La transition énergétique française s’appuie de plus en plus sur des projets photovoltaïques ingénieux, capables de s’adapter à des terrains complexes ou déjà artificialisés. Dans le département de l’Ain, une nouvelle centrale de 14 MWc vient d’être mise en service sur la commune des Lescheroux. Développé et piloté par Trina Solar France Systems, ce parc unique en son genre combine une installation photovoltaïque flottante sur un plan d’eau et une installation classique posée au sol. Ce mariage technologique permet de tirer le meilleur parti d’un ancien site d’extraction de granulats, tout en produisant une électricité renouvelable conséquente pour les habitants de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
La mise en service du parc des Lescheroux marque une étape importante pour le photovoltaïque régional. Selon Trina Solar France Systems, il s’agit de la toute première centrale solaire flottante du département de l’Ain. Mais le projet ne s’arrête pas là, puisqu’il figure également parmi les premières réalisations hybrides de la région Auvergne-Rhône-Alpes, combinant sur un même site des panneaux posés à terre et des modules flottants. Cette double approche offre un aperçu concret des futures installations énergétiques capables de s’adapter aux contraintes géographiques et foncières.
Le site retenu n’a pas été choisi par hasard. Implantée sur les vestiges d’une ancienne gravière de 31 hectares, la centrale illustre parfaitement le potentiel de reconversion des terrains post-industriels. Au lieu de laisser ce foncier à l’abandon, le projet lui donne une seconde vie économique et énergétique. Développé depuis l’année 2020, le parc des Lescheroux s’inscrit dans une démarche cohérente de valorisation des espaces déjà dégradés, évitant ainsi de consommer de nouvelles terres agricoles ou des écosystèmes naturels.
Tout au long de son développement, le projet a bénéficié d’un soutien local fort, notamment de la part de la commune des Lescheroux et du fonds régional OSER ENR. Ce dernier, dédié à l’émergence de projets d’énergies renouvelables en Auvergne-Rhône-Alpes, a été un accélérateur décisif pour franchir les étapes administratives et financières. La collaboration entre les acteurs publics et privés a ainsi permis de passer de l’idée initiale à une réalisation industrielle aboutie en seulement quelques années.
La centrale des Lescheroux affiche une puissance installée de 14 MWc (mégawatt-crête), une capacité qui lui permet de produire une électricité verte particulièrement conséquente. En chiffres, le site intègre près de 20 000 panneaux photovoltaïques bifaciaux. Cette technologie innovante, capable de capter la lumière solaire sur ses deux faces, augmente significativement le rendement global. Grâce à cette configuration, le parc devrait injecter dans le réseau environ 16 500 MWh (mégawattheures) d’électricité renouvelable chaque année.
Pour donner un ordre d’idée concret, cette production annuelle équivaut à la consommation électrique d’environ 7 000 habitants. Ce chiffre est d’autant plus symbolique qu’il représente une part notable des besoins en électricité des communes rurales environnantes. La production locale d’énergie renouvelable participe ainsi activement à la stratégie nationale de décarbonation et de réduction de la dépendance aux énergies fossiles. En termes d’impact, cette centrale évite le rejet de plusieurs milliers de tonnes de CO2 dans l’atmosphère chaque année.
Le choix de la technologie bifaciale s’inscrit dans une volonté d’optimisation maximale du rendement. Sur la partie terrestre, les panneaux sont installés sur des structures fixes en acier permettant une légère surélévation. Ce choix favorise la réflexion de la lumière sur le sol vers la face arrière des modules. Sur le plan d’eau, les reflets naturels de la surface jouent ce rôle, captant les rayons lumineux supplémentaires. Chaque détail de conception a donc été étudié pour tirer profit des spécificités de l’environnement local.
La particularité la plus frappante du parc des Lescheroux réside dans sa capacité à marier deux modes d’implantation distincts. D’un côté, une centrale solaire au sol classique, posée sur les terrains stabilisés de l’ancienne exploitation. De l’autre, des rangées de panneaux flottants, maintenus à la surface du plan d’eau par des systèmes d’ancrage spécifiques. Cette combinaison inventive permet d’exploiter simultanément deux surfaces différentes sur un même périmètre, sans nécessiter de foncier additionnel.
D’un point de vue technique, le recours au solaire flottant présente plusieurs avantages majeurs. Sur un site comme les Lescheroux, il permet de valoriser des plans d’eau issus d’anciennes activités extractives. Les modules flottants bénéficient d’un refroidissement naturel grâce à l’eau, ce qui améliore leur efficacité énergétique pendant les fortes chaleurs. De plus, cette solution réduit l’évaporation du plan d’eau et limite le développement des algues, créant ainsi un équilibre écologique favorable à la biodiversité locale.
