Photovoltaïque 2026 : Baisse des tarifs d’achat et primes, vers un modèle d’autoconsommation
La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a officialisé les nouveaux tarifs d’achat et primes pour l’électricité photovoltaïque pour le deuxième trimestre 2026. Cette mise à jour, applicable du 1er avril au 30 juin 2026, confirme une tendance structurelle : la baisse continue des soutiens publics. Le modèle économique du solaire pour les particuliers et les petites entreprises (jusqu’à 100 kWc) s’éloigne définitivement de la vente du surplus pour se recentrer sur l’autoconsommation, l’optimisation des consommations et le stockage.
Les nouveaux tarifs d’achat pour le printemps 2026
Les tarifs d’achat de l’électricité produite par des installations sur bâtiment, hangar ou ombrière (≤ 100 kWc) poursuivent leur décrue. Ces tarifs s’appliquent dans le cadre de l’obligation d’achat (OA).
- Installations de 9 à 36 kWc : Le tarif est fixé à 8,05 c€/kWh.
- Installations de 36 à 100 kWc : Le tarif est fixé à 7,00 c€/kWh.
Parallèlement, le tarif de vente du surplus pour les installations de 9 à 100 kWc en autoconsommation avec revente est désormais de 4,73 c€/kWh. Ce tarif se rapproche du niveau des plus petites installations, pour lesquelles la vente de la totalité de la production n’est plus possible depuis 2025. Cette convergence illustre la volonté des pouvoirs publics d’inciter à consommer sur place l’énergie produite.
Les primes à l’investissement mises à jour
Pour accompagner cette transition vers l’autoconsommation, des primes à l’investissement (ou primes à l’autoconsommation) sont toujours octroyées lors de l’installation. Elles sont versées sur 5 ans et sont révisées trimestriellement. Pour le T2 2026, elles s’établissent ainsi :
- Puissance < 9 kWc : 80 €/kWc
- Puissance de 9 à 36 kWc : 120 €/kWc
- Puissance de 36 à 100 kWc : 60 €/kWc
Ces primes visent à améliorer la rentabilité du projet en réduisant le temps de retour sur investissement, compensant partiellement la baisse des revenus liés à la vente d’électricité.
Un changement de paradigme pour le solaire résidentiel et tertiaire
L’évolution constante des tarifs depuis plusieurs années n’est pas une surprise, mais elle acte un changement profond. L’objectif de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) est de faire du consommateur un « consomm’acteur » responsable de sa propre énergie. La rentabilité d’une installation ne repose donc plus principalement sur la revente, mais sur :
- L’autoconsommation maximale : Consommer directement l’électricité produite pour réduire sa facture.
- Le pilotage des appareils électriques : Faire fonctionner les machines (lave-linge, ballon d’eau chaude, etc.) pendant les heures de production solaire.
- Le stockage sur batterie : Stocker l’excédent de production diurne pour l’utiliser le soir, augmentant ainsi le taux d’autoconsommation.
- L’électrification des usages : Remplacer une chaudière fossile par une pompe à chaleur ou opter pour un véhicule électrique, augmentant ainsi la consommation d’électricité verte produite sur place.
Quid des installations de plus de 100 kWc ?
Depuis septembre 2025, le paysage réglementaire a changé pour les installations de taille intermédiaire. Seuls les projets d’une puissance inférieure à 100 kWc peuvent bénéficier du « guichet ouvert », avec des tarifs d’achat réglementés. Pour les puissances comprises entre 100 et 500 kWc, les porteurs de projet doivent désormais passer par un appel d’offres simplifié organisé par la CRE. À ce jour, une seule session a eu lieu fin 2025, avec un volume attribué (43,5 MWc) bien inférieur au volume appelé (192 MWc). La filière attend avec impatience l’ouverture de nouvelles périodes de candidature pour dynamiser ce segment.
Conclusion : Comment adapter son projet photovoltaïque ?
Face à cette baisse programmée des tarifs d’achat, la conception d’un projet photovoltaïque en 2026 doit être repensée. Il est crucial de :
- Dimensionner son installation en fonction de sa consommation réelle, et non pour maximiser la revente.
- Étudier sérieusement l’ajout d’un système de stockage pour optimiser l’autoconsommation.
- S’informer sur les aides locales (communes, départements, régions) qui peuvent compléter la prime à l’investissement nationale.
- Se rapprocher d’un installateur qualifié RGE pour une étude personnalisée et fiable, indispensable pour obtenir les aides.
La transition énergétique passe désormais par une production décentralisée et intelligente. Le photovoltaïque reste un investissement pertinent, à condition que son modèle économique soit basé sur une autoconsommation optimisée et une maîtrise de sa demande en énergie.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
Espace d'échanges et avis
La parole est à vous !