Q ENERGY a inauguré le 24 septembre le parc solaire de Chênet, 11 MWc installés sur une ancienne carrière de sables et graviers à Sapignicourt et Hauteville, dans la Marne. Le site combine production électrique, pâturage ovin et ouverture au public — les habitants ont pu le visiter deux jours plus tard.
Le site avait été exploité comme carrière de sables et graviers entre 1992 et 2009. Son intérêt pour un projet solaire tient à un critère devenu déterminant : il s’agit d’un foncier déjà artificialisé, qui ne prélève ni terre agricole ni espace naturel. La centrale valorise ainsi 8,7 hectares restés sans usage productif pendant plus d’une décennie.
Initié en 2021, le projet a associé les collectivités concernées, les services de l’État, les propriétaires fonciers et les acteurs du territoire. « Cette réalisation est le résultat d’un dialogue constructif avec les acteurs du territoire, qui a permis au projet d’aboutir en seulement cinq ans, un temps record pour un parc solaire », souligne Paul Colin, chef de projet solaire chez Q ENERGY. Le délai mérite d’être noté : sur des centrales au sol de cette taille, six à huit ans entre l’origine du projet et la mise en service restent fréquents, l’instruction administrative et le raccordement — dont les conditions relèvent d’Enedis et de RTE selon la puissance — pesant l’essentiel du calendrier.
Les recettes fiscales associées au projet sont estimées à 1 600 000 euros sur 40 ans, réparties entre la commune, l’intercommunalité et le département. Rapporté à l’échelle d’une commune rurale, l’ordre de grandeur n’est pas anecdotique : c’est la contrepartie budgétaire directe d’un foncier qui, en carrière fermée, ne produisait plus rien.
Le site accueille une activité de pâturage ovin sous les modules. Les brebis entretiennent le couvert végétal, ce qui réduit les besoins de fauche mécanique, et redonnent une fonction agricole à un terrain qui n’en avait plus. C’est une association courante sur les centrales au sol, et particulièrement pertinente ici : la carrière n’était pas cultivable, la production ovine ne se substitue donc à aucune culture antérieure.
La centrale produira chaque année l’équivalent de la consommation électrique de plus de 4 800 habitants, et permettra selon le développeur d’éviter l’émission d’environ 2 900 tonnes de CO₂ — un chiffre dont l’ordre de grandeur dépend du mix de référence retenu, les facteurs d’émission applicables étant publiés par l’ADEME.
Après l’inauguration officielle du 24 septembre, en présence des élus et partenaires institutionnels, le site a ouvert ses portes au public le samedi 26 septembre pour des visites guidées, suivies d’une soirée guinguette organisée avec la commune de Sapignicourt et l’association 1000 Cafés, membre du Groupe SOS.

« Il nous tenait à cœur d’ouvrir le parc aux habitants et de coorganiser ce moment festif ouvert à tous », explique Adèle Leprêtre, responsable régionale solaire. La démarche relève de l’acceptabilité locale, sujet devenu central pour les projets au sol : un parc que les riverains ont pu visiter se conteste moins facilement qu’une emprise clôturée dont ils ignorent tout.
11 MWc, soit près de 18 000 panneaux répartis sur 8,7 hectares, pour une production annuelle équivalente à la consommation électrique de plus de 4 800 habitants.
Parce que le foncier est déjà artificialisé : le projet ne consomme ni terre agricole ni espace naturel, et redonne un usage productif à un site sans affectation depuis sa fermeture en 2009. C’est le type d’implantation privilégié par la doctrine publique française.
Des recettes fiscales estimées à 1 600 000 euros sur quarante ans, réparties entre la commune, l’intercommunalité et le département.
Les brebis entretiennent le couvert végétal sous et entre les rangées de panneaux, ce qui limite les opérations de fauche mécanique, tout en maintenant une activité agricole sur le site.
En résumé — 11 MWc sur une carrière fermée depuis quinze ans, avec des brebis sous les panneaux et une visite ouverte aux habitants : le projet coche les critères qui rendent aujourd’hui un parc au sol acceptable en France. Le point le plus remarquable reste le délai — cinq ans de l’idée à la production, là où la moyenne du secteur dépasse souvent six ans.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
Saisissez le code reçu par SMS :
Entrez le code de validation envoyé sur votre mobile pour finaliser votre demande.