Prix de gros de l’électricité : l’hiver 2026-2027 s’envole, 2028 reste deux fois moins cher
Oui, l’électricité coûte nettement plus cher sur les marchés de gros pour l’hiver qui arrive : le contrat de décembre 2026 a gagné 14,6 % en une semaine et le contrat annuel 2027 9,1 %, d’après le baromètre hebdomadaire du courtier OMNEGY. Le moteur de cette poussée est le gaz, dont le prix remonte, alors que les années suivantes bougent à peine.
En bref
- Le contrat de décembre 2026 grimpe de 185,81 à 212,98 €/MWh, son plus haut niveau.
- Novembre 2026 clôture à 230,35 €/MWh (+19,7 %) et le premier trimestre 2027 atteint un record à 205,41 €/MWh (+12,6 %).
- L’année 2027 livrée en bloc s’échange à 128,16 €/MWh (+9,1 %).
- 2028, 2029 et 2030 restent autour de 63 à 71 €/MWh, avec des hausses de 0,3 à 2,1 %.
- Le parc nucléaire a pourtant remonté sa production à 42,7 GW en moyenne vendredi, avec 40 réacteurs en service.
Une flambée concentrée sur les mois froids
La semaine écoulée a surtout pesé sur les livraisons les plus proches. Sur le marché à terme, le mois de décembre 2026 vaut désormais 212,98 €/MWh, contre 185,81 €/MWh sept jours plus tôt. Novembre, qui arrive à échéance, termine encore plus haut, à 230,35 €/MWh. Quant au premier trimestre 2027, il bat son propre record à 205,41 €/MWh.
Ces niveaux concernent l’électricité achetée à l’avance par les fournisseurs et les gros consommateurs. Ils ne se répercutent pas tels quels sur une facture de particulier, qui comprend aussi l’acheminement et les taxes, mais ils donnent la température du marché pour les mois de chauffage.
Pourquoi le gaz tire l’électricité vers le haut
Le prix de gros de l’électricité se fixe, heure par heure, sur la dernière centrale appelée pour couvrir la demande. Or, explique OMNEGY, l’hiver multiplie les heures où cette centrale marginale fonctionne au gaz. Chaque euro supplémentaire sur le combustible se retrouve donc plus souvent dans le prix du mégawattheure, ce qui explique que l’électricité monte davantage que le gaz lui-même.
Le nucléaire ne suffit pas à calmer le marché
La disponibilité du parc d’EDF s’est améliorée : vendredi, la production nucléaire moyenne est passée de 38,9 à 42,7 GW, avec 40 réacteurs couplés au réseau. Ce redressement n’a pas empêché la hausse des contrats d’hiver. La production en temps réel peut se suivre sur l’outil éCO2mix de RTE.
Au-delà de 2027, des prix qui ne bougent presque pas
Le contraste avec les échéances lointaines est frappant. Le contrat 2028 ne progresse que de 2,1 %, à 70,94 €/MWh. Celui de 2029 prend 1,4 %, à 62,97 €/MWh, et 2030 reste quasi immobile à 63,40 €/MWh (+0,3 %). Le marché anticipe donc une tension passagère, limitée à l’hiver 2026-2027, et non un renchérissement durable.

Ce que cela change pour un foyer équipé de panneaux solaires
Pour un particulier, chaque kilowattheure produit sur son toit et consommé sur place échappe à ces variations de marché. Plus l’électricité achetée est chère, plus l’autoconsommation devient intéressante, même si la production d’hiver reste plus faible qu’en été. Notre guide sur la rentabilité des panneaux solaires détaille ce calcul. Ceux qui veulent déplacer leur consommation vers les heures creuses ou le soir peuvent aussi regarder du côté d’une batterie pour panneaux solaires.
Les règles qui encadrent les offres de fourniture et les tarifs réglementés sont publiées par la Commission de régulation de l’énergie.
Questions fréquentes
Pourquoi l’électricité augmente-t-elle pour l’hiver 2026-2027 ?
Selon le baromètre d’OMNEGY, la hausse vient surtout du prix du gaz. En hiver, les centrales à gaz fixent plus souvent le prix de gros de l’électricité, si bien que leur coût de combustible pèse davantage sur le mégawattheure.
Combien coûte l’électricité livrée en 2027 sur le marché de gros ?
Le contrat annuel 2027 s’échange à 128,16 €/MWh après une hausse de 9,1 % sur la semaine. Le premier trimestre 2027, plus exposé au froid, atteint 205,41 €/MWh.
La hausse va-t-elle durer au-delà de 2027 ?
Le marché ne le prévoit pas : les contrats 2028, 2029 et 2030 se négocient entre 62,97 et 70,94 €/MWh, avec des variations hebdomadaires de 2,1 % au plus.
Le retour des réacteurs nucléaires fait-il baisser les prix ?
Pas pour l’instant. La production nucléaire est remontée à 42,7 GW en moyenne vendredi avec 40 réacteurs en marche, mais cela n’a pas suffi à freiner les contrats d’hiver.
En résumé
Les prix de gros de l’électricité s’emballent pour les mois de décembre 2026 à mars 2027, poussés par le gaz, malgré un parc nucléaire mieux disponible. Les années 2028 à 2030 restent environ deux fois moins chères que 2027, signe que le marché voit cette tension comme hivernale et temporaire.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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