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Batteries sodium-ion : la Corée du Sud en fait sa priorité pour reconquérir le marché mondial

Par Aurélien CHAPUIS 4 min de lecture Partager
Batteries sodium-ion : la Corée du Sud en fait sa priorité pour reconquérir le marché mondial

La Corée du Sud a choisi le sodium-ion pour revenir dans la course mondiale aux batteries : sa nouvelle feuille de route nationale, publiée le 22 septembre, en fait une priorité pour le stockage d’énergie et les véhicules électriques à bas coût, tandis que les batteries tout solide visent les usages haut de gamme.

En bref

  • Le sodium-ion devient la priorité sud-coréenne pour le stockage stationnaire et les véhicules électriques à bas coût.
  • Objectif de densité énergétique : 160 Wh/kg d’ici 2027, puis 220 Wh/kg d’ici 2030, avec une commercialisation complète en 2030.
  • LG Energy Solution, Samsung SDI et SK On sont associés au plan, aux côtés des grands fournisseurs de matériaux.
  • Un programme public de recherche d’environ 400 milliards de wons est prévu sur 2027-2031, et les industriels annoncent environ 8 000 milliards de wons d’investissements entre 2026 et 2030.
  • Les batteries tout solide visent 400 Wh/kg en 2028 et une commercialisation en 2030.

Une stratégie de « sélection et de concentration »

Le ministère sud-coréen affiche une ambition claire : les « batteries coréennes » doivent reprendre la première place mondiale. Pour y parvenir, il mise sur une stratégie de « sélection et de concentration » autour de deux technologies, le sodium-ion et le tout solide.

La référence est chinoise : CATL a lancé sa première batterie sodium-ion à 160 Wh/kg dès 2021 et a depuis amélioré cette technologie. L’objectif coréen pour 2027 revient donc à atteindre le niveau que le leader chinois affichait il y a six ans.

Faire coopérer des concurrents

Le gouvernement veut que les trois fabricants de cellules coopèrent dans les domaines qu’il juge non concurrentiels : dimensions des batteries, spécifications de composants comme les collecteurs de courant. Il propose aussi des projets où les fournisseurs de matériaux développent des produits répondant à un objectif de prix et de performances donné, que les fabricants de cellules testent puis achètent.

Un crédit d’impôt à la production doit en outre être instauré à partir de 2027, pour rapprocher fabricants de cellules et fournisseurs de matériaux.

Le sodium-ion pour revenir sur le marché du stockage

Ce choix vise précisément le terrain perdu par les industriels sud-coréens. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le phosphate de fer et de lithium (LFP) représente désormais environ 90 % des déploiements de batteries de stockage dans le monde. Les fabricants chinois dominent la production de cellules et de matériaux LFP, alors que la Corée du Sud s’est surtout concentrée sur des cellules lithium-ion à forte teneur en nickel pour les véhicules électriques.

Le sodium-ion pourrait ouvrir aux entreprises sud-coréennes un marché où le faible coût compte davantage que la densité énergétique maximale, même si cette technologie reste aujourd’hui plus chère.

Batteries sodium-ion : la Corée du Sud en fait sa priorité pour reconquérir le marché mondial

Les montants annoncés

La feuille de route prévoit un programme de recherche d’un coût total d’environ 400 milliards de wons sur 2027-2031, soit un peu moins de 300 millions de dollars selon ESS News. Le ministère indique par ailleurs que les entreprises prévoient d’investir environ 8 000 milliards de wons dans la recherche et les installations de production entre 2026 et 2030. Il n’a pas précisé quelle part de ces montants irait au sodium-ion.

Les batteries tout solide, l’autre pari

Le tout solide constitue le second grand pari de la feuille de route. Un prototype est attendu en 2027, une batterie de 400 Wh/kg en 2028 et une commercialisation en 2030. Les débouchés visés : les « véhicules électriques hautes performances, les robots et les drones, ainsi que la mobilité aérienne urbaine ».

Le ministère présente le prototype de 2027 comme une « première mondiale », sans expliquer ce qui le distinguerait des prototypes de batteries tout solide déjà développés ailleurs. L’objectif de 400 Wh/kg reste donc l’indicateur à surveiller.

Questions fréquentes

Pourquoi la Corée du Sud mise-t-elle sur le sodium-ion ?

Parce que les fabricants sud-coréens ont perdu du terrain sur le stockage stationnaire, dominé par les batteries LFP produites en Chine. Le sodium-ion leur offre une porte d’entrée sur un marché où le coût compte plus que la densité énergétique.

Quels objectifs de performance fixe la feuille de route sud-coréenne ?

Pour le sodium-ion, 160 Wh/kg d’ici 2027 puis 220 Wh/kg d’ici 2030. Pour les batteries tout solide, 400 Wh/kg en 2028, avec une commercialisation des deux technologies visée en 2030.

Les batteries sodium-ion sont-elles moins chères que les batteries lithium ?

Pas encore. La technologie sodium-ion reste aujourd’hui plus chère, mais elle vise des usages, comme le stockage d’énergie, où le faible coût compte davantage que la densité énergétique maximale.

En résumé

Avec sa feuille de route du 22 septembre, la Corée du Sud réoriente son industrie des batteries vers le sodium-ion pour le stockage et les véhicules à bas coût, et vers le tout solide pour les usages haut de gamme. Objectifs chiffrés, coopération imposée entre LG Energy Solution, Samsung SDI et SK On, crédit d’impôt à la production : Séoul veut reprendre la première place mondiale face aux fabricants chinois, avec 2030 comme horizon de commercialisation.

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