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Changement climatique : le réseau Cler réclame une garantie d’habitabilité pour tous les territoires

Par Aurélien CHAPUIS 5 min de lecture Partager
Changement climatique : le réseau Cler réclame une garantie d’habitabilité pour tous les territoires

Le réseau Cler demande aux candidats à l’élection présidentielle de s’engager sur une « garantie territoriale d’habitabilité » : toute vulnérabilité climatique identifiée ouvrirait automatiquement droit à une ingénierie publique et à des financements pluriannuels, en priorité pour les territoires les plus exposés et les moins dotés. La proposition arrive après un été 2026 de chaleurs et de sécheresses exceptionnelles.

En bref

  • Le réseau Cler, réseau pour la transition énergétique, veut faire de l’habitabilité des territoires une garantie nationale.
  • L’été 2026 est présenté comme le plus chaud jamais mesuré en France, avec 53 jours de vagues de chaleur.
  • Les premières estimations font état d’environ 7 300 décès en excès pendant les épisodes de chaleur depuis mai.
  • Le Cler critique des aides de l’État trop dépendantes des appels à projets et des financements temporaires.
  • La garantie reposerait sur quatre principes : diagnostic, trajectoire d’adaptation, droit à l’ingénierie et au financement, solidarité proportionnée.

Un été qui change la nature du débat climatique

Selon le réseau Cler, la France vient de connaître l’été le plus chaud jamais mesuré. Le pays a subi des vagues de chaleur pendant 53 jours, près de la moitié du territoire a dépassé au moins une fois les 40 °C et la sécheresse des sols a atteint un niveau sans précédent à l’échelle nationale.

Le bilan humain est lourd : fin août, les premières estimations faisaient état d’environ 7 300 décès en excès pendant les épisodes de chaleur survenus depuis mai. L’été 2026 serait ainsi le plus meurtrier depuis 2003 en raison des fortes chaleurs. Les données de référence sur le climat sont suivies par Météo-France.

Pour le Cler, le changement climatique ne peut donc plus être abordé seulement en tonnes de carbone. La question devient immédiate : comment garantir que chaque territoire reste habitable ?

Qu’est-ce qu’un territoire habitable ?

Le réseau le définit comme un territoire où l’on peut continuer à vivre, travailler, se déplacer et vieillir quand les températures atteignent 40 °C. Les logements y protègent leurs occupants, les écoles restent accueillantes, l’accès à l’eau et à l’énergie est assuré, et les transports, les établissements de santé et les réseaux essentiels continuent de fonctionner. Les écosystèmes, humains et non humains, y sont protégés.

Le risque d’une France à deux vitesses climatiques

Toutes les collectivités font face au changement climatique, mais pas avec les mêmes moyens. Certaines disposent de services techniques étoffés, financent des études et bâtissent une stratégie d’adaptation. D’autres doivent arbitrer entre la rénovation d’une école, la sécurisation du réseau d’eau potable, l’adaptation des bâtiments publics ou le développement de mobilités décarbonées.

Des aides de l’État qui favorisent les mieux dotés

Le Cler pointe un système qui accentue parfois ces inégalités. Les aides de l’État reposent encore trop souvent sur des appels à projets et des financements temporaires. Pour en bénéficier, une collectivité doit déjà avoir le temps, l’expertise et la capacité de cofinancement nécessaires pour trouver le bon dispositif, réaliser les études et monter le dossier. Pour le réseau, la protection contre les canicules, les sécheresses, les incendies ou les inondations ne peut pas devenir un privilège des collectivités les plus riches.

État et collectivités, condamnés à réussir ensemble

Le Cler refuse un nouveau transfert de responsabilités vers les collectivités, sans pour autant confier l’adaptation à la seule administration centrale. L’État ne peut pas savoir quelle cour d’école devient un four en juin, quelle canalisation menace de céder ou quel EHPAD doit être rénové en priorité. Les élus, les agents territoriaux et les acteurs de terrain, eux, le savent.

Changement climatique : le réseau Cler réclame une garantie d’habitabilité pour tous les territoires

Mais aucune commune ni intercommunalité ne peut porter seule des décennies d’investissements climatiques. « L’État ne peut pas s’adapter sans les territoires, et les territoires ne peuvent pas s’adapter sans l’État. Les collectivités disposent de la connaissance du terrain ; l’État doit garantir la solidarité nationale et donner à chacune les moyens d’agir », résume Anne Auclair, directrice du réseau Cler.

Les quatre principes de la garantie territoriale d’habitabilité

Le réseau propose que le prochain quinquennat fasse de l’habitabilité une garantie nationale fondée sur :

  • un diagnostic des vulnérabilités climatiques pour chaque territoire ;
  • une trajectoire d’adaptation couvrant les fonctions essentielles de la vie locale : eau, énergie, logements, bâtiments publics, mobilité, santé et prévention des risques ;
  • un droit effectif à l’ingénierie publique et à un financement pluriannuel, déclenché par les vulnérabilités identifiées plutôt que par des appels à projets successifs ;
  • une solidarité nationale proportionnée à l’exposition climatique et aux ressources propres de chaque collectivité.

Il ne s’agit pas d’imposer depuis Paris une solution uniforme : une commune littorale face à la montée des eaux n’a pas les besoins d’un territoire rural frappé par la sécheresse ni d’une métropole soumise à des îlots de chaleur. L’État garantirait le résultat, les territoires choisiraient les moyens. Le détail des positions du réseau est disponible sur le site du réseau Cler.

Aucun territoire ne doit être sacrifié

Sans changement de méthode, prévient le Cler, le dérèglement climatique creusera les inégalités : entre territoires capables d’investir et territoires condamnés à gérer l’urgence, entre logements qui resteront habitables et logements invivables plusieurs semaines par an. L’adaptation devient, selon lui, une politique de protection de la population et de cohésion de la République.

« À l’ouverture du débat présidentiel, le réseau Cler demande à l’ensemble des candidats de prendre un engagement clair : en France, quel que soit l’endroit où l’on vit, chacun doit avoir droit à un territoire habitable. Aucun territoire ne doit être abandonné face au changement climatique », conclut Anne Auclair.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la garantie territoriale d’habitabilité proposée par le réseau Cler ?

C’est un dispositif national réclamé par le réseau Cler : toute vulnérabilité climatique identifiée dans un territoire ouvrirait automatiquement droit à une ingénierie publique et à des financements pluriannuels, en priorité pour les territoires les plus exposés et les moins dotés.

Que reproche le réseau Cler aux aides actuelles de l’État pour l’adaptation ?

Le réseau Cler estime que les aides reposent trop sur des appels à projets et des financements temporaires, qui avantagent les collectivités disposant déjà d’expertise, de temps et de capacités de cofinancement pour monter des dossiers.

Pourquoi l’énergie fait-elle partie de l’habitabilité d’un territoire ?

Pour le réseau Cler, un territoire reste habitable lors des fortes chaleurs seulement si l’accès à l’eau et à l’énergie est assuré et si les réseaux essentiels continuent de fonctionner. L’énergie figure parmi les fonctions que doit couvrir la trajectoire d’adaptation.

En résumé

Après un été 2026 record par sa chaleur et sa mortalité, le réseau Cler demande aux candidats à la présidentielle de garantir à chaque territoire le droit de rester habitable. Sa proposition : remplacer la logique des appels à projets par un droit automatique à l’ingénierie et au financement pluriannuel, déclenché par la vulnérabilité climatique et proportionné aux moyens de chaque collectivité.

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