Emplois du solaire en Auvergne-Rhône-Alpes : un creux des besoins jusqu’en 2028, puis une reprise attendue en 2029
Les besoins en main-d’œuvre de la filière photovoltaïque d’Auvergne-Rhône-Alpes devraient ralentir de 2026 à 2028, avant de repartir à partir de 2029 : c’est la principale projection d’une étude prospective que vient de publier l’association AuRA Digital Solaire. Ce creux serait temporaire et tiendrait à un rythme de nouvelles installations moins soutenu, alors même que le parc régional continue de grossir et que plusieurs métiers peinent déjà à recruter.
En bref
- L’étude a été conduite par AuRA Digital Solaire avec le cabinet EY et le pôle de compétitivité Tenerrdis.
- La région compte 3,8 GW de photovoltaïque installé, soit 12 % de la puissance nationale.
- Le parc régional a progressé de 27 % par an entre 2022 et 2025, contre 24 % par an pour la France entière.
- Environ 3 750 emplois en Auvergne-Rhône-Alpes, sur plus de 25 000 en France pour les segments étudiés.
- Ralentissement temporaire des besoins entre 2026 et 2028, reprise attendue dès 2029.
- Bureaux d’études, chefs de projet, installateurs et techniciens de maintenance restent difficiles à recruter.
Une étude sur toute la chaîne de valeur régionale
AuRA Digital Solaire a voulu dresser un état des lieux complet des métiers du photovoltaïque dans la région, de la conception des projets jusqu’à leur exploitation. Le travail, mené avec EY et Tenerrdis, s’appuie sur une enquête en ligne complétée par des entretiens ciblés auprès des acteurs de la filière.
Il livre trois choses : une cartographie des emplois et des compétences, une projection sur cinq ans des créations de postes et des besoins de recrutement, et un plan d’action régional destiné à ajuster les formations, initiales comme continues, aux attentes des industriels.
Un parc régional qui grandit plus vite que la moyenne
Avec 3,8 GW raccordés, Auvergne-Rhône-Alpes pèse 12 % du photovoltaïque français. Sa progression a été plus rapide que celle du pays : + 27 % par an entre 2022 et 2025 dans la région, + 24 % par an à l’échelle nationale. L’étude table sur une poursuite de cette dynamique, avec 6 à 6,5 GW installés à l’horizon 2030. Pour situer le potentiel de votre propre commune, la carte solaire donne l’ensoleillement département par département.
Des effectifs multipliés par plus de quatre depuis 2018
Cette montée en puissance s’est traduite dans les effectifs : sur les segments couverts par l’étude, le nombre d’emplois a été multiplié par plus de quatre depuis 2018. Cela représente plus de 25 000 postes en France, dont près de 3 750 dans la région.
Installation, maintenance et études : les trois piliers de l’emploi
L’installation reste de très loin le premier employeur de la filière. Viennent ensuite l’exploitation et la maintenance, dont la part progresse mécaniquement à mesure que le nombre de centrales en service augmente. Les études et le développement de projets emploient moins de monde, mais réclament des profils pointus sans lesquels aucun chantier ne démarre.

Un creux de 2026 à 2028, une reprise en 2029
Selon les projections, la demande de main-d’œuvre marquerait le pas entre 2026 et 2028, sous l’effet d’un déploiement plus lent des nouvelles installations. Elle repartirait ensuite à partir de 2029, une trajectoire que les auteurs jugent cohérente avec les objectifs de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Il s’agit d’un ralentissement des besoins de recrutement, présenté comme temporaire, et non d’un effondrement de l’activité.
Des métiers déjà en tension
L’enquête fait ressortir des difficultés de recrutement sur plusieurs postes clés : ingénieurs et techniciens de bureau d’études, chefs de projet, installateurs et techniciens de maintenance. La région dispose en revanche d’une offre de formation étoffée, du CAP au Bac+5, qui couvre l’ensemble des segments de la filière. Pour un particulier, ces tensions rappellent l’intérêt de bien comparer les devis et d’évaluer la rentabilité de son installation avant de signer.
Questions fréquentes
Combien d’emplois compte le photovoltaïque en Auvergne-Rhône-Alpes ?
L’étude d’AuRA Digital Solaire, EY et Tenerrdis en recense environ 3 750 dans la région, sur plus de 25 000 en France pour les segments qu’elle a étudiés.
Les emplois du solaire vont-ils diminuer dans la région ?
L’étude anticipe un ralentissement temporaire des besoins de recrutement entre 2026 et 2028, lié à un déploiement plus lent, puis une reprise à partir de 2029.
Quels métiers du solaire recrutent le plus difficilement ?
Les ingénieurs et techniciens de bureau d’études, les chefs de projet, les installateurs et les techniciens de maintenance sont les profils les plus tendus selon l’enquête menée auprès de la filière régionale.
Quelle puissance solaire la région vise-t-elle pour 2030 ?
Auvergne-Rhône-Alpes compte 3,8 GW installés et l’étude estime que le parc atteindra 6 à 6,5 GW à l’horizon 2030.
En résumé
La filière photovoltaïque d’Auvergne-Rhône-Alpes a plus que quadruplé ses effectifs depuis 2018 et son parc croît plus vite que la moyenne nationale. L’étude d’AuRA Digital Solaire prévoit pourtant un creux des besoins de main-d’œuvre jusqu’en 2028, avant une reprise en 2029, alors que plusieurs métiers clés restent difficiles à pourvoir. Le plan d’action qui l’accompagne vise à aligner les formations de la région sur ces besoins.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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