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Solaire avec batteries : l’État autorise 25 MW installés, à condition de ne pas injecter plus de 17 MW

Par Aurélien CHAPUIS 4 min de lecture Partager
Solaire avec batteries : l’État autorise 25 MW installés, à condition de ne pas injecter plus de 17 MW

Oui, une centrale solaire couplée à une batterie pourra bientôt afficher jusqu’à 25 MW de puissance installée, au lieu de 17 MW aujourd’hui, à une seule condition : ne jamais envoyer plus de 17 MW sur le réseau. Cette dérogation, attendue d’ici fin 2026, fait partie de la deuxième phase du plan d’électrification présentée par la ministre Maud Bregeon, centrée sur la flexibilité de la consommation.

En bref

  • Les projets solaires hybridés avec du stockage pourront monter à 25 MW installés, contre 17 MW actuellement, sans dépasser 17 MW d’injection.
  • Dès 2027, les aides aux pompes à chaleur seront réservées aux appareils pilotables, pour un gain annoncé de 150 à 200 euros par an et par ménage.
  • Les nouvelles bornes de recharge devraient être pilotées par défaut, avec 70 à 100 euros d’économies par an évoqués.
  • EDF OA va tester des produits à terme qui suivent la « cloche solaire » de production.
  • EDF, Neoen, NW, Octopus Energy France et le Gimelec prennent des engagements chiffrés de flexibilité d’ici 2030.

Une marge de 8 MW pour stocker plutôt qu’écrêter

Le principe est simple : derrière un même point de raccordement limité à 17 MW, le producteur pourra poser jusqu’à 25 MW de panneaux et de batteries. Le surplus produit à la mi-journée ne sera plus perdu ni bridé : il ira dans le stockage, puis sera restitué plus tard, quand la production solaire baisse. Pour le réseau, rien ne change au point d’injection, mais l’énergie valorisée par MW raccordé augmente.

Cette mesure vise d’abord les centrales au sol et les grandes toitures. Pour un particulier, l’intérêt d’une batterie se raisonne autrement, comme l’explique notre guide sur la batterie pour panneaux solaires. Les porteurs de projet devront, eux, intégrer cette nouvelle règle à leurs démarches de raccordement.

Le pilotage devient la règle dans les logements

Pompes à chaleur et bornes de recharge

Le gouvernement juge que le chauffage, l’eau chaude et la recharge des voitures électriques sont des gisements de flexibilité encore mal exploités chez les particuliers. Il compte donc lier les aides aux pompes à chaleur, à partir de 2027, à leur capacité à être commandées à distance. Pour les bornes, l’idée est de travailler avec les professionnels pour que la recharge soit programmée automatiquement en heures creuses dès la pose, via le compteur Linky ou une connexion dédiée.

Linky mieux exploité

Le compteur communicant sert déjà à déclencher le ballon d’eau chaude, mais ses autres fonctions restent peu utilisées. L’État souhaite qu’il devienne une brique centrale de la gestion de l’énergie à la maison. Dans l’industrie, les systèmes de comptage devront aussi intégrer des exigences de flexibilité.

Solaire avec batteries : l’État autorise 25 MW installés, à condition de ne pas injecter plus de 17 MW

Vendre l’électricité solaire au bon moment

Dans la lignée de travaux déjà évoqués par la Commission de régulation de l’énergie, EDF Obligation d’Achat va expérimenter des produits à terme calqués sur la courbe réelle du photovoltaïque, qui grimpe vers midi et retombe en fin d’après-midi. L’objectif : faire naître des offres de fourniture qui poussent les consommateurs à décaler leurs usages vers les heures ensoleillées, quand le courant coûte moins cher.

Ce que promettent les industriels d’ici 2030

  • Gimelec : 6 GW de flexibilité dans le tertiaire, en contribuant à équiper la moitié du parc existant en systèmes de pilotage.
  • EDF : piloter les équipements les plus gourmands de cinq millions de clients (chauffage, eau chaude, pompes à chaleur, mobilité électrique) via son application EDF & Moi.
  • Neoen : 1 GW de capacités de flexibilité.
  • NW : un milliard d’euros pour ajouter 1,5 GW à sa plateforme d’opérateur de flexibilité, qu’il veut ouvrir aux particuliers comme aux industriels.
  • Octopus Energy France : 1,5 million d’équipements pilotés, soit 5 à 6 GW mobilisables, avec 100 millions d’euros de gains reversés aux ménages, 15 000 pompes à chaleur pilotées déployées et jusqu’à 150 M€ pour une usine de pompes à chaleur si les volumes suivent.

Le détail des mesures est repris notamment par Enerzine.

Questions fréquentes

Que change la dérogation de 25 MW pour les centrales solaires avec batterie ?

Elle permet d’installer jusqu’à 25 MW de puissance derrière un raccordement plafonné à 17 MW d’injection. Le surplus est stocké dans la batterie au lieu d’être perdu, ce qui améliore la rentabilité du projet sans charger davantage le réseau.

Les particuliers équipés de panneaux solaires sont-ils concernés ?

Pas par la dérogation, qui vise des installations de plusieurs mégawatts. En revanche, les mesures sur le pilotage des pompes à chaleur, des bornes et du compteur Linky touchent directement les foyers. Pour mesurer l’intérêt de l’autoconsommation, le simulateur de panneaux solaires donne une première estimation.

Faudra-t-il une pompe à chaleur pilotable pour toucher les aides ?

C’est ce que prévoit le gouvernement à partir de 2027 : les aides seraient conditionnées à la capacité de l’appareil à être piloté, avec 150 à 200 euros d’économies annuelles annoncées pour les ménages concernés.

En résumé

Avec cette deuxième phase du plan d’électrification, l’État mise sur la flexibilité : plus de puissance autorisée pour les centrales solaires équipées de batteries, pilotage par défaut des pompes à chaleur et des bornes, meilleur usage de Linky et produits de marché adaptés au profil solaire. Les grands acteurs de l’énergie ont chiffré leurs engagements pour 2030 ; reste à voir le calendrier réglementaire qui rendra ces annonces effectives.

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