Batterie sodium-ion : l’indien Macsen Energy annonce 1 500 cycles avec une cathode en blanc de Prusse
La jeune entreprise indienne Macsen Energy affirme qu’une de ses cellules sodium-ion a tenu plus de 1 500 cycles de charge et de décharge en laboratoire, grâce à une cathode maison en blanc de Prusse. Le résultat reste une annonce de l’entreprise : elle n’a pas indiqué si un organisme indépendant a contrôlé ces essais.
En bref
- Macsen Energy Private Limited revendique plus de 1 500 cycles pour une cellule sodium-ion testée dans son propre laboratoire.
- Selon la société, la cellule garde 90 % de sa capacité de départ après 1 000 cycles.
- La cathode repose sur le blanc de Prusse, un composé à base de fer riche en sodium.
- Aucune vérification par un tiers n’a été mentionnée.
- Un site de 10 000 m² doit accueillir dès 2027 une production de cathode à l’échelle de la tonne et une ligne pilote de cellules.
Ce que Macsen Energy met en avant
Le chiffre clé tient en deux temps : plus de 1 500 cycles au total, et une capacité conservée à 90 % au passage des 1 000 cycles. Achal Agrawal, qui dirige le groupe Macsen et participe lui-même au projet de recherche, parle d’un « résultat majeur » obtenu sur une « cellule sodium-ion réelle » et non sur un simple échantillon de matériau. Il y voit la preuve que la technologie peut viser le stockage d’énergie de longue durée.
Sur sa fiche technique, l’entreprise annonce pour sa cathode une capacité spécifique de plus de 150 mAh/g, une efficacité coulombique proche de 99,9 % et une tension de fonctionnement allant de 2,2 V à 4,0 V, avec une tension moyenne de décharge située entre 2,5 V et 3,6 V environ. Ces valeurs proviennent toutes de Macsen Energy.
Pourquoi le blanc de Prusse intéresse la filière
Le blanc de Prusse est un sel de fer contenant beaucoup de sodium. Son réseau cristallin laisse de larges passages aux ions sodium, qui peuvent y entrer et en sortir sans déformer la structure à chaque charge. D’où plusieurs promesses : des matières premières abondantes, un coût de fabrication contenu, une recharge rapide et une bonne tenue dans le temps.
Le dirigeant de Macsen prévient toutefois que la recette n’a rien d’évident : obtenir un matériau qui s’approche de sa capacité théorique et la conserve cycle après cycle demande, selon lui, de maîtriser à la fois la chimie de synthèse, la caractérisation et l’assemblage des cellules. Humidité, contact avec l’oxygène et montée en volume sont les écueils classiques que l’entreprise dit avoir surmontés, avec un matériau très cristallin, pauvre en eau et plus stable à l’air.
Une cellule complète, pas seulement une cathode
D’après son site, Macsen associe principalement cette cathode à une anode en carbone dur. Elle explore aussi d’autres matériaux d’anode et des architectures sans anode, et a lancé des travaux sur la synthèse du carbone dur pour maîtriser l’ensemble de la cellule.

Une usine pilote annoncée pour 2027
La société a réservé un terrain de 10 000 m², dont elle ne précise pas la localisation, pour produire ses matériaux de cathode à l’échelle de la tonne. Les travaux doivent démarrer en 2027. Le même site recevra une ligne pilote chargée de mettre au point les cellules, de la préparation des électrodes jusqu’aux tests de performance, dans des conditions proches d’une fabrication industrielle.
Pour un particulier qui s’interroge aujourd’hui sur une batterie pour ses panneaux solaires, ces travaux restent de la recherche : le stockage domestique se raisonne d’abord à partir de la rentabilité de l’installation.
Source : ESS News, également relayé par pv magazine.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le blanc de Prusse dans une batterie sodium-ion ?
C’est un composé à base de fer, riche en sodium, employé comme matériau de cathode. Sa structure cristalline ouverte permet aux ions sodium de s’insérer et de ressortir de façon réversible pendant la charge et la décharge.
Les 1 500 cycles de Macsen Energy sont-ils vérifiés ?
Non, pas à ce stade. Les essais ont été menés dans le laboratoire de l’entreprise, qui n’a pas précisé si un tiers indépendant les avait validés.
Quand la production doit-elle commencer ?
Macsen Energy prévoit de lancer en 2027 la construction d’un site de 10 000 m² pour produire sa cathode à l’échelle de la tonne et héberger une ligne pilote de cellules sodium-ion.
En résumé
Macsen Energy annonce une cellule sodium-ion à cathode en blanc de Prusse qui dépasse 1 500 cycles et garde 90 % de sa capacité après 1 000 cycles, selon ses propres essais non vérifiés à ce jour. L’entreprise vise une production pilote à partir de 2027, une étape de plus dans la course au stockage sans lithium.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
Espace d'échanges et avis
La parole est à vous !