Longi Hi-MO X12 : un module à contacts arrière sans rubans soudés, jusqu’à 690 W et plus de 25,54 % de rendement
Avec sa série Hi-MO X12, présentée fin octobre au salon All Energy Australia de Melbourne, Longi propose des modules à contacts arrière pour toitures qui montent jusqu’à 690 W et dépassent 25,54 % de rendement sur leur version grand format. La nouveauté tient surtout à la connectique : les cellules ne sont plus reliées par des rubans soudés, mais par un circuit en feuille métallique logé à l’arrière du module.
En bref
- Longi a dévoilé la gamme Hi-MO X12 au salon All Energy Australia 2026, qui s’est tenu à Melbourne les 28 et 29 octobre.
- Les cellules HPBC 2.0 à contacts arrière sont reliées à une feuille conductrice intégrée à l’encapsulation, sans rubans soudés.
- Le modèle LR7-72WVD, pensé pour le tertiaire et l’industrie, va de 660 à 690 W, avec un rendement maximal annoncé au-delà de 25,54 %.
- Le format compact LR7-54WVD, de 495 à 510 W, affiche entre 24,25 % et 24,99 % de rendement selon sa fiche technique.
- Garantie produit de 25 ans, garantie de performance de 30 ans et puissance résiduelle annoncée d’environ 88,9 % au bout de trois décennies.
Ce qui change dans la conception du module
Une feuille conductrice à la place des rubans
Dans un panneau classique, les cellules sont raccordées entre elles par de fins rubans métalliques soudés. Sur la Hi-MO X12, Longi supprime ces rubans : chaque cellule HPBC 2.0 (Hybrid Passivated Back Contact) vient se connecter directement à un circuit en feuille métallique, intégré à la couche d’encapsulation arrière. Le fabricant estime ainsi faire disparaître plus de 15 000 points de soudure susceptibles de lâcher, par module.
D’après Longi, la surface offerte au passage du courant augmente de 85 %, ce qui se traduirait par 6 à 8 W de puissance en plus par rapport à un raccordement traditionnel.
Une face avant presque entièrement active
Deuxième levier, baptisé « Full-Screen » par le fabricant : les cellules se chevauchent légèrement, comme des tuiles, et les barres collectrices sont masquées. Les zones qui ne produisent pas et l’ombrage sur la face exposée au soleil s’en trouvent réduits. Longi chiffre ce gain à 8 à 12 W supplémentaires, soit 14 à 20 W au total en cumulant les deux innovations.
Deux formats pour deux usages
La version grand format, LR7-72WVD, cible les toitures commerciales et industrielles, avec des puissances échelonnées de 660 à 690 W. Pour les toits plus contraints, notamment résidentiels, le LR7-54WVD existe en quatre classes de 495 à 510 W.
Ce modèle compact compte 108 cellules sous double vitrage. Il mesure 1 800 × 1 134 × 30 mm pour 23,5 kg, avec un cadre en aluminium anodisé noir, un verre avant semi-trempé de 2 mm et un verre arrière de 1,6 mm.
Pour un particulier, la puissance d’un module ne dit pas tout : le coût total et la production réelle comptent davantage. Notre guide du prix d’une installation solaire détaille ce qui pèse vraiment sur le devis.

Robustesse et garanties annoncées
La fiche technique du LR7-54WVD donne un coefficient de température de -0,26 %/°C, un fonctionnement possible entre -40 °C et 85 °C et une tension système maximale de 1 500 V. Le module encaisse une charge statique de 5 400 Pa à l’avant et de 2 400 Pa à l’arrière, et supporte l’impact de grêlons de 25 mm projetés à 23 m/s.
Longi met aussi en avant la tenue mécanique de sa nouvelle architecture : le procédé d’empilement très fin abaisserait de 60 % les contraintes internes, et la barrière en feuille métallique réduirait de 90 % le passage de la vapeur d’eau.
Côté garanties, le fabricant s’engage sur 25 ans pour le produit et 30 ans pour la performance. La perte de puissance est plafonnée à 1 % la première année, puis à 0,35 % par an, ce qui laisse environ 88,9 % de la puissance de départ après 30 ans. Les certifications CEI 61215 et CEI 61730 figurent dans la fiche, ainsi que les marques de TÜV Rheinland et TÜV SÜD. Une dégradation lente pèse directement sur la rentabilité des panneaux solaires sur la durée.
Le lancement a été couvert en détail par pv magazine. Les caractéristiques complètes sont publiées par le fabricant sur son site.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un module solaire à contacts arrière ?
C’est un panneau dont les contacts électriques des cellules sont tous placés au dos. La face avant n’est plus traversée par des grilles métalliques, ce qui laisse davantage de surface capter la lumière et donne un aspect plus uniforme.
Quel est l’intérêt de supprimer les rubans soudés ?
Les soudures sont des points de fragilité qui peuvent se fissurer avec les variations de température. Sur la série Hi-MO X12, Longi remplace ces rubans par une feuille conductrice et annonce plus de 15 000 points de défaillance potentiels en moins par module, ainsi qu’un gain de puissance.
Quelle puissance restera-t-il après 30 ans ?
Pour le modèle LR7-54WVD, Longi garantit au maximum 1 % de perte la première année puis 0,35 % par an, soit environ 88,9 % de la puissance initiale au bout de 30 ans.
En résumé
La Hi-MO X12 de Longi mise moins sur un record brut que sur la manière de relier les cellules : feuille conductrice à l’arrière, disparition des rubans soudés et face avant quasi entièrement active. Résultat annoncé : jusqu’à 690 W et plus de 25,54 % de rendement pour le grand format, entre 495 et 510 W pour le format résidentiel, avec une garantie de performance de 30 ans. Longi n’a pas communiqué de prix pour cette gamme.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
Aurélien CHAPUIS
05/11/2026 à 10h13Plus de 15 000 soudures supprimées dans un seul panneau : la course au solaire se joue désormais sur la fiabilité, plus seulement sur le prix au watt.
Avec sa Hi-MO X12, Longi remplace les rubans soudés par une feuille conductrice à l'arrière du module. Ce n'est pas un détail d'ingénieur : ce sont ces points-là qui vieillissent mal sur un toit, été après été.
Ce que je retiens, c'est le rythme. Chaque génération déplace la frontière, ici sur la connectique, et les garanties s'allongent à 30 ans.
Je pense que l'Europe a encore un temps de retard dans cette course industrielle. Les installateurs, eux, devront apprendre à vendre la durabilité autant que la puissance.
Combien de devis comparent encore les panneaux sur leur seule puissance, sans un mot sur leur dégradation au bout de vingt ans ?