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Donald Trump au Texas : le solaire accusé de « griller » les animaux

Par Aurélien CHAPUIS 4 min de lecture Partager
Donald Trump au Texas : le solaire accusé de « griller » les animaux

Le 27 octobre 2026, lors de deux meetings au Texas, Donald Trump a affirmé que les grandes centrales solaires « tuent tous les animaux », qui y « grilleraient » sur des panneaux noirs plus chauds qu’une cuisinière. Une affirmation sans fondement selon les spécialistes de la biodiversité, mais qui marque un nouveau palier dans l’offensive du président américain contre les renouvelables.

En bref

  • Deux étapes texanes le même jour : Corpus Christi, ville du pétrole et du gaz, puis Lubbock, dans l’ouest de l’État.
  • À Corpus Christi, la cible est la « green energy » en général, rebaptisée « Green New Scam », avec l’Allemagne comme contre-exemple.
  • À Lubbock, le photovoltaïque rejoint l’éolien dans la liste des technologies accusées de nuire à la faune.
  • Le président oppose frontalement solaire et éolien d’un côté, pétrole, gaz et charbon de l’autre.
  • Interrogés par l’AFP, plusieurs chercheurs ont contesté l’idée que des panneaux puissent brûler des animaux.

Corpus Christi : « drill, baby, drill » contre la « green energy »

Première halte, Corpus Christi, sur la côte du golfe, dont l’économie dépend largement des hydrocarbures. Donald Trump y a remis en avant son mot d’ordre « drill, baby, drill » et vanté la hausse de la production texane de pétrole et de gaz, en face des projets énergétiques défendus par les démocrates.

Le président a de nouveau détourné le nom du Green New Deal en « Green New Scam ». Selon lui, plusieurs pays auraient misé sur les énergies vertes avant d’en payer le prix économique. Il a cité l’Allemagne, qui aurait d’après lui frôlé la faillite avant de changer de cap. Son verdict tient en une phrase : « It doesn’t work; it costs a lot » (« Cela ne fonctionne pas ; cela coûte cher »), avant d’ajouter qu’il est particulièrement mauvais de « payer le prix fort pour quelque chose qui ne fonctionne pas ».

Lubbock : les centrales solaires présentées comme un danger pour la faune

Quelques heures plus tard, à Lubbock, le discours a pris un tour plus inattendu. Après les attaques habituelles contre les éoliennes, jugées chères et peu fiables, Donald Trump s’est tourné vers le photovoltaïque. Il admet qu’il existe « un peu de solaire », mais le distingue des grandes centrales, ces « gros monstres » installés à travers le pays.

C’est là qu’il a lancé sa phrase la plus commentée : ces installations « tuent tous les animaux », et ceux qui monteraient sur les panneaux finiraient par « griller », parce que les modules noirs seraient plus chauds qu’une cuisinière.

Ce qu’en disent les spécialistes

La déclaration a été soumise à une vérification de l’AFP, reprise notamment par now.solar. Les chercheurs interrogés expliquent qu’un module en plein soleil atteint environ 55 à 70 °C, une température qui ne brûle pas un animal qui le touche brièvement, et que l’ombre des panneaux rafraîchit plutôt le sol où vit l’essentiel de la petite faune. Ils rappellent aussi que les modules sont inclinés, ce qui rend peu crédible l’image d’animaux qui « sauteraient » dessus. Une confusion avec les centrales solaires thermodynamiques à concentration, très minoritaires, est évoquée.

Donald Trump au Texas : le solaire accusé de « griller » les animaux

Une opposition assumée entre renouvelables et hydrocarbures

Les deux discours suivent la même ligne. Le pétrole, le gaz et le charbon américains y sont décrits comme la base d’une énergie abondante et bon marché, donc d’une économie prospère. À Lubbock, Donald Trump a aussi pris l’exemple de la Chine et de ses nouvelles centrales à charbon pour soutenir qu’une énergie « forte » repose avant tout sur les fossiles, les pays solides étant selon lui ceux qui disposent de grandes réserves de pétrole et de gaz.

Le changement de registre est net. Il ne s’agit plus seulement de contester le coût des renouvelables ou leurs mécanismes de soutien : le président construit un affrontement politique direct entre deux familles d’énergie, et attribue désormais au photovoltaïque, comme à l’éolien avant lui, des dégâts environnementaux spectaculaires.

Et pour la France ?

Ces déclarations ne changent rien aux règles françaises : les grandes centrales au sol passent ici par une étude d’impact environnemental, qui examine justement les effets sur la faune et la flore. Pour un particulier, la question reste surtout économique : le simulateur de production solaire donne une première estimation, et notre guide sur la rentabilité des panneaux solaires détaille le calcul. Pour suivre les données de référence sur le système électrique, les publications de l’Agence internationale de l’énergie et de l’ADEME restent les bonnes portes d’entrée.

Questions fréquentes

Les panneaux solaires peuvent-ils brûler des animaux ?

Non, selon les chercheurs interrogés par l’AFP. Un module photovoltaïque monte à environ 55 à 70 °C en plein soleil, ce qui ne brûle pas un animal qui s’y pose quelques instants, et l’ombre des panneaux tend au contraire à rafraîchir le sol.

Qu’a dit Donald Trump sur le solaire au Texas ?

À Lubbock, le 27 octobre 2026, il a affirmé que les grandes centrales solaires « tuent tous les animaux », qui « grilleraient » sur des panneaux noirs plus chauds qu’une cuisinière. À Corpus Christi, il avait auparavant jugé que les énergies vertes « ne fonctionnent pas » et « coûtent cher ».

Pourquoi Donald Trump cite-t-il l’Allemagne ?

Il présente l’Allemagne comme un pays qui aurait frôlé la faillite à cause de sa politique énergétique avant d’en changer. C’est son argument pour soutenir que miser sur les renouvelables affaiblit l’économie.

En résumé

Au Texas, Donald Trump a franchi une étape dans sa campagne contre les renouvelables : après l’éolien, le photovoltaïque est accusé de « griller » les animaux, une affirmation que les spécialistes de la biodiversité réfutent. Derrière la formule, le message politique est limpide : opposer frontalement solaire et éolien aux hydrocarbures, présentés comme la seule énergie « forte ».

Espace d'échanges et avis

  • Aurélien CHAPUIS
    02/11/2026 à 10h13

    Quand un président dit que le solaire grille les animaux, on rit. Quand un gouvernement freine le solaire sans le dire, on ne remarque rien.

    La sortie de Donald Trump au Texas est grotesque, et les chercheurs l'ont démontée sans peine. Mais elle a un mérite : la ligne est claire. Pétrole, gaz, charbon d'un côté, renouvelables de l'autre. On sait à quoi s'en tenir.

    En France, personne ne dit que les panneaux tuent les animaux. Mais à mon sens, on fait pire en plus discret : un cap qui varie, des signaux contradictoires, une filière qui ne sait jamais sur quel pied danser. Sur le terrain, cela finit par ressembler à une hostilité qui n'ose pas dire son nom.

    Alors, qu'est-ce qui fait le plus de dégâts à la filière : un adversaire qui parle fort, ou un État qui dit la soutenir et ne tient pas le cap ?

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