Actualités de l'industrie solaire photovoltaïque

Rapport du PNUE 2026 : la limite de 1,5 °C sera dépassée, le monde file vers +2,6 °C

Par Aurélien CHAPUIS 5 min de lecture Partager
Rapport du PNUE 2026 : la limite de 1,5 °C sera dépassée, le monde file vers +2,6 °C

Oui, la limite de 1,5 °C de l’accord de Paris sera franchie : le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) l’écrit noir sur blanc dans son rapport annuel sur l’écart entre les émissions et les objectifs, publié ce mercredi. Même si chaque État tient ses promesses, la planète se dirige vers un réchauffement de 2,6 °C en 2100. Le solaire, lui, progresse bien plus vite qu’annoncé, mais la sortie des énergies fossiles reste au point mort.

En bref

  • Avec les engagements nationaux tenus, le réchauffement atteindrait 2,6 °C d’ici 2100 ; avec les seules politiques en vigueur, 2,8 °C.
  • L’édition 2025 tablait sur 2,3 à 2,5 °C, avant de prendre en compte le retrait des États-Unis de l’accord de Paris et la révision des émissions passées.
  • Le charbon, le pétrole et le gaz ont émis des volumes « à des niveaux records » en 2025.
  • Le meilleur scénario du PNUE prévoit un pic à 1,7-1,8 °C, puis un retour sous 1,5 °C en 2100, à condition de réduire les émissions de 18 % dès 2030.
  • Les capacités renouvelables ont crû trois fois plus vite que prévu et le déploiement du photovoltaïque a été multiplié par sept, selon une rédactrice du rapport.
  • La COP31 se tient en Turquie du 9 au 20 novembre.

Deux trajectoires, toutes deux au-dessus de 2 °C

Le PNUE distingue deux hypothèses. Dans la première, les pays appliquent réellement les réductions de gaz à effet de serre qu’ils ont promises : la hausse des températures se stabiliserait autour de 2,6 °C à la fin du siècle. Dans la seconde, on s’en tient aux politiques déjà adoptées, sans compter sur les objectifs affichés : l’addition monte à 2,8 °C.

Le diagnostic s’est durci en un an. L’agence onusienne situait encore la trajectoire mondiale entre 2,3 et 2,5 °C dans son précédent rapport. Deux éléments ont depuis pesé dans le calcul : la sortie des États-Unis de l’accord de Paris et une mise à jour des estimations d’émissions historiques. Le rapport complet est disponible sur le site du PNUE.

Les fossiles toujours au sommet

Côté émissions, rien ne fléchit pour les combustibles fossiles, qui restaient « à des niveaux records » en 2025 d’après l’ONU. Les données provisoires pour les six plus gros émetteurs dessinent deux camps : hausse aux États-Unis, en Chine et en Indonésie, baisse dans l’Union européenne, en Inde et en Russie. Selon le PNUE, les économies du G20 pèsent à elles seules les trois quarts des émissions mondiales.

Des responsables qui parlent d’échec

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, estime que le monde est « dangereusement loin du compte » et qu’il « ne peut plus éviter de dépasser la limite de 1,5°C », soit le seuil le plus ambitieux fixé à Paris en 2015. Il juge que « les conséquences sont déjà dévastatrices », sans que cela « signifie pour autant qu’il faille baisser les bras ».

Le rapport lui-même considère que la possibilité de rester sous 1,5 °C « a disparu », conséquence de « décennies d’action climatique insuffisante ». Mohamed Adow, qui dirige l’organisation Power Shift Africa, parle quant à lui d’« un échec historique du leadership politique » et accuse : « les gouvernements ont préféré tergiverser plutôt que d’agir ».

Pour Inger Andersen, directrice exécutive du PNUE, « le moment décisif – celui où tout se joue – est arrivé ; c’est maintenant, et non plus tard », car « la fenêtre d’opportunité est en train de se refermer ».

Le scénario le plus favorable exige un virage immédiat

Le PNUE décrit une voie étroite pour limiter les dégâts. Le réchauffement plafonnerait entre 1,7 et 1,8 °C avant de redescendre sous 1,5 °C à l’horizon 2100. Pour l’emprunter, il faudrait que les émissions mondiales reculent, par rapport à leur niveau de 2025, de 18 % en 2030, de 45 % en 2035 et de 69 % en 2040.

Rapport du PNUE 2026 : la limite de 1,5 °C sera dépassée, le monde file vers +2,6 °C

L’écart avec les engagements actuels est béant : ceux-ci ne promettent qu’une baisse de 5 à 8 % en 2030 et de 11 à 15 % en 2035.

Le solaire, bon élève d’une classe en retard

Anne Olhoff, l’une des autrices du rapport, souligne que tout n’est pas sombre : les capacités renouvelables installées dans le monde ont augmenté trois fois plus vite que ce qui était anticipé, et le photovoltaïque a vu son déploiement multiplié par sept. Elle demande aux États d’« amplifier » ces progrès et d’« accélérer la dynamique » de « manière significative ». Mais sur l’abandon progressif des énergies fossiles, son constat est sans appel : « nous ne constatons aucun progrès à la hauteur des exigences ».

Autrement dit, ajouter des panneaux ne suffit pas si les centrales à charbon et à gaz continuent de tourner à côté. Pour un particulier, produire sa propre électricité reste l’un des leviers les plus concrets : le simulateur de production solaire donne une première estimation pour son toit, et notre guide sur la rentabilité des panneaux solaires aide à chiffrer le retour sur investissement.

Questions fréquentes

Quel réchauffement le PNUE prévoit-il pour 2100 ?

Dans son rapport 2026, le PNUE estime le réchauffement à 2,6 °C d’ici 2100 si les pays tiennent leurs engagements climatiques, et à 2,8 °C s’ils se contentent des politiques déjà en place.

La limite de 1,5 °C est-elle définitivement perdue ?

Le PNUE juge que le dépassement de 1,5 °C ne peut plus être évité. Son meilleur scénario prévoit toutefois un pic entre 1,7 et 1,8 °C suivi d’un retour sous 1,5 °C en 2100, à condition de réduire les émissions mondiales de 18 % d’ici 2030 et de 69 % d’ici 2040 par rapport à 2025.

Pourquoi les prévisions sont-elles plus pessimistes qu’en 2025 ?

Le rapport 2025 situait la trajectoire entre 2,3 et 2,5 °C. L’édition 2026 intègre le retrait des États-Unis de l’accord de Paris et une révision des estimations d’émissions passées, ce qui relève la projection.

Quel rôle joue le solaire dans ce rapport ?

Selon Anne Olhoff, coautrice du rapport, le déploiement du photovoltaïque a été multiplié par sept et les renouvelables progressent trois fois plus vite que prévu. Mais faute de recul des énergies fossiles, cette croissance ne suffit pas à infléchir la trajectoire.

En résumé

Le rapport 2026 du PNUE acte le dépassement inévitable de 1,5 °C et projette un monde à +2,6 °C en 2100 même si les promesses sont tenues. Les émissions fossiles battent des records, tandis que le solaire et les renouvelables avancent plus vite que prévu. La COP31, du 9 au 20 novembre en Turquie, dira si les États sont prêts à combler un écart que l’ONU qualifie d’échec collectif.

Espace d'échanges et avis

  • Soyez le premier à partager votre expérience ou à poser une question.
La parole est à vous !

Vérification SMS

Entrez le code de validation envoyé sur votre mobile pour finaliser votre demande.