Le régulateur britannique de l’énergie Ofgem consulte le marché sur une contribution financière que devraient verser les projets de stockage par batteries pour conserver leur place dans la file d’attente de raccordement. Le montant irait de 3 000 livres sterling par MW à 25 000 livres si l’engorgement persiste — une « intervention majeure », selon le régulateur.
La mesure fait suite à la réforme du processus de raccordement menée par l’opérateur du système britannique, NESO, qui avait déjà écarté 40 % de la capacité de batteries à l’échelle du réseau présente dans la file d’attente. Malgré ce tri, 83 GW de projets restent prioritaires dans la nouvelle file, auxquels s’ajoutent 7 GW déjà en service.
La comparaison avec les besoins estimés donne la mesure du décalage. Si tous les projets ayant reçu une offre de raccordement étaient effectivement construits, la capacité installée dépasserait de 14,8 GW les 24 GW que NESO juge nécessaires pour atteindre l’objectif d’électricité propre du gouvernement britannique à l’horizon 2030. Rapporté aux 29 GW estimés nécessaires en 2035, l’écart atteindrait 61,7 GW. Le secteur s’attend certes à ce qu’une partie de ces projets soit abandonnée — mais c’est précisément le problème : personne ne sait lesquels.
Un projet qui occupe une place dans la file mobilise une capacité de raccordement que d’autres ne peuvent pas utiliser, y compris des projets plus avancés. Tant que rien ne distingue un dossier sérieux d’une réservation spéculative, l’opérateur de réseau dimensionne ses travaux sur des volumes qui ne se matérialiseront jamais. La question se pose dans les mêmes termes en France, où les files d’attente de raccordement sont gérées par RTE et Enedis.
Ofgem indique être favorable à l’approbation d’une contribution applicable aux « technologies faisant l’objet d’une demande excessive ». Les exploitants de BESS devraient verser une garantie financière pour conserver leur place, calculée en fonction de la capacité envisagée pour leur projet.
Le barème est progressif : 3 000 livres sterling par MW au départ, soit environ 3 450 euros, montant pouvant atteindre 25 000 livres, environ 28 700 euros, si la file reste saturée. Pour un projet de 100 MW, cela représente 300 000 livres à l’entrée et jusqu’à 2,5 millions dans le scénario haut. Le mécanisme ne prétend pas sélectionner les meilleurs projets : il rend coûteux le fait d’en garder un en attente sans intention de le construire.
Le dispositif serait introduit par une modification du Connection and Use of System Code, qui régit les conditions de raccordement et d’utilisation du réseau en Grande-Bretagne. Cette modification, référencée CMP470, a été proposée pour la première fois en mars 2026 par le développeur de BESS Field Energy — détail notable : la demande de discipline vient du secteur lui-même, et non du seul régulateur. Son entrée en vigueur est envisagée pour juillet 2027.
Les propositions actuelles peuvent encore évoluer. Parmi les options à l’étude figurent le plafonnement de la contribution au niveau maximal des garanties déjà exigées pour un projet, ainsi que sa suppression une fois les travaux de construction engagés — deux aménagements qui limiteraient la charge pesant sur les projets réellement aboutis. Ofgem envisage également de supprimer une exemption actuellement prévue pour les projets associant plusieurs technologies sur un même site.

Les développeurs de BESS et les autres parties prenantes sont invités à se prononcer sur la pertinence de cette nouvelle structure tarifaire, sur les modalités d’évaluation de son impact et sur les difficultés de mise en œuvre. Les observations doivent parvenir au régulateur avant le 1er octobre.
C’est une contribution financière que devraient verser les porteurs de projets relevant de technologies en demande excessive — au premier rang desquelles le stockage par batteries — pour conserver leur place dans la file d’attente de raccordement au réseau britannique. Son montant serait proportionnel à la capacité du projet.
3 000 livres sterling par MW au départ, soit environ 3 450 euros, et jusqu’à 25 000 livres par MW, environ 28 700 euros, si la file d’attente reste saturée.
Parce que le volume de projets déposés dépasse largement les besoins identifiés. Même après le retrait de 40 % de la capacité de batteries par NESO, 83 GW restent prioritaires dans la nouvelle file, alors que l’opérateur estime les besoins à 24 GW en 2030 et 29 GW en 2035.
En juillet 2027, si la modification CMP470 du Connection and Use of System Code est approuvée. La consultation en cours se clôt le 1er octobre.
En résumé — face à une file d’attente trois fois supérieure aux besoins, Ofgem choisit un levier simple : rendre coûteuse l’attente elle-même. Le mécanisme ne juge pas la qualité des projets, il fait payer l’immobilisation d’une capacité de raccordement. Le fait qu’il ait été proposé par un développeur plutôt que par le régulateur en dit long sur l’exaspération du secteur face à l’encombrement.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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