Seconde vie des batteries lithium : VoltR lève 22 millions d’euros pour son usine en Anjou
VoltR, spécialiste français de la remanufacture des batteries au lithium, sécurise 22 millions d’euros pour passer à l’échelle industrielle : 16 millions d’euros de fonds propres apportés par le Fonds SPI 2 de Bpifrance et par Decathlon PULSE, complétés par 6 millions d’euros de subventions du programme Première Usine. L’entreprise veut doubler la surface de son usine de Verrières-en-Anjou (Maine-et-Loire) et multiplier par six sa capacité de production en deux ans.
En bref
- Montant total : 22 millions d’euros, dont 16 millions en fonds propres et 6 millions de subventions.
- Investisseurs : le Fonds SPI 2, géré par Bpifrance pour l’État dans le cadre de France 2030, et Decathlon PULSE.
- Subventions obtenues dans le cadre du programme Première Usine.
- Objectif : doubler la surface de l’usine de Verrières-en-Anjou et multiplier par six la production en deux ans.
- Une quarantaine d’emplois prévus, soit un doublement des effectifs.
- Plus de 20 000 batteries remanufacturées déjà mises sur le marché selon l’entreprise.
Un tour de table entre l’État et un industriel du sport
La levée associe deux profils d’investisseurs. D’un côté, le Fonds SPI 2 (Société de projets industriels), géré par Bpifrance pour le compte de l’État dans le cadre de France 2030. De l’autre, Decathlon PULSE, la structure d’investissement et d’innovation de Decathlon, dédiée à la création de nouveaux moteurs de croissance.
Pour le Fonds SPI, ce dossier complète une stratégie déjà engagée sur la batterie. Son directeur, Jean-Philippe Richard, explique qu’après « la production de batteries neuves et le recyclage », le fonds complète « aujourd’hui la chaîne de valeur en offrant une seconde vie aux batteries ».
La remanufacture, entre réemploi et recyclage
La remanufacture consiste à récupérer des batteries en fin de première vie, à diagnostiquer leurs cellules une à une, puis à réutiliser celles qui restent en bon état pour fabriquer de nouvelles batteries. VoltR a intégré toute la chaîne : collecte des batteries usagées, diagnostic des cellules et production de batteries neuves.
L’intérêt est double. La remanufacture limite le recours à des cellules neuves, dans une chaîne d’approvisionnement encore très dépendante des importations. Elle exploite aussi les ressources et l’énergie déjà mobilisées pour produire ces cellules, avant que le recyclage de la matière ne prenne le relais lorsque la réutilisation n’est plus possible.
« Une cellule lithium qui a terminé sa première vie n’a pas nécessairement terminé sa vie industrielle », résume Maxime Bleskine, directeur général de VoltR.
À quoi servira l’argent
Les fonds doivent financer :

- l’agrandissement et la montée en capacité de l’usine ;
- l’industrialisation et l’automatisation des procédés de production ;
- le développement des technologies de diagnostic et de réaffectation des cellules ;
- la construction d’un site de stockage classé ICPE (installation classée pour la protection de l’environnement).
Un enjeu pour toute la filière du stockage
L’électrification des usages fait grimper les besoins en batteries lithium, et donc le volume de batteries qui arrivent en fin de première vie. Pour la filière solaire, où le stockage prend une place croissante, la question de ce que deviennent les batteries usagées n’est plus théorique.
Le cadre européen pousse dans ce sens : le règlement européen relatif aux batteries, présenté sur le site de la Commission européenne, encadre la collecte, le réemploi et le recyclage des batteries. L’ADEME publie de son côté des ressources sur l’économie circulaire et la gestion des déchets.
Bpifrance, Decathlon PULSE et VoltR défendent la même idée : faire émerger en Europe une chaîne de valeur circulaire complète, de la collecte au recyclage, en passant par le stockage, le diagnostic, la remanufacture et la production.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la remanufacture d’une batterie lithium ?
La remanufacture d’une batterie lithium consiste à démonter une batterie en fin de première vie, à tester chacune de ses cellules, puis à réutiliser les cellules encore en bon état pour fabriquer une nouvelle batterie. Elle intervient avant le recyclage de la matière.
Combien VoltR a-t-il levé et auprès de qui ?
VoltR a sécurisé 22 millions d’euros : 16 millions d’euros de fonds propres apportés par le Fonds SPI 2 de Bpifrance, dans le cadre de France 2030, et par Decathlon PULSE, plus 6 millions d’euros de subventions du programme Première Usine.
Où se trouve l’usine de VoltR ?
L’usine de VoltR est située à Verrières-en-Anjou, dans le Maine-et-Loire. L’entreprise prévoit d’en doubler la surface et de multiplier par six sa capacité de production en deux ans.
La remanufacture remplace-t-elle le recyclage des batteries ?
Non. La remanufacture ajoute une étape de valorisation avant le recyclage. Une fois que les cellules ne peuvent plus être réutilisées, la matière doit toujours être recyclée.
En résumé
Avec 22 millions d’euros réunis entre fonds publics, investisseur industriel et subventions, VoltR veut prouver à grande échelle qu’une batterie lithium usagée peut redevenir une ressource. L’usine de Verrières-en-Anjou doit doubler de surface, la production être multipliée par six et une quarantaine d’emplois être créés en deux ans.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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