Data centers et renouvelables : installer les centres de calcul près des parcs solaires et éoliens
Pour éviter que l’essor de l’intelligence artificielle ne bute sur les limites du réseau électrique, Slawomir Krupa, directeur général de Société Générale, et Lei Zhang, fondateur et PDG d’Envision, proposent d’installer une partie des futurs data centers au plus près des parcs éoliens et solaires. Ils défendent cette piste dans une tribune parue dans Les Échos le 3 novembre 2026.
Leur thèse dépasse la seule question de l’emplacement : selon eux, l’Europe ne développera pas l’IA à grande échelle sans revoir de fond en comble la manière dont elle produit, transporte et consomme son électricité.
En bref
- Une tribune cosignée par les dirigeants de Société Générale et d’Envision, publiée dans Les Échos le 3 novembre 2026.
- Première mesure avancée : placer les centres de calcul à proximité de la production éolienne et solaire.
- L’objectif est de contourner les goulots d’étranglement du réseau plutôt que d’attendre son seul renforcement.
- Les besoins en électricité des data centers devraient nettement augmenter avec l’IA.
- Les auteurs demandent de penser ensemble stratégie numérique et politique énergétique.
Ce que proposent les deux dirigeants
La mesure mise en avant tient en une phrase, que les signataires formulent ainsi : « D’abord, implanter les centres de calcul près des parcs éoliens et solaires pour contourner les goulots d’étranglement du réseau. »
L’idée consiste à inverser la logique habituelle. Au lieu d’acheminer sur de longues distances l’électricité vers des sites de calcul choisis pour d’autres raisons, on irait chercher les zones où l’énergie renouvelable est déjà produite en grande quantité. Les data centers viendraient s’y greffer.
Les gains attendus
D’après la tribune, ce rapprochement aurait trois effets :
- alléger les contraintes de raccordement ;
- réduire une partie des besoins de transport d’électricité sur le réseau ;
- mettre plus vite de la puissance à la disposition des usages liés à l’IA.
Les auteurs ne présentent pas cette solution comme un substitut au renforcement des lignes : elle permettrait simplement de ne pas dépendre uniquement de ces travaux, souvent longs.
Une demande d’électricité appelée à grimper
Le point de départ de la réflexion est la consommation des centres de données. Avec la généralisation de l’intelligence artificielle, leurs besoins en électricité vont, selon les signataires, progresser fortement. L’Agence internationale de l’énergie suit d’ailleurs de près cette question dans ses travaux sur l’énergie et l’IA (site de l’AIE).
En France, c’est RTE, le gestionnaire du réseau de transport, qui planifie l’accueil de ces nouvelles consommations et les renforcements nécessaires (site de RTE).

Numérique et énergie, une seule stratégie
Au-delà de l’implantation des sites, la tribune plaide pour une approche commune : la politique numérique européenne ne devrait plus être conçue à part de la politique énergétique. Les auteurs citent quatre leviers à combiner :
- le développement des énergies renouvelables ;
- le renforcement des réseaux ;
- le stockage ;
- la flexibilité de la consommation.
Le stockage, en particulier, sert à faire coïncider une production solaire et éolienne variable avec des besoins qui, dans un data center, sont quasi continus. Les mêmes principes s’appliquent à plus petite échelle chez les particuliers, comme l’explique notre guide sur la batterie pour panneaux solaires.
Le message final des signataires se résume ainsi : pas de révolution de l’IA en Europe sans révolution énergétique, et pas d’accélération des data centers sans un meilleur lien entre les lieux où l’électricité est produite et ceux où elle est consommée.
Questions fréquentes
Pourquoi rapprocher un data center d’un parc solaire ou éolien ?
Installer un centre de calcul près d’une zone de production renouvelable limite le besoin de transporter l’électricité sur le réseau et réduit les difficultés de raccordement. Les centres de données peuvent ainsi obtenir de la puissance plus rapidement.
Qui défend cette idée ?
Slawomir Krupa, directeur général de Société Générale, et Lei Zhang, fondateur et PDG d’Envision, dans une tribune publiée par Les Échos le 3 novembre 2026.
Cette solution remplace-t-elle le renforcement du réseau électrique ?
Non. Les auteurs la présentent comme un complément : elle évite de tout attendre des travaux sur les lignes, mais s’inscrit dans un ensemble qui comprend aussi les renouvelables, les réseaux, le stockage et la flexibilité.
Où trouver les zones les plus ensoleillées en France ?
La production solaire varie fortement d’une région à l’autre. Notre carte solaire permet de comparer l’ensoleillement selon les territoires.
En résumé
Dans Les Échos, les patrons de Société Générale et d’Envision proposent de bâtir une partie des futurs data centers à côté des parcs éoliens et solaires, pour échapper aux limites du réseau. Plus largement, ils estiment que l’Europe ne réussira son pari sur l’intelligence artificielle qu’en traitant d’un même mouvement numérique et énergie : renouvelables, réseaux, stockage et flexibilité.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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