Le président du Syndicat des énergies renouvelables (SER), Jules Nyssen, a averti le gouvernement que le recul des perspectives pour le solaire et les autres renouvelables se traduit déjà par des suppressions d’emplois. Il s’exprimait le mardi 29 septembre à Paris, au 27ᵉ colloque du SER, où il a aussi lancé la campagne « EnR2027 » pour faire de l’énergie un enjeu majeur de l’élection présidentielle.
« L’énergie sera la bataille du siècle », a lancé Jules Nyssen en présentant les 27 propositions du SER. Son ambition : sortir le débat énergétique de l’opposition entre nucléaire et renouvelables, pour parler de dépendance aux énergies fossiles, de facture des ménages et de souveraineté. Le syndicat appelle les candidats à débattre.
Selon les chiffres avancés par le président du SER, la facture énergétique moyenne d’un ménage atteint 3 600 euros par an, dont 65 % correspondent aux énergies fossiles. Des approvisionnements que les crises géopolitiques rendent incertains : « La véritable intermittence, c’est l’ouverture et la fermeture des détroits. »
La campagne « EnR2027 » est ouverte aux adhérents du SER, aux entreprises et aux citoyens. Le syndicat présente ses positions sur le site du Syndicat des énergies renouvelables.
Jules Nyssen constate l’écart entre la volonté de changer et la capacité des ménages à acheter un véhicule électrique ou à remplacer leur chauffage. Une transition réservée aux plus aisés perdrait, selon lui, l’adhésion du public.
Le SER propose donc un « bouclier énergétique universel » destiné à aider les ménages modestes à changer de véhicule ou de mode de chauffage. L’objectif : garantir une dépense énergétique après travaux inférieure à la facture initiale et plafonnée à 10 % des revenus. Pour le financer, le syndicat veut mobiliser les recettes du système européen ETS2, en évoquant un potentiel de 13 milliards d’euros pour le plan social pour le climat en France sur 2026-2032. Il défend aussi les certificats d’économies d’énergie, qui financent la sortie des énergies fossiles.
Soleil, vent, biomasse et chaleur du sous-sol sont, pour le SER, des ressources dont la disponibilité ne dépend d’aucun fournisseur étranger. Le syndicat demande une stratégie inscrite dans la loi à l’horizon 2050, coordonnant investissements, réseaux, flexibilités et demande.
Malgré l’abondance récente de production électrique, Jules Nyssen juge imprudent de ralentir le renforcement des capacités : les prix de marché peuvent remonter rapidement et la demande d’électricité est appelée à progresser. Il rappelle que le soutien aux renouvelables joue aussi, quand les prix augmentent, un rôle d’amortisseur pour la collectivité.
Après avoir été sollicitée pendant la crise énergétique, la filière photovoltaïque fait face, selon lui, à une succession de restrictions :

Le niveau élevé des raccordements actuels reflète, souligne-t-il, des décisions passées.
Le président du SER critique particulièrement l’appel d’offres technologiquement neutre envisagé pour 2027. Ce mécanisme ajouterait selon lui une prime de risque aux projets et écarterait économiquement le solaire. Il pourrait aussi renchérir l’éolien terrestre et laisser peu de place à l’hydroélectricité. « Annoncer le résultat d’un appel d’offres ne se substitue pas à la nécessité d’en lancer de nouveaux », a-t-il insisté. Les appels d’offres photovoltaïques sont instruits par la Commission de régulation de l’énergie.
D’après un sondage réalisé auprès des adhérents du SER dans le solaire et l’éolien, les effectifs ont reculé de plus de 10 % par rapport à 2024. Par extrapolation, Jules Nyssen évoque 6 000 à 9 000 emplois menacés. Les équipes de développement seraient les premières touchées, et celles chargées de la construction et de l’installation pourraient suivre.
Le président du SER redoute la dispersion des compétences. Il a annoncé rencontrer les salariés venus manifester.
Au-delà du solaire, Jules Nyssen a évoqué les gaz renouvelables, le bois énergie, la géothermie et l’éolien en mer. Le SER demande :
Lancée le 29 septembre au colloque annuel du Syndicat des énergies renouvelables, la campagne « EnR2027 » porte 27 propositions pour faire de l’énergie un enjeu de l’élection présidentielle. Elle est ouverte aux adhérents du SER, aux entreprises et aux citoyens.
Selon un sondage du SER auprès de ses adhérents du solaire et de l’éolien, les effectifs ont baissé de plus de 10 % par rapport à 2024. Par extrapolation, son président Jules Nyssen évoque 6 000 à 9 000 emplois menacés.
C’est une aide destinée aux ménages modestes pour changer de véhicule ou de chauffage. Elle doit garantir, après travaux, une dépense énergétique inférieure à la facture initiale et plafonnée à 10 % des revenus, financée notamment par les recettes du système européen ETS2.
Pour le SER, l’appel d’offres ouvert à toutes les technologies envisagé pour 2027 ajouterait une prime de risque aux projets, écarterait économiquement le solaire, pourrait renchérir l’éolien terrestre et laisserait peu de place à l’hydroélectricité.
Au 27ᵉ colloque du SER, Jules Nyssen a lancé la campagne « EnR2027 » et ses 27 propositions pour la présidentielle, dont un bouclier énergétique universel pour les ménages modestes. Il a surtout mis en garde le gouvernement : le recul du S21, les objectifs revus dans la PPE3 et le manque de visibilité sur les appels d’offres pèsent déjà sur l’emploi, avec des effectifs en baisse de plus de 10 % depuis 2024 selon un sondage du syndicat et 6 000 à 9 000 emplois menacés.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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