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Batteries haute tension : YES-EU et CATL ouvrent à Oslo un centre de réparation présenté comme le plus grand d’Europe

Par Aurélien CHAPUIS 4 min de lecture Partager
Batteries haute tension : YES-EU et CATL ouvrent à Oslo un centre de réparation présenté comme le plus grand d’Europe

YES-EU, spécialiste européen de l’après-vente des batteries haute tension, a ouvert près d’Oslo, en Norvège, un centre de services conçu avec NING Service, la marque de service après-vente du fabricant chinois CATL. Les deux partenaires le présentent comme le plus grand site européen de ce type : on y diagnostique, on y répare et on y forme des techniciens, avec l’idée de changer la pièce en panne plutôt que la batterie entière.

En bref

  • Le centre YES-EU NING d’Oslo regroupe diagnostic, réparation certifiée, formation et suivi des batteries sur toute leur durée de vie.
  • YES-EU annonce une surface de plus de 10 000 m², tandis que le communiqué de CATL parle de 8 000 m².
  • La réparation se fait au niveau du module ou du composant, ce qui évite de remplacer tout le bloc-batterie.
  • Bus, camions, voitures, bateaux et systèmes de stockage stationnaire font partie des équipements pris en charge.
  • YES-EU vise plus de 20 pays et plus de 100 ateliers de réparation en Europe ; la France fait déjà partie de ses marchés.

Un partenariat entamé en 2018

La relation entre YES-EU et CATL n’est pas nouvelle. En 2018, l’entreprise est devenue le premier partenaire européen du géant chinois pour l’entretien de ses batteries. D’abord limitée aux pays nordiques, cette coopération couvre désormais tout le cycle de vie des équipements et s’étend progressivement au reste du continent.

Le partage des rôles est clair : CATL fournit la technologie, les pièces d’origine et sa notoriété mondiale, YES-EU apporte ses équipes, ses ateliers et sa connaissance des clients européens. Pour Egzon Bajrami, directeur des opérations du groupe, l’objectif est de bâtir « un écosystème de services dédié aux batteries plus solide », capable de suivre les clients au plus près.

Une présence dans quatorze pays

L’entreprise, dont le siège est en Suisse, intervient aujourd’hui en Islande, en Norvège, au Danemark, en Suède, en Finlande, en Allemagne, en Suisse, en Belgique, au Royaume-Uni, en Irlande, en France, au Kosovo, en Pologne et en Lituanie. Elle dispose aussi d’un site de production en Italie.

Réparer un module plutôt que changer toute la batterie

Le cœur du modèle tient en une idée : une batterie abîmée n’est pas forcément une batterie à jeter. Grâce à des outils de diagnostic poussés, les techniciens localisent l’élément défaillant puis, quand la technique le permet, remplacent seulement ce module ou ce composant.

Le bénéfice est double. Les factures de réparation et les primes d’assurance baissent pour les gestionnaires de flottes, les sociétés de location longue durée et les assureurs. Et la batterie gagne des années de service, ce qui économise des matériaux. Les interventions couvrent les réparations sous garantie comme hors garantie.

Quels équipements sont concernés ?

Les clients visés sont les constructeurs, les loueurs, les assureurs et les exploitants de flottes. Le centre traite les batteries de bus et de poids lourds électriques, de voitures particulières, de navires, mais aussi des systèmes de stockage d’énergie. Ce dernier point intéresse directement le solaire : une batterie associée à des panneaux solaires reste un équipement coûteux, dont la réparabilité pèse sur la rentabilité à long terme.

Les chiffres avancés par YES-EU

Selon l’entreprise, ses plus de 200 experts ont mené à bien plus de 1 800 interventions sur des batteries et cumulé 20 000 heures de travail sur des installations haute tension. YES-EU indique aussi avoir mis en service plus de 4 000 MWh. Plus de 2 000 bus électriques équipés de batteries CATL roulent déjà en Europe, ce qui constitue un premier parc à entretenir.

Batteries haute tension : YES-EU et CATL ouvrent à Oslo un centre de réparation présenté comme le plus grand d’Europe

Un écart demeure sur la taille du site. YES-EU évoque plus de 10 000 m², alors que le communiqué publié par CATL le 24 septembre 2026 annonce 8 000 m² pour son centre NING Service d’Oslo. Aucune des deux entreprises n’explique cette différence.

Pourquoi la Norvège ?

Pierre Savoy, PDG de YES-EU Suisse, justifie ce choix par la maturité du marché nordique : en Norvège, 94 % des voitures neuves immatriculées sont électriques. L’entreprise prépare aussi un camion entièrement électrique, en phase de test, dont la batterie embarquera entre 600 et 1 013 kWh selon les versions.

Ce que cela change pour le stockage d’énergie

Le nombre de batteries en service augmente vite, dans les transports comme dans les bâtiments. La question de leur entretien devient donc centrale. Un réseau capable de réparer au niveau du module réduit le coût total de possession et limite le recours au recyclage prématuré. Pour un particulier qui envisage une batterie domestique, la disponibilité d’un service après-vente sérieux mérite d’être vérifiée avant l’achat, au même titre que le prix. Le simulateur de panneaux solaires permet d’estimer d’abord la production attendue avant de dimensionner un stockage. L’Agence internationale de l’énergie suit de son côté l’essor mondial des batteries.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que NING Service ?

NING Service est la marque de service après-vente de CATL, l’un des plus grands fabricants mondiaux de batteries. Elle s’occupe de l’entretien, des tests et de la réparation des batteries du groupe.

Peut-on réparer une batterie haute tension sans la remplacer entièrement ?

Oui, dans certains cas. Après un diagnostic précis, un technicien qualifié peut changer le module ou le composant défectueux au lieu de remplacer tout le bloc, ce qui réduit le coût et prolonge la durée de vie de la batterie.

Le centre d’Oslo concerne-t-il les batteries de stockage solaire ?

YES-EU indique prendre en charge les systèmes de stockage d’énergie en plus des véhicules. L’annonce porte toutefois surtout sur les bus, les camions et les flottes de véhicules électriques.

YES-EU est-elle présente en France ?

Oui. La France figure parmi les quatorze pays où l’entreprise déclare exercer ses activités.

En résumé

Avec ce centre d’Oslo, YES-EU et CATL misent sur la réparation fine des batteries haute tension plutôt que sur leur remplacement. Le site, dont la surface varie selon la source, doit servir de base à un réseau européen de plus de 100 ateliers. Pour le stockage d’énergie comme pour la mobilité électrique, la capacité à réparer devient un critère aussi important que la capacité à produire.

Espace d'échanges et avis

  • Aurélien CHAPUIS
    14/10/2026 à 9h56

    Pendant que la Norvège ouvre un atelier géant pour réparer les batteries, la France en est encore à se demander qui les fabriquera.

    Le message de YES-EU et CATL est simple : on ne jette plus un bloc-batterie entier pour un module en panne. On diagnostique, on change la pièce, on prolonge la vie de l'équipement.

    Chez nous, le discours public sur les batteries tourne autour des usines. L'après-vente, elle, reste un angle mort. Les particuliers qui ajoutent du stockage à leur installation solaire, et les installateurs qui le posent, se retrouvent seuls face aux garanties des fabricants.

    Produire sans savoir réparer, c'est organiser la dépendance de demain.

    Combien de batteries encore récupérables faudra-t-il jeter avant que l'État se demande qui, en France, saura les remettre en état ?

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