PvPilot : un EMS universel pour piloter l’autoconsommation solaire
PvPilot est un système de gestion de l’énergie (EMS) domestique développé à Saint-Orens-de-Gameville, près de Toulouse : un module au format clé USB, associé à des relais Shelly posés dans le tableau électrique, qui envoie en temps réel le surplus des panneaux solaires vers le chauffe-eau, la pompe à chaleur, la pompe de piscine, la batterie ou la borne de recharge. Vendu par l’intermédiaire des installateurs, il se veut compatible avec le matériel de toutes les marques, au moment où un EMS conditionne aussi l’accès à la TVA à 5,5 % sur les petites installations résidentielles.
En bref
- Ce que c’est : un EMS résidentiel au format clé USB, qui mesure production et consommation, puis commande les appareils par des relais Shelly.
- Ce qu’il pilote : chauffe-eau, pompe à chaleur, pompe de piscine, batterie raccordée côté courant alternatif et recharge du véhicule électrique.
- Pour qui : il est distribué en « BtoBtoC », par les installateurs, qui suivent leurs clients depuis une plateforme dédiée. Aucun tarif public n’est affiché.
- Où en est l’entreprise : plus de 500 installations revendiquées en février 2026, pour un objectif de 3 000 foyers équipés d’ici la fin de l’année.
- Enjeu fiscal : depuis le 1er octobre 2025, la TVA à 5,5 % sur une installation de 9 kWc au plus exige notamment un système qui pilote en continu au moins deux usages électriques.
Comment fonctionne PvPilot ?
Le boîtier tient dans une clé USB, branchée sur un appareil de la maison qui reste allumé, une box internet ou un téléviseur par exemple. Au premier démarrage, il diffuse son propre réseau Wi-Fi pour être configuré, et l’éditeur annonce une mise en service en quelques minutes.
La mesure repose sur des tores, des capteurs de courant placés sur les câbles de production et de consommation. La commande passe par des modules Shelly installés dans le tableau électrique : chaque appareil piloté est raccordé à un contact de relais, et le nombre de modules dépend du nombre d’équipements à gérer. Le logiciel, arrivé à sa quatrième version début 2026, compare en permanence ce que produisent les panneaux et ce que consomme la maison, puis décide quel appareil mettre en marche avec l’excédent.
Quels équipements PvPilot peut-il piloter ?
PvPilot vise les gros consommateurs d’un logement : ballon d’eau chaude, pompe à chaleur, pompe de piscine, batterie domestique et borne de recharge. Pour le stockage, il gère d’après son site les batteries raccordées côté courant alternatif (couplage AC), sans passerelle supplémentaire.
Son argument principal est l’ouverture. « La grande force de notre plateforme est qu’elle est compatible avec tous les types de matériels », affirme Florian Lizon, son dirigeant, cité par pv magazine France. Pour un installateur, cela veut dire garder l’onduleur, la batterie ou la borne de son choix, au lieu de se plier à l’écosystème fermé d’un fabricant. Cette compatibilité reste une promesse de l’éditeur : avant de le proposer sur un chantier, mieux vaut vérifier la liste des intégrations publiée sur le site de PvPilot pour le matériel déjà en place.
Automatique ou manuel : qui décide de la répartition du surplus ?
Deux modes coexistent. En automatique, l’EMS choisit seul quels appareils lancer et quand, selon la production disponible, la puissance de chaque équipement, la saison et le lieu. En manuel, l’occupant fixe lui-même la part de production solaire réservée à chaque appareil, et il peut reprendre la main à tout moment.
Le client suit ses données dans une application. Pour Florian Lizon, cette visibilité suffit déjà à faire évoluer les habitudes : « C’est presque un jeu », dit-il, en s’appuyant sur une étude du CNRS selon laquelle le simple fait de voir ses données ferait progresser l’autoconsommation d’environ 15 %. Ce chiffre est celui avancé par l’entreprise, qui ne détaille pas l’étude.
L’exemple de la pompe de piscine
Le cas présenté par l’entreprise montre l’intérêt d’associer pilotage et stockage. Une pompe de piscine de 1 000 W ne peut pas démarrer avec seulement 500 W d’excédent. PvPilot commence donc par charger la batterie avec ces 500 W pendant une heure. Une fois 0,5 kWh en réserve, il lance la pompe : la moitié de sa puissance vient des panneaux, l’autre moitié de la batterie. La pompe tourne alors entièrement à l’énergie solaire, sans rien prélever sur le réseau, même avec une batterie de petite capacité. Pour savoir quand une batterie se justifie et comment la dimensionner, voir notre guide de la batterie pour panneaux solaires.
