture comme un casse-tête pour le réseau : trop de production à midi. Un acteur du marché transforme ce prétendu problème en revenu, simplement en déplaçant la recharge vers les heures où les panneaux produisent.
Ce n'est pas une révolution technique. C'est du bon sens, appliqué sans attendre un plan national ni un décret.
C'est ça qui me gêne : la flexibilité des foyers est une évidence pour le système électrique, mais en France elle avance au rythme des initiatives privées, sans cap public lisible pour les installateurs ni pour les ménages.
Combien de temps l'État va-t-il laisser le marché inventer seul la politique énergétique qu'il devrait conduire ?