Ombrière photovoltaïque agricole pour l’élevage : abris pour bovins, ovins et volailles, règles et financement
Une ombrière photovoltaïque agricole est une structure ouverte, couverte de panneaux solaires, qui abrite les animaux du soleil et des intempéries tout en produisant de l’électricité. Pour un éleveur, elle peut prendre la forme d’un abri de pâture pour bovins, d’une rangée de modules surélevés au-dessus d’une prairie à moutons ou d’une volière couverte sur un parcours de volailles. Ce guide vous explique ce qui distingue ces structures d’un hangar, les règles qui s’appliquent (urbanisme, cadre agrivoltaïque, raccordement) et les façons de les financer.
En bref
- Une ombrière d’élevage est une structure ouverte. Un hangar est un bâtiment fermé ou semi-fermé, utilisé pour stocker ou loger.
- Pour l’urbanisme, une ombrière de 3 kWc à 3 MWc demande en général une simple déclaration préalable. Le permis de construire est exigé en secteur patrimonial protégé ou au-delà de 3 MWc.
- Pour être qualifié d’agrivoltaïque, le projet doit rendre un service direct à l’élevage, par exemple améliorer le bien-être animal. L’élevage doit rester l’activité principale de la parcelle.
- Jusqu’à 100 kWc, l’électricité vendue est rachetée 1,1 c€/kWh, avec une hausse de 2 % par an, pendant 20 ans. Entre 100 et 500 kWc, il faut passer par un appel d’offres simplifié.
- Trois modèles de financement : l’achat en propre, le tiers-investisseur ou la location de la surface à un producteur.
- MaPrimeRénov’ et l’éco-PTZ ne financent pas ce type de projet. La prime à l’autoconsommation n’existe plus.
Ombrière, volière, hangar : de quoi parle-t-on ?
On confond souvent trois types d’ouvrages. Ils ne suivent pas les mêmes règles, donc il vaut mieux les distinguer dès le départ.
L’ombrière de pâture pour bovins
C’est un abri ouvert sur les côtés, posé dans la parcelle ou près d’un point d’eau. Sa toiture est faite de modules photovoltaïques. Les bovins sont lourds et se frottent contre les poteaux. Ils exigent donc une hauteur libre suffisante, des poteaux protégés et une structure bien ancrée. Le passage d’un tracteur ou d’une pailleuse doit être prévu dès la conception.
Les modules surélevés pour ovins
Avec des moutons, on installe souvent des rangées de panneaux sur pieux, plus basses, au-dessus d’une prairie pâturée. Les animaux s’abritent sous les tables. Ce montage se rapproche d’une centrale au sol. Il relève alors surtout du cadre agrivoltaïque décrit plus bas. Pour aller plus loin sur le pâturage sous panneaux, lisez notre guide de l’agrivoltaïsme en prairie.
La volière photovoltaïque pour volailles
Sur un parcours de volailles, la « volière solaire » désigne une structure couverte de modules, parfois fermée par un grillage. Elle offre de l’ombre et un abri contre la pluie et les rapaces. Comme les volailles sont petites, la structure peut être plus basse. Elle doit toutefois rester accessible pour le nettoyage et le paillage.
Ce qui change par rapport à un hangar photovoltaïque
Un hangar photovoltaïque est un bâtiment : il stocke du fourrage, du matériel ou loge des animaux à l’abri. Une ombrière reste ouverte. En pratique, cette différence compte pour l’urbanisme, l’assurance et le dimensionnement de la charpente. Elle compte moins pour le tarif d’achat. L’arrêté tarifaire accepte les installations sur « bâtiment, hangar ou ombrière », et Hespul (photovoltaique.info) précise que cela inclut les serres agricoles, les préaux et les ouvrages qui logent ou abritent des animaux. Vous trouverez un panorama des montages possibles dans notre article sur les types et techniques de pose.
Ce qu’une ombrière apporte au troupeau et à l’exploitation
Le premier intérêt d’un abri est l’ombre. Le Code de l’énergie le reconnaît : il définit un « service d’amélioration du bien-être animal », jugé sur le confort thermique des animaux. Ce service se démontre par une baisse de température observée dans les espaces abrités par les modules (article R. 314-113, issu du décret n° 2024-318 du 8 avril 2024).
Autres apports concrets :
- Un abri sur la parcelle sans construire un bâtiment fermé.
- Un revenu ou une économie : l’électricité produite est vendue ou consommée sur place, par exemple pour le pompage, la ventilation ou le refroidissement du lait.
- Un point d’eau ou de pesée abrité, si l’ombrière est placée au bon endroit.
Restez prudent sur les gains annoncés. La production dépend de l’orientation, de l’inclinaison et de votre région. Demandez à l’installateur une simulation chiffrée, par exemple avec l’outil européen PVGIS, et vérifiez ses hypothèses.
Le cadre agrivoltaïque : quand s’applique-t-il ?
La loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 a créé une définition légale de l’agrivoltaïsme (article L. 314-36 du Code de l’énergie). Le décret du 8 avril 2024 en a fixé les conditions. Elles concernent surtout les installations posées sur une parcelle agricole, comme les modules surélevés sur une prairie à moutons ou les grandes ombrières de parcours.
Les conditions principales
- Un service direct à l’exploitation : adaptation au changement climatique, protection contre les aléas, amélioration du bien-être animal ou service agronomique.
- Une production agricole qui reste principale. En élevage, son caractère significatif s’apprécie notamment par le volume de biomasse fourragère ou le taux de chargement (article R. 314-116).
- Une surface rendue inexploitable limitée à 10 % de la surface couverte par l’installation.
- Un taux de couverture d’au plus 40 % pour les installations de plus de 10 MWc, sauf technologies dispensées par arrêté.
- Une zone témoin d’au moins 5 % de la surface agrivoltaïque, dans la limite d’un hectare, lorsque la comparaison l’exige.
- Un éleveur actif en place : si l’exploitant change, l’installation ne peut fonctionner plus de 18 mois sans agriculteur actif.
- Des contrôles : avant la mise en service, puis la sixième année, puis à intervalles réguliers.
Hespul présente ces règles en détail sur sa page consacrée à l’agrivoltaïsme.
L’avis de la CDPENAF
Les installations agrivoltaïques en zone agricole, naturelle ou forestière doivent obtenir l’avis conforme de la commission départementale de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF), selon l’article L. 111-31 du Code de l’urbanisme. Les serres, hangars et ombrières à usage agricole qui respectent les conditions techniques prévues ne reçoivent qu’un avis simple. Dans les deux cas, prévoyez ce passage dans votre calendrier.
Les démarches, étape par étape
- Vérifier le PLU ou la carte communale de la parcelle en mairie, ainsi que la présence d’un secteur protégé (abords de monument historique, site classé).
- Faire réaliser une étude : structure, production, raccordement, et pour un projet agrivoltaïque, preuve du service rendu à l’élevage. Un bureau d’étude photovoltaïque est utile au-delà de quelques dizaines de kWc.
- Déposer l’autorisation d’urbanisme. Pour une ombrière : aucune formalité sous 3 kWc si la hauteur ne dépasse pas 1,80 m, déclaration préalable de 3 kWc à 3 MWc, permis de construire au-delà, ou dès 3 kWc en secteur patrimonial protégé. Au-delà de 300 kWc, une ombrière hors parking passe par un examen environnemental au cas par cas (source : photovoltaique.info).
- Demander le raccordement au gestionnaire de réseau, en général Enedis. Un abri isolé en pâture peut être loin du réseau. Le coût de l’extension pèse alors lourd dans le budget : faites-le chiffrer tôt.
- Signer le contrat d’achat après la mise en service, si vous vendez tout ou partie de l’électricité.
Notre page sur les démarches administratives des panneaux solaires détaille chaque formulaire.
Combien rapporte l’électricité produite ?
Jusqu’à 100 kWc : un tarif d’achat unique
Pour les demandes complètes de raccordement déposées depuis le 5 juin 2026, l’électricité injectée est rachetée 1,1 c€/kWh, avec une hausse de 2 % par an, pendant 20 ans. Selon Hespul, ce tarif vaut pour la vente du surplus comme pour la vente totale, sauf en vente totale sous 9 kWc, qui n’est plus soutenue. L’installateur doit avoir une qualification ou une certification. La prime à l’autoconsommation est supprimée pour ces mêmes demandes.

Concrètement, la revente rapporte peu. Pour être rentable, une ombrière d’élevage doit donc surtout couvrir une consommation sur place : pompe, clôture électrique, salle de traite, ventilation d’un poulailler voisin. Mesurez vos besoins heure par heure avant de choisir la puissance.
De 100 à 500 kWc : l’appel d’offres simplifié
Depuis le 22 septembre 2025, les projets de 100 à 500 kWc sur bâtiment, ombrière ou au sol ne bénéficient plus d’un guichet ouvert. Ils doivent candidater à un appel d’offres simplifié, où seul le prix compte. Les lauréats obtiennent un complément de rémunération sur 20 ans. Les modules doivent avoir un bilan carbone inférieur ou égal à 740 kg CO2 éq./kWc.
Les aides qui ne s’appliquent pas
MaPrimeRénov’ et l’éco-PTZ ne financent pas les panneaux photovoltaïques. La TVA à 5,5 % ne concerne que les installations de 9 kWc maximum sur un local d’habitation : une ombrière d’élevage n’y a pas droit. Pour un tour complet des dispositifs, consultez notre guide des aides solaires 2026.
