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Fonds européen pour l’innovation : 16 projets français retenus, dont une usine de panneaux solaires de 5 GW

Par Aurélien CHAPUIS 5 min de lecture Partager
Fonds européen pour l’innovation : 16 projets français retenus, dont une usine de panneaux solaires de 5 GW

La France est le pays qui place le plus de projets dans la dernière sélection du Fonds européen pour l’innovation : 16 lauréats sur 77, pour au moins 750 M€ de subventions demandées. La liste, rendue publique par la Commission européenne le 19 octobre, comprend notamment SOLAR4EU, le projet d’Holosolis qui vise 5 GW de fabrication de cellules et de modules photovoltaïques en Moselle.

En bref

  • 77 projets dans 23 pays se partagent 3,4 milliards d’euros du Fonds pour l’innovation, alimenté par le marché européen du carbone (SEQE-UE).
  • La France arrive première avec 16 projets, devant les Pays-Bas (9), l’Espagne et l’Allemagne (8 chacune) et la Belgique (6).
  • Les lauréats français totalisent au moins 750 M€ de subventions, un montant qui servira de base aux conventions avec Bruxelles.
  • Parmi les 12 projets industriels de grande taille retenus en Europe, 5 sont français.
  • Côté solaire, Holosolis prévoit 5 GW de cellules et de modules à Hambach ; côté stockage, EDF Renouvelables porte un projet de batteries pour le réseau.

Un fonds financé par le prix du carbone

Le Fonds pour l’innovation ne dépend pas du budget des États. Il est alimenté par les recettes du système européen d’échange de quotas d’émission : les industriels qui émettent du CO₂ achètent des quotas, et une partie de cet argent revient vers des technologies de décarbonation prêtes à passer à l’échelle industrielle.

Pour cet appel, la Commission a retenu 77 dossiers répartis dans 23 pays, pour 3,4 milliards d’euros au total. Son communiqué détaille la répartition par catégorie : environ 1,58 milliard pour 12 grands projets, 458 millions pour 17 projets moyens, 124 millions pour 20 petits projets, près de 895 millions pour 12 usines de technologies propres et environ 394 millions pour 16 projets pilotes (communiqué de la Commission européenne).

La France en tête du classement

Avec 16 lauréats, la France décroche plus d’un projet sur cinq. Elle devance nettement les Pays-Bas, qui en comptent 9, puis l’Espagne et l’Allemagne, à égalité avec 8 projets, et la Belgique avec 6.

Le gouvernement chiffre l’aide visée par les projets français à au moins 750 M€. Il s’agit de la somme des subventions demandées par les porteurs de projets : le montant définitif sera fixé dans les conventions signées avec la Commission.

Le communiqué français présente ce total comme « plus de 23 % » de l’enveloppe annoncée. Rapportés aux 3,4 milliards d’euros publiés par la Commission, 750 M€ représentent pourtant environ 22 %. Cet écart n’est pas expliqué dans les documents publiés.

La France se distingue surtout dans la catégorie des grands projets industriels : elle en place 5 sur les 12 retenus, contre 3 pour l’Espagne, qui la suit.

Les projets français, de l’acier au solaire

SOLAR4EU, une usine de cellules et de modules en Moselle

C’est le projet qui concerne le plus directement la filière photovoltaïque. Holosolis veut implanter à Hambach, en Moselle, une capacité de fabrication de 5 GW de cellules et de modules solaires. L’objectif affiché est de renforcer la production d’équipements solaires sur le sol européen.

GravitHy, de l’acier bas-carbone à Fos-sur-Mer

À Fos-sur-Mer, GravitHy prévoit une usine capable de produire 2 millions de tonnes par an de fer briqueté à chaud. L’hydrogène bas-carbone nécessaire serait fabriqué sur place. La sidérurgie étant l’une des industries qui émettent le plus, le projet vise la chaîne de valeur européenne de l’acier.

Fonds européen pour l’innovation : 16 projets français retenus, dont une usine de panneaux solaires de 5 GW

Ageli, du lithium tiré de la géothermie en Alsace

Porté par Eramet, Ageli serait la première installation industrielle française à extraire directement du lithium à partir de ressources géothermales. La production pourrait atteindre 15 000 tonnes par an de carbonate de lithium destiné aux batteries, un matériau clé pour le stockage de l’énergie.

