ABB devient partenaire électrification de Ferrari Hypersail, un voilier océanique de 100 pieds entièrement porté par des foils et alimenté exclusivement par des énergies renouvelables. Derrière l’opération de vitrine, le navire fonctionne comme un microréseau autonome en courant continu, sous 48 V et 800 VDC.

En bref

  • Le voilier doit être autonome plusieurs semaines d’affilée, sans aucune source d’énergie fossile.
  • Architecture entièrement en courant continu, avec des systèmes opérant sous 48 V et 800 VDC.
  • L’industriel revendique plus de 25 ans d’expérience en technologie DC et plus de 700 brevets dans ce domaine.
  • Rôle annoncé : gestion de l’énergie, systèmes électriques marins et stockage.
  • Objectif affiché : transposer les enseignements vers les microréseaux industriels et les centres de données.

Un microréseau qui ne peut compter sur personne

L’intérêt technique du projet tient à une contrainte simple : en pleine mer, il n’y a pas de réseau de secours. Le navire doit produire, stocker et distribuer son énergie en temps réel, pendant des semaines, avec pour seules sources la production renouvelable embarquée et ses batteries.

« Hypersail fonctionne entièrement grâce aux énergies renouvelables », explique Enrico Voltolini, chef de projet. « Le navire doit être autonome pendant des semaines consécutives dans les environnements océaniques les plus hostiles de la planète. » C’est exactement le cahier des charges d’un microréseau îloté, à ceci près qu’aucune défaillance n’y est rattrapable.

Pourquoi le courant continu

L’architecture retenue est intégralement en courant continu, avec des systèmes sous 48 V pour les équipements de bord et 800 VDC pour la partie puissance. Ce choix n’est pas propre au nautisme : dès lors que production photovoltaïque, batteries et consommateurs électroniques travaillent naturellement en continu, imposer une conversion en alternatif à chaque étage ajoute des pertes et des équipements. Le courant continu supprime ces conversions intermédiaires — au prix de contraintes de protection et de coupure plus délicates à maîtriser.

C’est cette architecture qui rapproche le projet des enjeux terrestres : les microréseaux industriels, les installations de stockage couplées au solaire et, de plus en plus, les centres de données explorent les mêmes solutions. Les questions de flexibilité et d’autonomie électrique que ces systèmes soulèvent sont suivies par l’ADEME et, côté réseau, par RTE.

Une vitrine assumée

« Ferrari Hypersail offre à ABB une vitrine unique pour démontrer la façon dont nous collaborons avec nos partenaires afin de repousser les limites de la technologie du courant continu », reconnaît Giampiero Frisio, président de la division électrification du groupe. « Les enseignements tirés d’un tel défi nous aideront à faire progresser les systèmes électriques résilients et efficaces dont nos clients ont besoin dans des secteurs allant du maritime et des énergies renouvelables aux centres de données et aux microréseaux industriels. »

Le terme de vitrine est employé par l’industriel lui-même : il s’agit d’un partenariat de démonstration, pas d’un produit commercialisé. Sa valeur pour la filière se mesurera aux retours d’expérience effectivement transposés, pas au projet nautique en lui-même.

Un voilier 100 % renouvelable comme banc d essai du courant continu

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un microréseau autonome ?

C’est un système électrique capable de fonctionner sans être relié à un réseau plus vaste : il produit, stocke et distribue sa propre énergie en équilibrant en permanence l’offre et la demande. Un navire entièrement électrique en constitue un cas extrême, puisqu’aucun secours extérieur n’est possible.

Pourquoi utiliser du courant continu à bord ?

Parce que les panneaux photovoltaïques, les batteries et la plupart des équipements électroniques fonctionnent nativement en courant continu. Une architecture entièrement DC évite les conversions successives vers l’alternatif et les pertes associées, au prix d’une protection électrique plus complexe à concevoir.

Quelles tensions sont utilisées ?

48 V pour les systèmes de bord et 800 VDC pour la partie puissance, dans une architecture fonctionnant comme un microréseau autonome de haute performance.

Quel rapport avec le photovoltaïque terrestre ?

Les contraintes sont les mêmes que celles des microréseaux industriels et des installations solaires couplées à du stockage : équilibrer en temps réel production variable, stockage et consommation. Les architectures en courant continu progressent d’ailleurs aussi dans les centres de données.

En résumé — un partenariat de sponsoring reste un partenariat de sponsoring, et l’industriel l’assume en parlant de « vitrine ». Le sujet technique, lui, est réel : faire tenir des semaines un système entièrement renouvelable, en courant continu, sans réseau de secours, c’est le problème que devront résoudre les microréseaux industriels — avec, à terre, le droit à l’erreur en plus.

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