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Belgique : les batteries de quatre heures raflent la majorité de l’enchère de capacité 2030-2031

Par Aurélien CHAPUIS 4 min de lecture Partager
Belgique : les batteries de quatre heures raflent la majorité de l’enchère de capacité 2030-2031

En Belgique, les batteries de quatre heures pèsent désormais plus de 61 % des volumes retenus pour l’hiver 2030-2031 dans le mécanisme de rémunération de capacité (CRM), loin devant toutes les autres technologies. C’est le principal enseignement des trois enchères dont le gestionnaire du réseau de transport, Elia Transmission Belgium, a dévoilé les résultats le 29 octobre 2026.

Les trois enchères couvraient les périodes de fourniture 2027-2028, 2028-2029 et 2030-2031. Dans chacune, les candidats ont proposé plus de capacité que le volume demandé, ce volume ayant été fixé par le ministre de l’Énergie. Le stockage par batteries s’impose surtout sur les deux échéances les plus lointaines.

En bref

  • Elia a publié d’un coup les résultats de trois enchères CRM : Y-1 (2027-2028), Y-2 (2028-2029) et Y-4 (2030-2031).
  • Pour 2027-2028, rien de plus n’a été acheté : le besoin résiduel est tombé à zéro, 6,5 GW étant déjà sous contrat.
  • Pour 2028-2029, 1,6 GW ont été retenus, dont environ 0,5 GW de batteries neuves.
  • Pour 2030-2031, 0,8 GW ont été retenus ; les batteries de quatre heures en représentent 61,75 %.
  • Les batteries de deux heures reculent nettement : 5,98 % des volumes en Y-2, aucune en Y-4.
  • Le prix moyen pondéré baisse d’une échéance à l’autre, de 30 944 à 18 143 €/MW/an.

Le CRM, filet de sécurité de la sortie du nucléaire

La Belgique a créé ce dispositif quand elle a décidé de fermer une partie de ses réacteurs. Le principe : rémunérer des acteurs du marché pour qu’ils garantissent une puissance disponible lors des périodes tendues. Le mécanisme est ouvert à tous et ne favorise aucune filière en particulier, qu’il s’agisse de centrales au gaz, d’effacement de consommation ou de stockage. Son seul objectif est la sécurité d’approvisionnement du pays.

Les enchères sont organisées à plusieurs horizons : un an (Y-1), deux ans (Y-2) ou quatre ans (Y-4) avant la période de fourniture. Cela permet de compléter au fil du temps les volumes déjà sécurisés.

2027-2028 : aucun achat supplémentaire

Pour cette période, l’enchère Y-1 n’a attribué aucun contrat. Le ministre de l’Énergie a retenu un scénario différent de celui des enchères précédentes et, une fois comptés les apports des pays voisins et les capacités présentes sur le marché sans participer au CRM, il ne restait plus rien à couvrir.

Au total, les enchères successives ont réservé 6,5 GW pour 2027-2028. La facture avoisine 200 millions d’euros, avec un prix moyen pondéré de 30 944 €/MW/an.

2028-2029 : 0,5 GW de batteries neuves

L’enchère Y-2 a ajouté 1,6 GW, ce qui porte à 5,8 GW la capacité déjà garantie pour cet hiver-là. Environ 0,5 GW provient de batteries qui restent à construire. Certains de ces projets seront raccordés avant le début de leur contrat pluriannuel et pourront donc soutenir le système plus tôt.

Le format du stockage change. Les batteries de quatre heures captent 31,74 % des volumes, juste après les centrales à cycle combiné au gaz, alors que celles de deux heures tombent à 5,98 %. L’enchère coûte environ 34 millions d’euros, pour un prix moyen pondéré de 21 643 €/MW/an.

Pourquoi la durée de quatre heures s’impose

Une batterie qui tient sa puissance pendant quatre heures couvre une pointe du soir entière, quand une batterie de deux heures s’épuise à mi-parcours. Pour un mécanisme qui paie une disponibilité garantie, l’écart compte. Les résultats d’Elia le montrent : les offres de deux heures ne passent quasiment plus.

Belgique : les batteries de quatre heures raflent la majorité de l’enchère de capacité 2030-2031

2030-2031 : les batteries largement en tête

L’enchère Y-4 a retenu 0,8 GW. Avec les contrats de long terme déjà signés, 4,9 GW sont désormais sécurisés pour cette période. Les batteries neuves représentent là encore environ 0,5 GW, réparties entre des contrats d’un an et des contrats pluriannuels.

Aucune batterie de deux heures n’a été retenue, tandis que les modèles de quatre heures atteignent 61,75 % des volumes. La compétition a été vive : les offres ont dépassé le besoin de 3,1 GW. Résultat, l’enchère ne coûte qu’environ 14 millions d’euros, avec un prix moyen pondéré de 18 143 €/MW/an.

Pour un particulier, la logique est la même à petite échelle : une batterie associée à des panneaux solaires sert d’abord à décaler l’énergie de midi vers le soir. Et c’est souvent cette capacité à couvrir les heures chères qui fait la rentabilité d’une installation.

Le détail des résultats est disponible sur la page CRM Auction Results d’Elia. Pour la France, les analyses d’équilibre offre-demande sont publiées par RTE.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le mécanisme de rémunération de capacité belge ?

Le CRM est un dispositif géré par Elia qui paie des acteurs du marché pour garantir une puissance électrique disponible pendant les périodes de forte demande. Il a été mis en place pour accompagner la sortie partielle du nucléaire en Belgique et reste ouvert à toutes les technologies.

Quelle part les batteries ont-elles obtenue dans les enchères publiées en octobre 2026 ?

Dans l’enchère Y-2 pour 2028-2029, environ 0,5 GW de batteries neuves ont été retenus sur 1,6 GW. Dans l’enchère Y-4 pour 2030-2031, les batteries de quatre heures représentent 61,75 % des 0,8 GW attribués.

Pourquoi les batteries de deux heures sont-elles délaissées ?

Elles ne pèsent plus que 5,98 % des volumes en 2028-2029 et n’ont obtenu aucun contrat pour 2030-2031. Les batteries de quatre heures peuvent tenir leur puissance plus longtemps pendant une pointe de consommation, ce qui correspond mieux à ce que le mécanisme rémunère.

Combien coûtent ces enchères ?

Environ 200 millions d’euros au total pour les 6,5 GW de 2027-2028, environ 34 millions d’euros pour l’enchère Y-2 de 2028-2029 et environ 14 millions d’euros pour l’enchère Y-4 de 2030-2031.

En résumé

Les dernières enchères du CRM belge confirment la montée du stockage : environ 0,5 GW de batteries neuves sur chacune des deux échéances lointaines, et une nette préférence pour les systèmes de quatre heures, majoritaires pour 2030-2031. Avec une offre supérieure à la demande et des prix moyens en baisse, la Belgique sécurise son approvisionnement à moindre coût après la fermeture partielle de son parc nucléaire.

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