L’Espagne consulte le marché sur la façon d’attribuer les capacités de raccordement réservées dans les nœuds du réseau situés en territoires de transition juste. Deux procédures distinctes sont proposées : un simple ordre d’arrivée pour quinze nœuds, un appel d’offres concurrentiel pour les deux nœuds de Guardo et Velilla, où la demande s’annonce forte.
Ce qui est mis en jeu n’est pas une subvention mais un droit de se raccorder : des capacités réservées dans des nœuds du réseau, dans des zones concernées par la fermeture d’activités industrielles ou minières. L’intérêt du dossier tient au choix, assumé, de deux mécanismes différents selon le niveau de demande anticipé.
Pour les quinze premiers nœuds, l’Institut pour la transition juste propose une procédure concurrentielle simple, fondée sur l’ordre de réception des demandes. Ce format a l’avantage de la rapidité, mais ne départage pas les projets sur leur qualité : il suppose que la capacité ne soit pas très largement sursouscrite.
C’est précisément l’inverse pour les nœuds de Guardo 220 kV et Velilla 400 kV, dans la zone de transition de Guardo-Velilla, en Palencia. Une consultation de marché menée d’avril à juin a révélé un intérêt important, notamment de la part de projets hydroélectriques réversibles. L’Institut propose donc un appel d’offres concurrentiel, dont les modalités seront fixées par voie réglementaire, avec une évaluation des projets sur des critères socio-économiques et environnementaux ainsi que sur les exigences techniques de raccordement.
Ce choix illustre une règle simple de gestion des files d’attente de raccordement : lorsque la demande dépasse nettement l’offre, l’ordre d’arrivée devient un mauvais critère, puisqu’il récompense la rapidité de dépôt plutôt que la solidité du projet. La même question se pose sur les réseaux français gérés par RTE et Enedis, où l’encombrement des files d’attente est devenu un sujet à part entière.
Le ministère indique que la consultation d’avril à juin visait à évaluer la demande de capacité réservée émanant des projets de production renouvelable et de stockage. La procédure engagée pour Guardo-Velilla pourrait permettre à des projets de stockage de longue durée d’accéder à ces capacités.
Les installations hydroélectriques réversibles, ou stations de transfert d’énergie par pompage, déplacent la production entre périodes de faible et de forte demande sur des durées bien supérieures à celles des batteries — plusieurs heures à plusieurs jours, contre quatre heures pour les formats de batteries les plus courants. C’est ce décalage de longue durée que les réseaux à forte pénétration solaire recherchent aujourd’hui, comme le documentent les analyses de la Commission de régulation de l’énergie sur la flexibilité.

Dans les deux procédures, les porteurs de projets devront s’engager à mettre en œuvre des mesures socio-économiques bénéficiant au territoire de transition concerné. La capacité de raccordement n’est donc pas attribuée au seul mérite technique ou financier : elle est conditionnée à des retombées locales, dans des zones dont l’économie a été affectée par la fermeture d’activités industrielles.
C’est une capacité de raccordement mise de côté sur un nœud du réseau électrique pour un usage déterminé — ici, des projets implantés dans des territoires en transition juste. Elle constitue un droit d’accès au réseau, distinct de tout mécanisme de soutien financier à la production.
Par ordre de réception des demandes pour quinze nœuds répartis dans huit provinces, et par appel d’offres concurrentiel pour les nœuds de Guardo 220 kV et Velilla 400 kV, où la demande anticipée est plus forte.
C’est une station de pompage-turbinage : l’eau est remontée vers un réservoir supérieur quand l’électricité est abondante, puis turbinée quand la demande augmente. Elle permet un stockage de longue durée, bien au-delà de ce qu’assurent les batteries.
Jusqu’au 8 octobre. Les modalités définitives du futur appel d’offres pour Guardo-Velilla seront ensuite fixées par voie réglementaire.
En résumé — l’Espagne traite le raccordement pour ce qu’il est devenu : une ressource rare, qui se distribue et se conditionne. Le point le plus instructif est le choix de deux mécanismes selon la demande anticipée, et l’ouverture explicite au stockage de longue durée là où l’intérêt des porteurs de projets est le plus vif.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
Saisissez le code reçu par SMS :
Entrez le code de validation envoyé sur votre mobile pour finaliser votre demande.