Aucaleuc : l’ancien camp militaire devient une ferme solaire de 28,5 MWc ouverte à l’épargne des habitants
La ferme solaire du Camp d’Aucaleuc, dans les Côtes-d’Armor, produit désormais de l’électricité : après douze mois de chantier, la centrale de 28,5 MWc construite par le groupe IEL sur une ancienne emprise militaire a été inaugurée devant le public, le jour même où s’ouvrait une collecte destinée aux riverains qui veulent placer leur épargne dans le projet.
Plus de 350 personnes (élus, partenaires, entreprises et habitants) ont parcouru le site lors de cette journée portes ouvertes, organisée le samedi 26 septembre selon l’annonce publiée par IEL.
En bref
- Puissance installée : 28,5 MWc, pour un investissement de 19 millions d’euros.
- Production attendue : environ 32 000 MWh par an, soit la consommation électrique hors chauffage d’environ 35 500 personnes.
- Le site, un ancien camp militaire d’une centaine d’hectares, ne porte des panneaux que sur sa moitié sud.
- Les habitants peuvent prêter à IEL à partir de 100 €, à 6 % brut par an sur cinq ans, dans une collecte plafonnée à 1 million d’euros.
- Un troupeau de brebis Solognotes entretient la végétation sous les rangées de modules.
- Plus de 100 000 € de recettes fiscales par an sont attendues, dont près de la moitié pour Dinan Agglomération.
Un terrain militaire plutôt qu’une terre agricole
Le Camp d’Aucaleuc se trouve à l’est de la commune d’Aucaleuc, près de Dinan. Ce terrain d’une centaine d’hectares, laissé par l’armée, est en reconversion depuis septembre 2025 sous la conduite d’IEL. Le partage est net : la partie sud reçoit les structures photovoltaïques, tandis que la partie nord est consacrée aux milieux naturels et à leur gestion.
Ce type de foncier déjà artificialisé est souvent cité comme une piste prioritaire pour le solaire au sol, puisqu’il évite de prendre sur des surfaces cultivées. Pour situer le potentiel de production de la Bretagne par rapport au reste du pays, la carte solaire donne l’ensoleillement commune par commune.
Ce que la centrale va produire
IEL table sur quelque 32 000 MWh d’électricité renouvelable chaque année. Rapportée à la consommation hors chauffage, cette quantité couvrirait les besoins d’environ 35 500 personnes. Les collectivités y gagnent aussi : le développeur annonce plus de 100 000 € de fiscalité annuelle, dont environ 50 000 € pour l’intercommunalité de Dinan.
Une collecte réservée en priorité aux riverains
L’inauguration a servi de point de départ à une opération de financement participatif menée avec GwenneG, plateforme d’investissement basée en Bretagne. Le principe : IEL émet des obligations que les particuliers peuvent souscrire, avec ces conditions :
- ticket d’entrée de 100 € et plafond de 20 000 € par investisseur ;
- enveloppe totale limitée à 1 million d’euros ;
- rémunération de 6 % brut par an ;
- remboursement par trimestre, sur une durée de cinq ans.
L’ouverture se fait par étapes, en fonction de l’adresse des souscripteurs, afin que les habitants les plus proches puissent se positionner en premier. L’objectif affiché est de faire profiter le territoire d’une partie des revenus de la centrale.
Brebis, sentiers et suivi écologique
L’entretien de l’herbe ne passe pas d’abord par les machines : ce sont les brebis Solognotes de David Guyon, éleveur ovin, qui pâturent autour et sous les panneaux. Un écologue, Christophe Eggert, ainsi que des équipes du Parc naturel régional Vallée de la Rance – Côte d’Émeraude sont associés au projet.

Le partenariat avec le Parc vise à protéger, restaurer et gérer les espaces naturels du camp sur le long terme, tout en faisant de la pédagogie. Côté public, le programme comprend environ 1,4 km de cheminements pour piétons et cyclistes, un sentier d’interprétation, un point d’observation et des panneaux explicatifs.
L’association Énergie Solidaire, qui agit contre la précarité énergétique en Bretagne, figurait aussi parmi les partenaires présents lors de l’inauguration.
Cinq ans de concertation avant la mise en service
Le projet n’est pas né en un an de chantier. Un comité de pilotage s’est réuni dès 2021 autour d’IEL, de la mairie d’Aucaleuc, de Dinan Agglomération et des services de l’État, pour adapter la centrale aux contraintes environnementales et d’urbanisme du site. Des réunions d’information ont ensuite été proposées aux habitants avant l’enquête publique.
Pour comprendre les étapes réglementaires qu’impose une installation solaire, même bien plus modeste, notre guide des démarches administratives détaille les autorisations à obtenir. Les données nationales sur la production renouvelable sont publiées par RTE.
Questions fréquentes
Où se trouve la ferme solaire du Camp d’Aucaleuc ?
Elle est implantée sur un ancien camp militaire d’environ 100 hectares, à l’est d’Aucaleuc, dans les Côtes-d’Armor, sur le territoire de Dinan Agglomération. Seule la moitié sud du terrain est équipée de panneaux.
Quelle est la puissance de la centrale d’Aucaleuc ?
La centrale exploitée par IEL affiche 28,5 MWc pour un investissement de 19 millions d’euros. Elle doit produire environ 32 000 MWh par an.
Comment investir dans la ferme solaire d’Aucaleuc ?
Via la plateforme bretonne GwenneG, qui propose des obligations émises par IEL dès 100 € et jusqu’à 20 000 € par personne, rémunérées 6 % brut par an et remboursées chaque trimestre pendant cinq ans. La collecte totale est plafonnée à 1 million d’euros et s’ouvre progressivement selon le lieu de résidence.
Qui entretient la végétation sous les panneaux ?
Le troupeau de brebis Solognotes de l’éleveur David Guyon pâture sur le site, ce qui réduit le recours à l’entretien mécanique.
En résumé
À Aucaleuc, IEL a transformé un camp militaire désaffecté en centrale solaire de 28,5 MWc, capable de produire environ 32 000 MWh par an, tout en réservant la moitié du site à la nature et à un pâturage ovin. Les habitants peuvent désormais y placer leur épargne à 6 % brut via GwenneG, et les collectivités locales en tireront plus de 100 000 € de recettes fiscales chaque année.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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