Recharger sa voiture électrique avec des panneaux solaires
Oui, des panneaux solaires peuvent recharger une voiture électrique, à condition qu’elle soit branchée quand le toit produit, c’est-à-dire en journée. Une borne pilotable envoie alors le surplus de production dans la batterie de la voiture plutôt que de le revendre. En 2026, c’est l’usage le plus rentable de ce surplus : il est racheté 1,1 centime le kWh, alors que le même kWh acheté au réseau coûte environ 20 centimes.
En bref
- En France, un kWc de panneaux produit de 900 à 1 550 kWh par an selon la région.
- Une voiture électrique consomme de 12 à 24 kWh aux 100 km selon le modèle (ADEME).
- Le surplus injecté sur le réseau est racheté 1,1 c€/kWh pour les demandes de raccordement complètes déposées depuis le 5 juin 2026.
- Recharger la voiture avec ce surplus évite d’acheter des kWh à environ 0,20 € (tarif réglementé, option Base, au 1er août 2026).
- La vraie condition : que la voiture soit à la maison en journée, ou une installation qui pilote la recharge.
Combien de kilomètres un toit solaire peut-il fournir ?
Deux chiffres suffisent pour faire le calcul. D’un côté, la production : un kWc de panneaux produit en moyenne 1 160 kWh par an en métropole, avec une plage de 900 kWh dans le nord à plus de 1 400 kWh dans le sud. La carte de productible de photovoltaique.info donne la valeur de votre commune. De l’autre, la consommation : selon l’ADEME, une voiture électrique consomme de 12 à 24 kWh aux 100 km selon sa taille et son poids.
Exemple, avec des hypothèses moyennes : une installation de 3 kWc produit environ 3 500 kWh par an. Si la moitié de cette production part dans la voiture, soit 1 750 kWh, une citadine qui consomme 15 kWh aux 100 km parcourt près de 11 700 km avec l’énergie du toit. C’est l’ordre de grandeur d’un usage quotidien domicile-travail.
La vraie contrainte : être branché quand le soleil brille
Les panneaux produisent en journée, avec un pic autour de midi, et beaucoup moins en hiver. Une voiture qui part à 8 h et rentre à 19 h ne voit presque jamais le soleil de son propre toit. La part de recharge solaire dépend donc surtout de vos habitudes :
- Télétravail, retraite, horaires décalés : la voiture reste branchée en journée et peut absorber une grande partie du surplus.
- Week-ends : deux jours sur sept suffisent à faire le plein d’une petite batterie, comme celle d’une hybride rechargeable.
- Deuxième voiture : celle qui roule peu reste souvent branchée et sert de réservoir.
- Absence toute la journée : la recharge solaire reste faible. Une batterie domestique peut stocker le surplus pour la soirée, mais son coût se discute : voir notre guide sur la batterie pour panneaux solaires.
Pourquoi c’est plus rentable que de revendre le surplus
Depuis l’arrêté du 1er juin 2026, le surplus des nouvelles installations jusqu’à 100 kWc est racheté 1,1 c€/kWh, revalorisé de 2 % par an pendant 20 ans (photovoltaique.info). La prime à l’autoconsommation a été supprimée pour les demandes déposées depuis le 5 juin 2026. Revendre son surplus ne rapporte donc presque plus rien.
À l’inverse, chaque kWh solaire mis dans la voiture est un kWh que vous n’achetez pas, à environ 0,20 € en option Base. Reprenons l’exemple : 1 750 kWh revendus rapportent une vingtaine d’euros par an ; mis dans la voiture, ils évitent environ 350 € d’achat d’électricité. La voiture électrique est ainsi devenue l’un des meilleurs moyens de rentabiliser des panneaux solaires, comme l’explique notre guide sur la rentabilité des panneaux solaires.
Le matériel nécessaire
- Les panneaux et l’onduleur, posés par une entreprise qualifiée.
- Une borne pilotable : certaines bornes proposent un mode qui ne recharge qu’avec le surplus de production, ou qui module la puissance de recharge selon ce que produit le toit.
- Un gestionnaire d’énergie, qui mesure en temps réel la production et la consommation de la maison et commande la borne.
Côté fiscalité, la TVA est à 5,5 % pour une installation photovoltaïque jusqu’à 9 kWc sur un logement, si les modules respectent des critères environnementaux, si un système de gestion de l’énergie pilote au moins deux usages électriques, et si l’entreprise est qualifiée. La pose de la borne est, elle aussi, facturée avec une TVA à 5,5 %. Les autres aides sont résumées dans notre guide des aides solaires 2026.
Bien dimensionner son installation
Une voiture électrique ajoute souvent 1 500 à 3 000 kWh par an à la consommation d’une maison, selon le kilométrage. Prévoir quelques kWc de plus pour elle a du sens si elle peut être rechargée en journée ; sinon, ces kWc supplémentaires partiront surtout sur le réseau au tarif de 1,1 c€/kWh. Le simulateur solaire du site estime la production de votre toit, et notre guide donne les prix des panneaux solaires en 2026.

Qui installe les panneaux et la borne ?
Deux qualifications sont en jeu : l’installation photovoltaïque demande une entreprise qualifiée pour bénéficier de la TVA réduite et du tarif d’achat, et la borne de plus de 3,7 kW une entreprise qualifiée IRVE. Une même entreprise peut détenir les deux : sur PV Solaire Énergie, plus de 1 200 installateurs solaires référencés sont aussi qualifiés IRVE, et leur fiche l’indique. Confier les deux chantiers à la même entreprise permet de dimensionner ensemble la production, la borne et le pilotage.
Demander un devis solaire (cochez « Véhicule électrique » dans les équipements) ou un devis pour une borne de recharge.
Questions fréquentes
Peut-on recharger sa voiture uniquement avec ses panneaux solaires ?
Rarement toute l’année. La production baisse fortement en hiver et la nuit, et la voiture n’est pas toujours là en journée. Le réseau prend le relais quand le toit ne suffit pas.
Quelle puissance de panneaux pour une voiture électrique ?
Comptez environ 1 160 kWh par kWc et par an en moyenne en France. Une voiture qui parcourt 12 000 km à 15 kWh aux 100 km consomme 1 800 kWh par an, soit la production d’environ 1,5 kWc, à condition de pouvoir recharger en journée.
Faut-il une batterie domestique pour recharger la voiture au solaire ?
Non, si la voiture peut être branchée en journée : c’est elle qui sert de batterie. Une batterie domestique n’a d’intérêt que si la voiture est absente toute la journée, et son coût doit être comparé aux économies réelles.
Est-ce plus rentable que de revendre l’électricité ?
Oui, nettement : le surplus est racheté 1,1 c€/kWh pour les nouvelles installations, alors qu’un kWh acheté au réseau coûte environ 0,20 € en option Base.
En résumé
Recharger sa voiture électrique avec ses panneaux solaires est, en 2026, la meilleure façon de valoriser le surplus, revendu seulement 1,1 c€/kWh. Tout dépend du moment où la voiture est branchée : télétravail, week-ends ou seconde voiture permettent d’en profiter pleinement. Une borne pilotable et un gestionnaire d’énergie, posés par une entreprise qualifiée en photovoltaïque et en IRVE, font le lien entre le toit et la voiture.
Informations vérifiées le 15 octobre 2026 sur photovoltaique.info, Légifrance et le site de l’ADEME ; calculs d’exemple réalisés à partir de ces chiffres.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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