Les trois modèles de financement
| Modèle | Qui paie l’ouvrage | Ce que vous percevez | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Achat en propre | Vous, en fonds propres ou par emprunt | Toute la vente d’électricité et les économies sur votre facture | Entretien, assurance et remplacement de l’onduleur à votre charge |
| Tiers-investisseur | Un opérateur qui construit et exploite | L’usage de l’abri, parfois une électricité à prix fixé | Durée d’engagement et propriété de l’ouvrage en fin de contrat |
| Location de la surface | Un producteur qui loue le terrain ou la toiture | Un loyer annuel et l’abri | Bail de longue durée, démontage et remise en état à la fin |
Le tiers-investissement et la location conviennent aux grandes surfaces, dès que la puissance justifie l’intérêt d’un opérateur. Pour un abri de quelques dizaines de kWc, l’achat en propre reste souvent le seul modèle proposé. Dans tous les cas, faites relire le contrat par votre conseiller juridique ou votre chambre d’agriculture avant de signer. Vérifiez surtout la durée, les clauses de sortie, l’accès des animaux pendant les travaux et la répartition des responsabilités en cas de dommage.
Comparer les devis et choisir un installateur
Un abri d’élevage n’est pas une toiture de maison. Privilégiez une entreprise qui a déjà construit des structures agricoles et qui peut vous montrer des chantiers comparables. Sur chaque devis, vérifiez :
- La structure : note de calcul neige et vent, traitement anticorrosion adapté aux ammoniacs et aux déjections, protection des poteaux contre les chocs.
- La hauteur libre et les accès pour vos engins.
- La production estimée, avec sa méthode de calcul.
- Le coût du raccordement, inclus ou non.
- La qualification ou certification de l’entreprise, indispensable pour le tarif d’achat.
- Les garanties : décennale, garantie produit des modules et de l’onduleur.
- Les démarches prises en charge : urbanisme, CDPENAF, raccordement, contrat d’achat.
Notre liste des points à vérifier sur un devis vous aidera à comparer les offres ligne par ligne. Pour trouver des entreprises spécialisées près de chez vous, consultez la rubrique ombrière agrivoltaïque de notre annuaire ou l’annuaire des professionnels du solaire. Vous pouvez aussi demander des devis d’installation en décrivant votre élevage et la parcelle visée.
Un dernier conseil : le démarchage par téléphone pour des travaux d’énergie renouvelable dans le logement est interdit. Ne signez jamais sous la pression d’un commercial venu sans rendez-vous.
Questions fréquentes
Faut-il un permis de construire pour une ombrière photovoltaïque d’élevage ?
Pas toujours. Une ombrière de 3 kWc à 3 MWc relève en général d’une déclaration préalable. Le permis de construire est exigé au-delà de 3 MWc, ou dès 3 kWc dans un secteur patrimonial protégé. Sous 3 kWc et 1,80 m de hauteur, aucune formalité n’est requise hors secteur protégé.
Une ombrière pour bovins peut-elle bénéficier du tarif d’achat ?
Oui. L’arrêté tarifaire vise les installations sur bâtiment, hangar ou ombrière, y compris celles qui abritent des animaux. Jusqu’à 100 kWc, l’électricité injectée est rachetée 1,1 c€/kWh, avec une hausse de 2 % par an, pendant 20 ans, si l’installateur est qualifié ou certifié.
Une ombrière d’élevage est-elle forcément agrivoltaïque ?
Non. Le statut agrivoltaïque exige un service direct rendu à l’élevage, comme l’amélioration du confort thermique des animaux, et une activité d’élevage qui reste principale. Il entraîne aussi un avis conforme de la CDPENAF et des contrôles réguliers. Une ombrière agricole qui respecte les conditions techniques prévues ne reçoit qu’un avis simple de cette commission.
Peut-on obtenir MaPrimeRénov’ pour une ombrière solaire agricole ?
Non. MaPrimeRénov’ et l’éco-PTZ ne financent pas les panneaux photovoltaïques. La prime à l’autoconsommation est aussi supprimée pour les demandes de raccordement complètes déposées depuis le 5 juin 2026.
Qu’est-ce qu’une volière photovoltaïque ?
C’est une structure couverte de panneaux solaires installée sur le parcours des volailles, parfois entourée de grillage. Elle donne de l’ombre et un abri aux animaux et produit de l’électricité. Elle suit les mêmes règles d’urbanisme et de tarif qu’une ombrière.
En résumé
Une ombrière ou une volière photovoltaïque donne un abri à vos animaux et produit de l’électricité sur la parcelle. Avant de vous lancer, vérifiez le régime d’urbanisme, qui dépend surtout de la puissance et des secteurs protégés. Voyez aussi si le projet relève du cadre agrivoltaïque. Le tarif d’achat est désormais faible : dimensionnez l’installation d’après votre consommation sur place. Choisissez enfin entre achat, tiers-investisseur et location, puis comparez des devis d’entreprises qualifiées qui connaissent les bâtiments agricoles.
Informations vérifiées le 5/10/2026 sur Légifrance et photovoltaique.info (Hespul). Les tarifs et seuils peuvent évoluer : vérifiez-les avant de signer.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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