Togo : les contrats du projet solaire de Nangbéto (100 MW) soumis à l’avis du marché avant l’appel d’offres
Le Togo demande aux professionnels de l’énergie de relire, d’ici au 9 novembre, les projets de contrats du futur parc solaire de Nangbéto, avant de lancer l’appel d’offres qui désignera son développeur. Ce parc de 100 MWac ouvre un programme public qui doit totaliser 400 MW d’électricité renouvelable dans le pays.
En bref
- Le projet solaire de Nangbéto vise 100 MW en courant alternatif (MWac).
- C’est la première tranche d’un programme national de 400 MW d’énergies renouvelables.
- Développeurs, constructeurs, fournisseurs et financeurs peuvent commenter les documents provisoires jusqu’au 9 novembre.
- L’appel d’offres concurrentiel est attendu avant la fin de l’année.
- L’ONG belge RELP accompagne Lomé, comme elle le fait au Ghana, au Sénégal et en Guinée.
- Le plus grand parc photovoltaïque en service au Togo atteint aujourd’hui 70 MW.
Une consultation avant la mise en concurrence
Plutôt que de publier directement son cahier des charges, le gouvernement togolais a choisi de le faire tester par ceux qui devront y répondre. Quatre pièces sont ouvertes aux remarques : le contrat de concession, le contrat d’achat de l’électricité produite, le dossier d’appel d’offres et l’annexe qui fixe les exigences techniques. C’est RELP qui a annoncé cette étape sur les réseaux sociaux.
Les producteurs indépendants, les entreprises de travaux, les fournisseurs d’équipements et les banques sont tous invités à se prononcer. Leurs retours doivent parvenir avant le 9 novembre.
Le ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances, Robert Koffi Messan Eklo, a justifié la démarche par l’enjeu financier d’un contrat de long terme : « Si je signe au mauvais prix, nous le paierons pendant 25 ans ». Un tarif d’achat se négocie en effet pour toute la durée de vie de la centrale, et c’est sur cet horizon que se joue sa rentabilité, pour l’acheteur public comme pour l’investisseur.
RELP, partenaire du programme togolais
RELP est une organisation à but non lucratif, installée en Belgique, qui se consacre aux énergies propres. Elle a signé cette année un accord avec les autorités togolaises pour les aider à bâtir leur programme public d’énergies renouvelables.
Selon l’organisation, les remarques recueillies doivent aboutir à des documents « clairs, équilibrés et susceptibles d’obtenir des financements ». Son directeur régional pour l’Afrique et l’Asie, Andrea Bertello, a détaillé l’intérêt du dispositif à pv magazine : « Le Togo met en place un dispositif important pour les investisseurs : un programme pluriannuel et une procédure transparente et concurrentielle offriront aux développeurs et aux prêteurs une visibilité sur les projets à venir, tout en garantissant au gouvernement un bon rapport qualité-prix ».
Le Togo n’est pas un cas isolé : RELP prépare des procédures publiques du même type avec d’autres États d’Afrique de l’Ouest, dont le Ghana, le Sénégal et la Guinée.

Une puissance encore présentée en fourchette mi-octobre
Le chiffre de 100 MWac est celui que retient la consultation. Le 14 octobre, le média économique Togo First décrivait encore une centrale de 70 à 110 MWc sur 203 hectares, rattachée à un objectif de 400 MWc. Les deux annonces n’emploient pas la même unité : le MWc mesure la puissance crête des panneaux, le MWac celle injectée sur le réseau après les onduleurs.
Un parc plus grand que tout ce qui tourne au Togo
D’après la base de projets de l’Association africaine de l’industrie solaire (AFSIA), la centrale Sheikh Mohamed Bin Zayed, avec 70 MW, est aujourd’hui la plus puissante du pays. Nangbéto la dépasserait donc nettement, avant même les tranches suivantes du programme de 400 MW.
Pour un particulier, l’échelle n’a rien à voir, mais la logique reste la même : le prix payé au départ, comparé à la production attendue sur des décennies, fait tout. Notre page sur le prix d’une installation solaire détaille ce calcul pour une maison.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le projet solaire de Nangbéto ?
C’est une centrale photovoltaïque prévue au Togo, d’une puissance de 100 MWac. Elle forme la première étape d’un programme public de 400 MW d’énergies renouvelables, qui sera attribué par appel d’offres concurrentiel.
Qui peut répondre à la consultation togolaise et jusqu’à quand ?
Les producteurs indépendants d’électricité, les entreprises de construction, les fournisseurs et les financeurs peuvent transmettre leurs remarques sur les documents provisoires jusqu’au 9 novembre.
Quand l’appel d’offres pour Nangbéto sera-t-il lancé ?
Le lancement est attendu d’ici à la fin de l’année, une fois les documents finalisés à partir des retours du marché.
Quel rôle joue RELP au Togo ?
Cette ONG belge spécialisée dans les énergies propres a conclu un accord avec le gouvernement togolais pour l’aider à monter son programme d’énergies renouvelables. Elle accompagne aussi le Ghana, le Sénégal et la Guinée.
En résumé
Avant de choisir le développeur de sa future centrale solaire de Nangbéto, le Togo fait relire ses contrats par le marché jusqu’au 9 novembre, pour un appel d’offres attendu d’ici la fin de l’année. Avec 100 MWac, ce premier projet d’un programme de 400 MW dépasserait la plus grande centrale du pays, et le gouvernement assume vouloir éviter de s’engager à un mauvais prix pour 25 ans.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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