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Appels d’offres solaires : le photovoltaïque au sol tombe à près de 60 €/MWh

Par Aurélien CHAPUIS 4 min de lecture Partager
Appels d’offres solaires : le photovoltaïque au sol tombe à près de 60 €/MWh

Le dernier appel d’offres pour les centrales photovoltaïques au sol a retenu 125 projets, pour plus de 930 MWc, à un prix moyen pondéré proche de 60 €/MWh, contre environ 80 €/MWh en juin 2025. Maud Bregeon, ministre déléguée chargée de l’Énergie, a annoncé ces résultats mercredi au colloque national de France Renouvelables, au Parc Floral de Paris, avec un prix de 75 €/MWh pour l’appel d’offres consacré au petit photovoltaïque.

En bref

  • Solaire au sol : 125 dossiers retenus, plus de 930 MWc, prix moyen pondéré proche de 60 €/MWh.
  • La baisse atteint environ 25 % par rapport à la période de juin 2025, autour de 80 €/MWh.
  • Petit photovoltaïque : un prix de 75 €/MWh, présenté comme « en forte baisse ».
  • Le soutien public aux renouvelables n’échappera pas aux économies budgétaires : « il ne s’agit en aucun cas de créer une rente ».
  • Un appel d’offres technologiquement neutre, qui valorisera production et flexibilité, doit ouvrir début 2027.
  • Plusieurs textes doivent simplifier l’implantation des batteries.

Des appels d’offres relancés après la PPE3

Selon la ministre, la période d’incertitude des mois précédents est désormais derrière la filière solaire. Depuis la publication en février de la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), le gouvernement a relancé les procédures de mise en concurrence qui avaient été suspendues.

Un premier appel d’offres a été ouvert pour le grand photovoltaïque sur bâtiment. Deux autres ont suivi : l’un pour les grandes centrales au sol, l’autre pour les petits projets photovoltaïques. Ce sont les résultats de ces deux dernières procédures qui ont été annoncés au colloque.

Solaire au sol : 25 % de moins en un peu plus d’un an

Pour le photovoltaïque au sol, 125 dossiers sont retenus et représentent plus de 930 MWc. Le prix moyen pondéré ressort à près de 60 €/MWh, contre environ 80 €/MWh lors de la période précédente, en juin 2025, soit une diminution d’environ 25 %. Le site spécialisé GreenUnivers rapporte lui aussi ces résultats.

« Ces dossiers sont particulièrement compétitifs », s’est félicitée Maud Bregeon, qui y voit un argument dans le débat sur le coût des énergies renouvelables.

Petit photovoltaïque : 75 €/MWh

L’appel d’offres consacré au petit photovoltaïque aboutit à un prix de 75 €/MWh, là encore « en forte baisse » selon la ministre. Elle y lit « le gain en maturité de la filière, la qualité des projets déposés et l’effort de compétitivité qui a été réalisé ».

Un soutien public sous contrainte budgétaire

Maud Bregeon a réaffirmé que la politique énergétique française s’appuiera à la fois sur le nucléaire et sur les renouvelables, pour une électricité « décarbonée, souveraine et bon marché ». « Nous avons besoin des énergies renouvelables. C’est un atout français et un atout majeur », a-t-elle déclaré, en s’appuyant sur les conclusions de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), qui juge selon elle pertinent de poursuivre leur développement pour le consommateur.

Mais le message est double. Dans un contexte budgétaire qualifié d’« exigeant », les renouvelables n’échapperont pas à la recherche d’économies. Les mécanismes publics doivent garantir une juste rémunération et de la visibilité aux producteurs, mais « il ne s’agit en aucun cas de créer une rente ». La ministre a explicitement relié cette orientation au travail engagé sur certains contrats photovoltaïques dans le projet de loi de finances.

Appels d’offres solaires : le photovoltaïque au sol tombe à près de 60 €/MWh

Après le prix, la flexibilité

La seconde partie du discours a porté sur l’intégration des nouvelles capacités au système électrique. « Nous sommes face à un défi : celui de mieux synchroniser production et consommation grâce à la flexibilité », a expliqué la ministre.

Un appel d’offres technologiquement neutre en 2027

Le gouvernement ne veut pas privilégier une technologie unique : solaire, éolien, batteries ou volant d’inertie pourront contribuer selon les configurations. Dès le début de 2027, un appel d’offres technologiquement neutre doit favoriser les installations qui produisent une électricité renouvelable compétitive tout en répondant mieux aux besoins du réseau. Les projets associant production et flexibilité seront valorisés.

Des textes attendus sur les batteries

La ministre a également annoncé l’arrivée prochaine de plusieurs textes pour simplifier et clarifier l’implantation des batteries, devenues centrales pour accompagner la croissance du photovoltaïque.

Un enjeu politique avant 2027

Maud Bregeon demande à la filière de prouver, « chiffres à l’appui », qu’elle est compétitive, qu’elle s’intègre au réseau, qu’elle mobilise les flexibilités et qu’elle fait baisser durablement le coût du système électrique. À l’approche de la présidentielle de 2027, elle estime que les prochains mois seront un tournant : soit une démonstration réussie, soit un « coup d’arrêt très sec » difficile à rattraper. Elle a appelé les acteurs des renouvelables à « se serrer les coudes » face aux discours qui réclament l’arrêt de leur développement.

Questions fréquentes

Quel est le prix du solaire au sol dans le dernier appel d’offres ?

Le dernier appel d’offres pour les centrales photovoltaïques au sol a retenu 125 projets, pour plus de 930 MWc, à un prix moyen pondéré proche de 60 €/MWh, contre environ 80 €/MWh en juin 2025.

Quel prix pour le petit photovoltaïque ?

L’appel d’offres consacré aux petits projets photovoltaïques a abouti à un prix de 75 €/MWh, présenté par la ministre chargée de l’Énergie comme en forte baisse.

Qu’est-ce que l’appel d’offres technologiquement neutre prévu en 2027 ?

Annoncé pour le début de 2027, cet appel d’offres mettra en concurrence plusieurs technologies, dont le solaire, l’éolien et les batteries, et valorisera les projets qui associent production d’électricité renouvelable et flexibilité pour le réseau.

En résumé

Avec près de 60 €/MWh pour plus de 930 MWc au sol et 75 €/MWh pour le petit photovoltaïque, le solaire français affiche des prix en nette baisse. Le gouvernement en fait un argument en faveur des renouvelables, tout en annonçant des économies sur le soutien public et une nouvelle exigence : prouver la capacité de la filière à apporter de la flexibilité au réseau, avec un appel d’offres technologiquement neutre dès 2027.

Espace d'échanges et avis

  • Aurélien CHAPUIS
    09/10/2026 à 10h00

    Le solaire au sol vient de passer sous la barre des 60 €/MWh, et l'État en profite pour annoncer qu'il va serrer la vis.

    La filière a baissé ses prix d'environ 25 % en un peu plus d'un an, après des mois d'appels d'offres suspendus. Réponse du gouvernement : pas de rente, des économies, et le travail engagé sur les contrats photovoltaïques dans le projet de loi de finances.

    On demande aux installateurs de prouver leur compétitivité « chiffres à l'appui ». Ils viennent de le faire. Et on leur demande déjà la preuve suivante : la flexibilité, avec un appel d'offres neutre en 2027 et des textes sur les batteries toujours annoncés pour plus tard.

    Le vrai risque de « coup d'arrêt très sec », ce n'est pas la filière qui le crée : ce sont les règles qui changent à chaque saison.

    Combien de fois faudra-t-il que le solaire prouve sa valeur avant que l'État tienne enfin un cap ?

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