Carrières en fin d’exploitation : Heidelberg Materials en reconvertit sept en centrales solaires avec Urbasolar
Heidelberg Materials va transformer sept de ses sites en fin d’exploitation, principalement des carrières, en centrales photovoltaïques, en partenariat avec le développeur Urbasolar. Paul Porcheray, directeur achats et logistique France du groupe de matériaux de construction, explique pourquoi l’industriel a fait ce choix et comment il sélectionne les terrains.
Le groupe exploite en France plus de 300 sites, dont une centaine de carrières. Comme tous les acteurs de l’extraction, il doit décider de ce que deviennent ces emprises une fois l’activité terminée. Pour une partie d’entre elles, la réponse sera l’énergie solaire.
En bref
- Heidelberg Materials compte plus de 300 sites en France, dont une centaine de carrières.
- Sept sites en fin d’exploitation vont devenir des centrales solaires, développées avec Urbasolar.
- Le groupe affirme que ce choix ne relève pas d’une logique de location du foncier, mais d’une volonté de créer de la valeur durable.
- Les terrains sont choisis selon leur ensoleillement, leur compatibilité environnementale et leur intérêt pour le territoire.
- L’industriel attend du partenaire des volets sociaux : insertion professionnelle et actions pédagogiques.
Pourquoi un industriel des matériaux mise sur le photovoltaïque
Pour Paul Porcheray, la démarche répond à deux objectifs. D’un côté, participer à la trajectoire française de développement des énergies renouvelables. De l’autre, alléger l’empreinte carbone d’une industrie, celle des matériaux de construction. Les anciennes carrières offrent pour cela des surfaces déjà transformées par l’activité humaine, où l’on peut installer des panneaux sans toucher à des terres agricoles ou naturelles.
Le dirigeant insiste sur un point : le groupe ne cherche pas d’abord un loyer. Il parle de donner « un second souffle » à ces fonciers et d’en tirer une valeur à la fois sociétale et environnementale. Il y voit aussi un moyen de renforcer l’ancrage local du groupe et de montrer qu’un industriel peut prendre une part active à la transition énergétique.
Comment les sites ont été sélectionnés
Deux familles de terrains ont été retenues : des carrières qui arrivent au terme de leur exploitation, et des emprises dont l’usage industriel diminue. Plusieurs filtres sont ensuite appliqués :
- le gisement solaire du site ;
- la compatibilité du projet avec l’environnement ;
- la possibilité d’une bonne insertion dans le paysage ;
- la capacité à restaurer la biodiversité et les continuités écologiques ;
- l’acceptation par les riverains et les élus.
L’ambition affichée est de bâtir des projets exemplaires et reproductibles. Pour un porteur de projet, ces critères rejoignent les contraintes habituelles d’une centrale au sol, détaillées dans notre guide des démarches administratives pour le solaire.
Ce que les centrales apportent aux territoires
Selon Heidelberg Materials, la reconversion présente plusieurs avantages. Elle redonne un usage productif à des surfaces autrefois consacrées à l’extraction, sans artificialiser de nouveaux sols. Elle s’accompagne de mesures de restauration écologique. Elle contribue enfin à sécuriser une production d’électricité locale.

Le groupe met aussi en avant les retombées économiques : activité pour les entreprises de la région, revenus indirects, valorisation des savoir-faire locaux. Il demande au développeur retenu d’intégrer des actions d’insertion professionnelle et des programmes éducatifs sur la transition énergétique. Pour situer le potentiel solaire d’une zone, la carte solaire du site donne un premier ordre de grandeur.
Les conseils de Paul Porcheray aux industriels
À un industriel qui voudrait suivre la même voie, Paul Porcheray recommande de fixer d’abord un objectif de valeur durable plutôt que de chercher seulement à rentabiliser un terrain. Il conseille d’associer très tôt les acteurs locaux pour bâtir un projet adapté, de donner une vraie place aux enjeux sociaux et environnementaux, et de s’entourer de partenaires spécialisés et expérimentés.
Pour en savoir plus sur les enjeux de la transition énergétique et de la sobriété foncière, l’ADEME met à disposition de nombreuses ressources.
Questions fréquentes
Combien de sites Heidelberg Materials reconvertit-il en centrales solaires ?
Sept sites du groupe en France, principalement des carrières en fin d’exploitation, doivent être transformés en centrales photovoltaïques avec le développeur Urbasolar.
Pourquoi installer des panneaux solaires dans une ancienne carrière ?
Une carrière arrivée en fin de vie est un terrain déjà transformé par l’activité industrielle. Y installer une centrale solaire permet de produire de l’électricité renouvelable sans consommer de terres agricoles ou naturelles, tout en associant le projet à une restauration écologique du site.
Sur quels critères les terrains sont-ils choisis ?
Heidelberg Materials retient les sites selon leur potentiel solaire, leur compatibilité environnementale, leur intégration paysagère, leur capacité à favoriser la biodiversité et l’adhésion locale au projet.
En résumé
Heidelberg Materials, qui exploite plus de 300 sites en France dont une centaine de carrières, a choisi Urbasolar pour convertir sept terrains en fin d’exploitation en centrales solaires. Le groupe présente ce choix comme une démarche de valeur durable plutôt que locative, fondée sur des critères environnementaux, paysagers et territoriaux, avec des engagements sociaux demandés au développeur. Une piste que d’autres industriels de l’extraction pourraient suivre pour leurs propres emprises.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
Aurélien CHAPUIS
06/11/2026 à 9h42Une carrière qui ferme, ce n'est pas un trou à reboucher : c'est un terrain prêt pour le solaire.
Heidelberg Materials engage sept de ses sites en fin d'exploitation dans des centrales photovoltaïques avec Urbasolar. Ce qui me frappe, c'est le discours : pas une affaire de loyer, mais de valeur durable pour les territoires.
C'est exactement l'argument qui manque dans le débat sur les centrales au sol. On oppose sans cesse le solaire aux terres agricoles, alors que les industriels de l'extraction disposent de terrains déjà transformés par l'extraction qui ne demandent qu'à produire.
Le groupe compte une centaine de carrières en France. Sept sites, c'est un signal fort. Je pense que la filière devrait faire de ces sites une priorité nationale, avec des procédures à la hauteur.
Combien de carrières fermées dorment encore en France faute de projet solaire ?