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IA et robots dans la maintenance solaire : le Becquerel Institute chiffre les gains d’ici 2030

Par Aurélien CHAPUIS 4 min de lecture Partager
IA et robots dans la maintenance solaire : le Becquerel Institute chiffre les gains d’ici 2030

D’après une étude du Becquerel Institute, l’intelligence artificielle et la robotique pourraient augmenter de 3 à 4 % la production des centrales photovoltaïques et faire baisser leurs coûts d’exploitation de 2 000 à 3 000 euros par mégawatt et par an. Le centre de recherche belge s’intéresse à la phase d’exploitation et de maintenance (O&M), c’est-à-dire aux décennies pendant lesquelles une centrale tourne après sa mise en service.

En bref

  • L’étude s’intitule « Operations & Maintenance: AI and Robotics in the PV Value Chain to 2030 ».
  • Gain de production estimé : 3 à 4 % grâce à l’automatisation de l’exploitation.
  • Économies estimées : 2 000 à 3 000 euros par MW et par an sur les coûts d’exploitation.
  • D’ici 2030, 65 à 80 % des tâches courantes de maintenance pourraient être automatisées.
  • La surveillance et la détection des anomalies le sont déjà à près de 95 %.
  • Les données, la cybersécurité, les compétences et l’AI Act européen restent des points de vigilance.

Pourquoi l’exploitation est le bon terrain pour l’automatisation

Une centrale solaire se construit en quelques mois, mais elle produit pendant des dizaines d’années. C’est donc pendant cette longue période d’exploitation que se jouent une bonne partie de sa performance et de son coût total. Le Becquerel Institute en déduit que c’est aussi là que les nouvelles technologies ont le plus de valeur à apporter.

Pour un propriétaire, quelques points de production en plus et des frais d’entretien en baisse pèsent directement sur la rentabilité d’une installation photovoltaïque, à l’échelle d’une grande centrale comme, dans une moindre mesure, d’un toit.

Ce que les machines savent déjà faire

La surveillance, presque entièrement automatisée

Le suivi des installations et le repérage des anomalies sont, selon l’étude, les tâches les plus avancées : elles seraient déjà automatisables à près de 95 %. Les systèmes de supervision comparent en continu la production attendue et la production réelle, et lèvent une alerte au moindre écart.

Une nouvelle catégorie : le diagnostic et l’envoi des interventions

Les auteurs décrivent un type d’activité qu’ils jugent nouveau, le « diagnostic automatisé et l’affectation des ordres de travail ». Entre 60 et 75 % de ces opérations pourraient à terme être confiées à des logiciels ou à des robots : identifier la panne, juger de son urgence, puis déclencher la bonne intervention.

Des robots dans les rangées de modules

Sur les centrales au sol, l’automatisation prend une forme très concrète. Des robots munis de caméras, de capteurs ou d’outils d’imagerie thermique circulent entre les rangées et repèrent vite les modules défaillants. L’IA rapproche ensuite ces relevés des données de production pour décider quelles réparations passent en premier et limiter les pertes.

Toute la chaîne de valeur est concernée

L’étude ne s’arrête pas à la maintenance. Elle note que l’IA intervient désormais à chaque étape du photovoltaïque : dessin automatique des centrales, maintenance prédictive, pose des panneaux par des robots, optimisation de la production et pilotage algorithmique de la vente d’électricité.

IA et robots dans la maintenance solaire : le Becquerel Institute chiffre les gains d’ici 2030

Ces gains ont une contrepartie. Le Becquerel Institute cite plusieurs chantiers à ouvrir : la maîtrise des données, la cybersécurité des installations, la formation des techniciens et l’adaptation du cadre réglementaire.

L’AI Act européen dans l’équation

Le règlement européen sur l’intelligence artificielle classe certains systèmes utilisés dans les infrastructures énergétiques parmi les usages « à haut risque », soumis à des obligations renforcées de sécurité et de gouvernance. Selon l’étude, le décalage du calendrier d’application de ce texte pourrait, à court terme, laisser plus de marge pour déployer ces outils dans les centrales solaires. Le texte et son calendrier sont présentés sur le site de la Commission européenne.

Pour les chercheurs, la question n’est plus de savoir si l’IA et les robots entreront dans l’exploitation des centrales, mais à quel rythme et sous quelles conditions. Avec un parc européen en croissance, l’automatisation pourrait à la fois améliorer la disponibilité des installations, réduire leurs coûts et pallier le manque de main-d’œuvre qualifiée. Les principaux chiffres de l’étude ont été repris par PV Tech.

Questions fréquentes

Que peut apporter l’IA à une centrale photovoltaïque ?

Selon le Becquerel Institute, l’IA et la robotique appliquées à l’exploitation et à la maintenance pourraient augmenter la production d’une centrale de 3 à 4 % et réduire ses coûts d’exploitation de 2 000 à 3 000 euros par MW et par an.

Quelle part de la maintenance solaire peut être automatisée ?

L’étude estime que 65 à 80 % des tâches courantes d’exploitation et de maintenance des centrales photovoltaïques pourraient être automatisées d’ici 2030, la surveillance et la détection des anomalies l’étant déjà à près de 95 %.

Ces technologies concernent-elles les particuliers ?

L’étude porte surtout sur les centrales, notamment au sol, où circulent des robots d’inspection. Pour une installation sur un toit de maison, le suivi de production reste la première protection contre les pannes ; le simulateur de panneaux solaires permet d’estimer la production à attendre.

En résumé

Le Becquerel Institute voit dans l’IA et la robotique un levier important pour l’exploitation des centrales solaires : 3 à 4 % de production en plus, 2 000 à 3 000 euros d’économies par MW et par an, et jusqu’à 80 % des tâches courantes automatisées d’ici 2030. Le rythme de ce déploiement dépendra de la gestion des données, de la cybersécurité, des compétences disponibles et de l’application de l’AI Act européen.

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