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Qatar : le solaire devrait faire plus que doubler la part des renouvelables d’ici 2035, selon GlobalData

Par Aurélien CHAPUIS 4 min de lecture Partager
Qatar : le solaire devrait faire plus que doubler la part des renouvelables d’ici 2035, selon GlobalData

Oui, le Qatar mise sérieusement sur le photovoltaïque : d’après le cabinet d’analyse GlobalData, les renouvelables, tirés avant tout par le solaire, passeraient de 12,0 % de la capacité électrique installée du pays en 2025 à 25,9 % en 2035. Le gaz naturel ne disparaît pas pour autant : il resterait le socle du système, avec environ les trois quarts de la capacité à cet horizon.

Pour ce producteur de gaz du Golfe, l’enjeu n’est pas de tourner le dos aux hydrocarbures. Il s’agit plutôt de brûler moins de gaz sur le territoire pour fabriquer de l’électricité, d’alléger l’intensité carbone du réseau et de garder davantage de molécules disponibles pour la vente à l’étranger.

En bref

  • Part des renouvelables dans la capacité installée : 12,0 % en 2025, 25,9 % attendus en 2035 (GlobalData).
  • Le parc électrique total progresserait de 4,2 % par an en moyenne entre 2025 et 2035.
  • Le photovoltaïque serait le moteur de cette croissance, avec une hausse moyenne de 12,4 % par an sur la décennie.
  • Le gaz garderait environ 74 % de la capacité cumulée en 2035 et continuerait même de croître en volume.
  • Objectif affiché : 4 GW de renouvelables d’ici 2030.
  • Grands sites cités : Al Kharsaah, Ras Laffan, Mesaieed et le futur projet de Dukhan.

Ce que prévoit GlobalData pour le parc électrique qatari

Le dernier rapport de GlobalData décrit une croissance modérée du parc dans son ensemble, autour de 4,2 % par an en moyenne sur dix ans. À l’intérieur de cette enveloppe, le solaire photovoltaïque avance trois fois plus vite, à 12,4 % par an. C’est ce différentiel qui fait grimper la part des renouvelables de 12,0 % à 25,9 % de la capacité.

Plusieurs centrales de grande taille matérialisent déjà ce virage : Al Kharsaah, puis les installations de Ras Laffan et de Mesaieed mises en service récemment, et le projet de Dukhan, en cours de développement. Pour Attaurrahman Ojindaram Saibasan, analyste énergie chez GlobalData, le pays passe d’une « dépendance totale au gaz naturel » à un « modèle hybride structuré ».

Pourquoi le solaire a un boulevard au Qatar

Le pays bénéficie d’un ensoleillement parmi les plus élevés au monde et de finances publiques solides, ce qui permet de lancer des centrales au sol de très grande taille. Chaque kilowattheure solaire produit en journée, c’est autant de gaz économisé qui peut être liquéfié et exporté sous forme de GNL. L’analyste résume l’objectif : décarboner le système national tout en libérant des volumes de gaz destinés à l’export.

Le gaz reste indispensable : climatisation et dessalement

Au Qatar, électricité et eau potable sont étroitement liées. Les centrales au gaz à cycle combiné et les unités de cogénération du programme IWPP (Independent Water and Power Project) produisent à la fois du courant et la chaleur nécessaire pour dessaler l’eau de mer. Elles doivent aussi encaisser les pointes de consommation de l’été, quand la climatisation tourne à plein.

Ces unités jouent un second rôle : elles compensent les variations du solaire, très abondant à la mi-journée et absent la nuit. GlobalData estime donc que la capacité au gaz continuera d’augmenter en valeur absolue, et que la modernisation du pilotage du réseau sera une condition pour atteindre les 4 GW renouvelables visés en 2030 sans fragiliser la sécurité d’approvisionnement. Une logique que l’on retrouve, à une tout autre échelle, chez les particuliers qui associent leurs panneaux à une batterie de stockage pour décaler leur production vers le soir.

Qatar : le solaire devrait faire plus que doubler la part des renouvelables d’ici 2035, selon GlobalData

Un cadre public très centralisé

La politique énergétique qatarie s’inscrit dans la Vision nationale du Qatar 2030 et dans la Troisième Stratégie nationale de développement. Elle s’appuie sur une Stratégie nationale des énergies renouvelables, sur les engagements de réduction carbone de la contribution déterminée au niveau national (NDC) mise à jour, et sur des règles de facturation nette fixées par Kahramaa pour la production décentralisée.

Kahramaa reste l’acheteur unique : elle achète l’électricité et l’eau dessalée aux producteurs via des contrats de long terme. Ce modèle limite fortement le risque de marché pour les développeurs et leurs partenaires, ce qui facilite le financement des grandes centrales. Pour la suite, GlobalData pointe trois chantiers : rendre l’arrivée des renouvelables compatible avec les engagements d’achat des centrales IWPP, suivre la hausse de la demande industrielle et garantir la fiabilité du transport d’électricité, via le Centre de contrôle national et les interconnexions avec les autres pays du Conseil de coopération du Golfe.

Pour replacer ces trajectoires dans le contexte mondial, les analyses de l’Agence internationale de l’énergie et les publications de GlobalData sont de bons points de départ. Et pour savoir ce que le solaire rapporterait sur votre propre toit en France, notre guide sur la rentabilité des panneaux solaires détaille les calculs.

Questions fréquentes

Quelle part le solaire va-t-il prendre dans l’électricité du Qatar ?

Selon GlobalData, les renouvelables, tirés surtout par le photovoltaïque, représenteraient 25,9 % de la capacité électrique installée du Qatar en 2035, contre 12,0 % en 2025. Il s’agit de capacité installée, pas de part de la production.

Pourquoi le Qatar développe-t-il le solaire alors qu’il produit du gaz ?

Produire de l’électricité solaire sur place permet au Qatar de consommer moins de gaz pour son propre réseau, de réduire ses émissions et de garder davantage de gaz pour l’exporter sous forme de GNL.

Le gaz va-t-il reculer au Qatar ?

Pas en volume. D’après GlobalData, la capacité au gaz continuera d’augmenter et pèsera encore environ 74 % de la capacité cumulée en 2035, car elle assure le dessalement de l’eau de mer, la climatisation estivale et l’équilibre du réseau.

Quel est l’objectif renouvelable du Qatar pour 2030 ?

Le Qatar vise 4 GW de capacités renouvelables d’ici 2030, un objectif qui suppose, selon GlobalData, davantage de production au gaz flexible et une gestion du réseau modernisée.

En résumé

Le Qatar ne sort pas du gaz, il le rentabilise autrement : en confiant une part croissante de sa production électrique au soleil, il économise du gaz pour l’export et réduit ses émissions. GlobalData prévoit que les renouvelables passent de 12,0 % à 25,9 % de la capacité installée entre 2025 et 2035, avec un photovoltaïque en hausse de 12,4 % par an, tandis que le gaz conserve environ 74 % du parc pour assurer dessalement, climatisation et stabilité du réseau.

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