JA lance en Europe deux systèmes de stockage destinés aux sites commerciaux et industriels : JAPlanet Fusion, une solution hybride couplée en courant continu associant onduleur, batterie de 261 kWh et fonction de secours, et JAPlanet 2.0, un système couplé en courant alternatif de même capacité. Le premier vise particulièrement le repowering d’installations solaires existantes sans augmenter la puissance injectée sur le réseau.
L’intérêt technique du premier système tient à un point précis. En couplage courant continu, les panneaux supplémentaires et la batterie sont raccordés en amont de l’onduleur ; la puissance de sortie en courant alternatif reste donc plafonnée à celle autorisée par le gestionnaire de réseau, quelle que soit la puissance photovoltaïque ajoutée en entrée.
Pour un site qui dispose déjà d’un raccordement, cela change tout : on peut porter la puissance installée jusqu’à 250 kWc et ajouter 261 kWh de stockage sans redemander de capacité d’injection — donc sans repasser par une procédure auprès d’Enedis, dont les délais constituent aujourd’hui le principal frein aux projets de ce type. Le surplus produit aux heures de pointe, qui serait sinon écrêté par la limite d’injection, alimente la batterie.
Le dispositif réunit onduleur, batterie et fonction de secours dans un ensemble coordonné, ce qui réduit le nombre d’interfaces et de câblages, diminue l’encombrement et limite les risques d’incompatibilité entre équipements de fournisseurs différents. L’architecture est modulaire : jusqu’à dix unités en parallèle pour les applications raccordées au réseau, six en mode îloté.
« Partout en Europe, il existe une opportunité croissante de moderniser des actifs solaires vieillissants grâce à des technologies plus puissantes, mais les contraintes du réseau peuvent rendre l’augmentation de la production complexe et longue », explique Ignacio Espinosa Gil, responsable de l’équipe technique européenne. « Dans le même temps, les entreprises recherchent un meilleur contrôle de leur consommation d’énergie, ainsi qu’une plus grande résilience face aux interruptions du réseau. »
Le second système, à couplage courant alternatif, représente la nouvelle génération de l’offre de stockage pour ce segment. D’une capacité identique de 261 kWh, il annonce un rendement aller-retour supérieur à 90 %, une gestion thermique revue et des capacités d’exploitation et de maintenance améliorées.
Le maintien des deux architectures en catalogue répond à des usages différents : le couplage AC s’ajoute à une installation existante sans toucher à sa partie continue, tandis que le couplage DC est plus pertinent lorsqu’on veut simultanément augmenter la puissance photovoltaïque et stocker, sous une limite d’injection inchangée. Les enjeux de flexibilité que couvrent ces équipements sont documentés par l’ADEME.

En couplage DC, la batterie est raccordée côté courant continu, en amont de l’onduleur qu’elle partage avec les panneaux. En couplage AC, elle dispose de son propre convertisseur et se branche côté courant alternatif. Le couplage DC limite les conversions successives et permet d’ajouter du photovoltaïque sans augmenter la puissance injectée.
Parce que la puissance de sortie en courant alternatif reste dans la limite autorisée sur le site : on peut porter la puissance photovoltaïque jusqu’à 250 kWc sans demander une augmentation de la capacité d’injection au gestionnaire de réseau, démarche longue et incertaine.
261 kWh pour les deux systèmes. Le modèle hybride affiche une puissance nominale de 125 kW avec un onduleur de 125 kVA à 10 MPPT ; le modèle à couplage AC annonce un rendement aller-retour supérieur à 90 %.
Jusqu’à dix unités en parallèle pour les applications raccordées au réseau, et jusqu’à six en fonctionnement hors réseau, ce qui permet d’ajuster la capacité aux besoins du projet.
En résumé — l’argument commercial porte sur les spécifications, mais l’intérêt réel de ces produits tient au contexte : quand obtenir davantage de capacité d’injection prend des mois voire des années, exploiter mieux un raccordement existant devient la voie la plus rapide. Le couplage DC n’est pas une nouveauté technique, c’est une réponse à un goulot d’étranglement administratif.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
Saisissez le code reçu par SMS :
Entrez le code de validation envoyé sur votre mobile pour finaliser votre demande.