Skydôme réunit lumière naturelle, désenfumage et panneaux solaires sur les toits des entrepôts
Skydôme, marque du groupe Kingspan, propose de remplacer les lanterneaux de désenfumage des entrepôts par de longues voûtes translucides qui laissent entrer la lumière, évacuent les fumées en cas d’incendie et dégagent davantage de toiture pour le photovoltaïque. Le fabricant présente ce produit comme le seul en France à combiner ces trois fonctions, et un premier chantier logistique l’utilise déjà dans le Val-d’Oise.
En bref
- Skydôme (groupe Kingspan) lance une voûte d’éclairage naturel qui intègre l’exutoire de fumées, destinée notamment aux toitures logistiques neuves.
- Moins d’équipements, mais plus longs : la surface de toit libre pour les panneaux augmente, jusqu’à 40 % de capacité solaire en plus selon le fabricant.
- Premier client : Marq Logistics, sur son parc de Saint-Witz, deux bâtiments dont la fin de chantier est attendue fin 2026.
- Sur ce site, la place réservée au photovoltaïque gagne environ 20 % par rapport à un entrepôt classique.
- Le contexte : la loi APER pousse à solariser la moitié des toits des grands bâtiments non résidentiels.
Pourquoi les toits d’entrepôts manquent de place
Sur une plateforme logistique, la toiture n’est pas une surface vierge. Les lanterneaux, ces petites ouvertures réparties sur tout le toit, assurent à la fois l’apport de jour et l’évacuation des fumées exigée par la sécurité incendie. Chacun impose un périmètre libre autour de lui, ce qui morcelle le toit et complique la pose de rangées de modules continues.
Or la pression réglementaire monte. D’après le texte d’origine, la loi relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables (APER) imposera d’ici 2027 de couvrir de panneaux 50 % de la toiture des bâtiments non résidentiels de plus de 500 m². Chaque mètre carré disponible pèse donc dans le calcul, comme le rappelle notre guide des démarches administratives pour les panneaux solaires.
Une voûte qui fait trois métiers
Le principe de Skydôme tient en un regroupement. Au lieu de disperser de nombreux lanterneaux, le fabricant installe des voûtes d’éclairage naturel moins nombreuses mais plus longues, dans lesquelles le dispositif d’exutoire de fumées est intégré. La toiture se retrouve organisée en bandes nettes : d’un côté la lumière et le désenfumage, de l’autre des zones dégagées où les installateurs peuvent aligner les panneaux.
Le gain annoncé par Skydôme atteint jusqu’à 40 % de capacité photovoltaïque supplémentaire par rapport à un toit équipé de lanterneaux de désenfumage standards. Il s’agit d’un maximum revendiqué par le fabricant, qui dépendra de la forme du bâtiment et du nombre d’exutoires requis.
Pour quels bâtiments ?
La solution vise d’abord les toitures logistiques neuves, où la disposition des voûtes peut être prévue dès la conception. Elle n’est pas présentée comme réservée à ce seul usage.
Premier chantier à Saint-Witz
Marq Logistics inaugure le dispositif sur son parc de Saint-Witz, au nord de Paris. Le site compte deux bâtiments : l’un de près de 37 000 m² de surfaces logistiques modulables, l’autre de plus de 11 000 m² mêlant logistique et bureaux. L’achèvement est prévu fin 2026.

Grâce aux voûtes, la surface affectée au photovoltaïque y progresse d’environ 20 % par rapport à un entrepôt conventionnel. Skydôme chiffre la puissance installée à 6 MWc, soit selon lui la consommation annuelle moyenne de 3 000 à 4 000 foyers, chauffage exclu. Le bureau d’études IDEC, qui présente le même projet, évoque de son côté une puissance cumulée en toiture de plus de 6,7 MWc. L’écart entre les deux chiffres n’est pas expliqué.
On note aussi que le gain mesuré sur ce chantier (environ 20 %) reste inférieur au plafond de 40 % mis en avant dans la présentation commerciale.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un lanterneau de désenfumage ?
C’est une ouverture en toiture qui laisse entrer la lumière du jour et s’ouvre en cas d’incendie pour évacuer fumées et chaleur. Les grands bâtiments en comptent souvent beaucoup, répartis sur toute la surface du toit.
Comment la voûte Skydôme libère-t-elle de la place pour le solaire ?
Elle remplace une multitude de petits lanterneaux par quelques voûtes longues qui intègrent l’exutoire de fumées. Le toit est moins fragmenté, ce qui laisse des surfaces continues pour poser les modules photovoltaïques.
Quel gain de puissance solaire peut-on attendre ?
Skydôme annonce jusqu’à 40 % de capacité en plus face à des lanterneaux standards. Sur le parc logistique de Saint-Witz, premier site équipé, la surface dédiée aux panneaux a augmenté d’environ 20 %.
Quels bâtiments sont concernés par l’obligation de solarisation ?
Selon le texte source, la loi APER vise les bâtiments non résidentiels de plus de 500 m², avec un objectif de 50 % de toiture solarisée d’ici 2027. Pour les sujets d’efficacité et d’énergie dans le bâtiment, l’ADEME publie des ressources de référence.
En résumé
En fusionnant éclairage zénithal, désenfumage et place pour le photovoltaïque, Skydôme s’attaque à un vrai casse-tête des toits d’entrepôts au moment où la loi APER impose de les solariser. Le premier retour, à Saint-Witz, montre un gain d’environ 20 % de surface pour les panneaux, loin du maximum de 40 % affiché mais suffisant pour peser sur la rentabilité d’un grand bâtiment logistique.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
Aurélien CHAPUIS
21/10/2026 à 9h55On oblige les entrepôts à se couvrir de panneaux, et c'est un industriel qui doit redessiner les ouvertures du toit pour que ce soit faisable.
La loi APER vise la moitié des grandes toitures non résidentielles en solaire. Très bien sur le papier. Sauf qu'un toit d'entrepôt est parsemé d'exutoires de fumée, et que l'État, à mes yeux, a fixé l'objectif sans se soucier de ce que ces contraintes de sécurité laissent réellement comme place.
Résultat : ce sont les fabricants qui inventent les solutions pour rendre applicable une loi pensée loin du chantier.
C'est toute la méthode française : on vote un pourcentage, et on laisse les autres découvrir les obstacles.
Combien de toitures seront hors des clous en 2027 simplement parce que personne, côté État, n'a voulu regarder un toit d'entrepôt de près ?