Un outil pensé pour les installateurs
PvPilot passe par les installateurs photovoltaïques, qui le proposent à leurs clients. L’entreprise parle d’un prix « très concurrentiel » mais n’affiche aucun tarif : le montant se lit donc dans le devis de l’installateur. En février 2026, elle revendiquait plus de 500 installations en service et visait 3 000 foyers équipés d’ici la fin de l’année.

Côté professionnel, une plateforme réunit le suivi de tous les clients équipés : mesures en temps réel, gestion centralisée et alertes. L’idée est de garder le contact après la pose et de revenir vers le client avec de nouvelles optimisations. « Notre ambition n’est pas de vendre un boîtier de plus », résume Florian Lizon. C’est aussi un argument à présenter au particulier : chaque kilowattheure consommé sur place est un kilowattheure qui n’est pas acheté au réseau, ce qui pèse directement sur la rentabilité des panneaux solaires.
TVA à 5,5 % : le pilotage des consommations est devenu une condition
Depuis le 1er octobre 2025, la fourniture et la pose de panneaux solaires dans un logement bénéficient d’une TVA à 5,5 % au lieu de 20 %, à plusieurs conditions cumulatives, fixées par l’arrêté du 8 septembre 2025 et précisées par l’administration fiscale :
- une puissance de 9 kWc au plus, appréciée pour chaque opération de livraison ou d’installation ;
- des modules qui respectent des seuils environnementaux : bilan carbone inférieur à 530 kg CO2 eq/kWc, moins de 14 mg d’argent par watt, teneurs limitées en plomb et en cadmium ;
- un système de gestion de l’énergie qui collecte en temps réel la production et la consommation, et pilote en continu au moins deux usages électriques (eau chaude, chauffage…) de façon autonome ;
- une pose par une entreprise titulaire d’une qualification en cours de validité, exigence ajoutée par la loi de finances pour 2026.
Le Bulletin officiel des finances publiques (BOI-TVA-LIQ-30-20-97, version du 10 juin 2026) précise qu’une simple programmation horaire ne suffit pas. Il indique aussi que le système de gestion de l’énergie posé avec les panneaux est un accessoire de l’opération et profite donc du même taux de 5,5 %. À l’inverse, une batterie fournie dans la même opération n’est pas un accessoire : dans les exemples de l’administration, elle fait passer l’ensemble au taux normal de 20 %. Le site photovoltaique.info récapitule l’ensemble de ces critères.
Sur le papier, PvPilot coche la case du pilotage : mesure en temps réel et commande automatique de plusieurs appareils. Mais c’est la configuration de chaque chantier qui fait foi : pour que le client profite du taux réduit, l’installateur doit s’assurer qu’au moins deux usages sont réellement pilotés en continu. Notre guide des aides solaires 2026 fait le point sur la TVA réduite et les autres dispositifs.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que PvPilot ?
PvPilot est un système de gestion de l’énergie (EMS) pour les maisons équipées de panneaux solaires, conçu par une entreprise de l’agglomération toulousaine. Un module au format clé USB analyse la production et la consommation, puis commande le chauffe-eau, la pompe à chaleur, la pompe de piscine, la batterie ou la borne de recharge grâce à des relais Shelly placés dans le tableau électrique.
Combien coûte PvPilot ?
L’entreprise n’affiche pas de tarif public. PvPilot est vendu par les installateurs photovoltaïques, qui l’intègrent à leur devis, et le nombre de modules Shelly à poser varie selon les appareils à piloter.
PvPilot permet-il de bénéficier de la TVA à 5,5 % ?
Un système de gestion de l’énergie est l’une des conditions du taux réduit, pas la seule. Il doit piloter en continu au moins deux usages électriques, de façon autonome. Les modules doivent aussi respecter des seuils environnementaux, la puissance ne pas dépasser 9 kWc par opération, et l’entreprise qui pose doit être qualifiée. C’est à l’installateur de vérifier que l’ensemble est conforme.
PvPilot fonctionne-t-il avec une batterie ?
Oui. D’après son éditeur, PvPilot pilote les batteries raccordées côté courant alternatif sans passerelle supplémentaire. Il peut charger la batterie avec un petit excédent, puis s’en servir pour faire démarrer un appareil trop gourmand pour la seule production instantanée.
En résumé
PvPilot fait un pari simple : un EMS rapide à poser, ouvert à toutes les marques et vendu par les installateurs, au moment où la TVA à 5,5 % rend le pilotage des consommations obligatoire sur les petites installations résidentielles. Les promesses de compatibilité et de gain d’autoconsommation sont celles de l’entreprise. La règle fiscale, elle, est claire : au moins deux usages pilotés en continu, sans quoi le taux réduit tombe.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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