Des carburants de synthèse pour l’avion et le bateau

H4 Marseille Fos veut produire jusqu’à 75 000 tonnes par an de carburants d’aviation de synthèse, en s’appuyant notamment sur de l’hydrogène bas-carbone et du CO₂ capté. Deux autres lauréats, L’Ardoise dans le Gard et BELair en Normandie, travaillent eux aussi sur des carburants durables pour l’aérien et le maritime.

Stockage et chaleur industrielle

EDF Renouvelables porte BESS-4-C, un projet de stockage par batteries pensé pour apporter de la flexibilité au réseau électrique. STEAMBOX et TISSUE, de leur côté, portent sur l’électrification de la chaleur utilisée dans l’industrie.

Ce que dit le gouvernement

Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre déléguée chargée de l’Énergie, affirme que la France « se classe au 1er rang des États membres en nombre de projets lauréats depuis le lancement du fonds et en montant de subventions conventionnées avec la Commission européenne ». Elle ajoute : « De l’acier à l’hydrogène, du lithium au solaire, nous développons en France les solutions de demain pour réduire notre dépendance aux énergies ».

Pour un particulier, ces annonces industrielles ne changent rien dans l’immédiat : une usine de 5 GW mettra du temps à livrer ses premiers modules. Si vous envisagez une installation, le guide du prix d’une installation solaire reste le bon point de départ.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le Fonds européen pour l’innovation ?

C’est un programme de la Commission européenne qui subventionne des technologies de décarbonation à l’échelle industrielle. Il est financé par les recettes du système européen d’échange de quotas d’émission, c’est-à-dire par le prix payé par les industriels pour leurs émissions de CO₂.

Combien de projets français ont été retenus en octobre 2026 ?

La France compte 16 projets parmi les 77 sélectionnés par la Commission européenne le 19 octobre 2026, pour au moins 750 M€ de subventions demandées. C’est le premier pays du classement, devant les Pays-Bas avec 9 projets.

Quel projet solaire français figure parmi les lauréats ?

SOLAR4EU, porté par Holosolis à Hambach en Moselle, prévoit une capacité de fabrication de 5 GW de cellules et de modules photovoltaïques. Il vise à renforcer la production européenne d’équipements solaires.

Les 750 M€ sont-ils déjà versés ?

Non. Ce montant correspond aux subventions demandées par les lauréats français. Il sert de base aux conventions qui doivent encore être établies avec la Commission européenne, qui fixeront les sommes définitives.

En résumé

La France place 16 projets dans la dernière sélection du Fonds européen pour l’innovation, plus que tout autre pays, pour au moins 750 M€ de subventions demandées sur 3,4 milliards d’euros. Les lauréats couvrent l’acier bas-carbone, le lithium géothermal, les carburants de synthèse, le stockage par batteries et une usine de 5 GW de cellules et de modules solaires en Moselle. La part de « plus de 23 % » avancée par le gouvernement ne correspond pas au calcul tiré des chiffres publiés, qui donne environ 22 %.

Espace d'échanges et avis

  • Aurélien CHAPUIS
    02/11/2026 à 10h13

    L'État se félicite de rafler l'argent européen pour l'industrie verte. Reste à être aussi convaincant chez soi.

    Seize projets lauréats, dont une usine de cellules et de modules de 5 GW en Moselle. Pour la filière, c'est une bonne nouvelle. Mais cet argent vient de Bruxelles, pas d'une politique solaire nationale que je trouve lisible.

    Une usine de panneaux a besoin de clients. Ces clients, ce sont des installateurs et des particuliers qui, à mon sens, n'ont jamais eu de cap stable sur lequel investir sereinement.

    Applaudir une gigafactory tout en laissant le marché intérieur dans le flou, c'est construire l'usine avant la route.

    Et quand l'État annonce « plus de 23 % » de l'enveloppe là où le calcul donne environ 22 %, on a envie de lui demander la même rigueur qu'aux porteurs de projets.

    Qui achètera ces modules français si le marché français reste un parcours d'obstacles ?

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