Dans le cas précis de ce projet, le solaire flottant ne vient pas se substituer aux installations terrestres mais bien les compléter. Cette approche hybride augmente la densité de puissance installée sur un périmètre restreint, une aubaine dans un contexte où le foncier est une ressource de plus en plus disputée. Le parc des Lescheroux démontre qu’il est possible de maximiser la production électrique d’un ancien site industriel en superposant les usages et en optimisant chaque mètre carré disponible.
Au-delà de la prouesse technique pure, le projet des Lescheroux apporte une réponse concrète à une problématique d’aménagement du territoire : comment réhabiliter les friches industrielles et les sites dégradés ? Les anciennes gravières, carrières ou zones d’enfouissement sont souvent difficiles à réutiliser pour de l’agriculture ou de l’urbanisation. Leur sous-sol instable et leur histoire industrielle les rendent impropres à un usage classique.
C’est précisément dans cet espace que le photovoltaïque trouve toute sa pertinence. En installant des centrales solaires sur ces terrains artificialisés, on évite l’artificialisation de nouvelles terres naturelles. Cette logique de sobriété foncière est devenue un pilier central dans le développement des énergies renouvelables. Les pouvoirs publics encouragent d’ailleurs fortement cette pratique via des appels d’offres spécifiques dédiés aux installations sur friches dans le cadre de la programmation pluriannuelle de l’énergie.
L’initiative de Trina Solar dans l’Ain illustre donc une évolution notable du marché. Désormais, les développeurs de projets ne se contentent plus de chercher de grands espaces plats et ensoleillés. Ils adaptent leurs solutions techniques aux caractéristiques intrinsèques de chaque site. Cette capacité d’innovation est cruciale pour réussir la transition énergétique française, car elle démultiplie les opportunités d’implantation de projets solaires sur des territoires souvent réticents à l’idée de voir leurs paysages agricoles se couvrir de panneaux.

La réussite d’un projet d’une telle envergure repose sur une chaîne d’acteurs spécialisés. Pour la partie terrestre, la supervision du chantier et la réalisation des supports métalliques ont été confiées à Solutions30 France et à sa filiale So-Tec. Ces entreprises, reconnues dans le domaine des infrastructures énergétiques, ont su relever le défi technique d’ancrer solidement les structures dans un sol anciennement exploité, nécessitant parfois des fondations spéciales ou des pieux battus.
Concernant le volet le plus spectaculaire du projet, celui du solaire flottant, la conception a été réalisée par Ciel & Terre International. Ce spécialiste mondial du flottant est à l’origine du système d’ancrage et des flotteurs maintenant les panneaux hors de l’eau. Leur expertise, éprouvée sur des dizaines de projets à travers le monde, a permis de garantir la pérennité de l’installation face aux variations du niveau d’eau et aux contraintes météorologiques (vent, gel).
La coordination entre les équipes terrestres et flottantes a été un élément clé du calendrier du chantier. Mené dans le respect des normes environnementales strictes, ce chantier a duré plusieurs mois, rythmé par des phases de terrassement, de montage des structures et de raccordement électrique. Le fait de pouvoir s’appuyer sur des entreprises régionales a également facilité la logistique et le déploiement des équipes sur place. Pour en savoir plus sur les technologies de montage flottant, vous pouvez consulter cette page dédiée aux solutions flottantes de Ciel & Terre.
Si Trina Solar est mondialement connu pour la fabrication de panneaux solaires de haute qualité, Trina Solar France Systems démontre avec ce projet qu’elle est aussi un développeur de centrales solaires compétitives. La division française du groupe chinois a su s’imposer comme un partenaire fiable pour les collectivités territoriales et les industriels. En s’engageant sur l’ensemble du cycle de vie du projet (développement, financement, construction, maintenance), l’entreprise offre une tranquillité d’esprit totale aux propriétaires fonciers.
Ce projet dans l’Ain n’est pas un cas isolé. Trina Solar poursuit activement le développement d’un portefeuille de projets diversifié sur le territoire français. L’entreprise mise sur des technologies bifaciales et des systèmes de suivi solaire (trackers) pour augmenter les rendements. Le groupe privilégie également une approche locale, en travaillant en étroite collaboration avec les sous-traitants régionaux et en créant des emplois non délocalisables. L’objectif affiché est simple : devenir l’un des leaders de la production d’énergie solaire en France tout en respectant les critères exigeants de la Commission de régulation de l’énergie (CRE).
Selon les statistiques récentes du secteur, la France a installé plus de 2 GW de nouvelles capacités solaires l’année dernière. Des projets comme celui des Lescheroux sont essentiels pour maintenir cette dynamique et atteindre les objectifs fixés par la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie. Le paysage photovoltaïque n’a jamais été aussi riche et diversifié, et l’hybridation des centrales constitue un vecteur de croissance indéniable.
Le succès du projet des Lescheroux ouvre la voie à d’autres initiatives hybrides en France. En effet, le potentiel de développement du solaire flottant est immense, notamment sur les plans d’eau issus d’activités humaines. Les gravières en fin d’exploitation, les bassins industriels et les retenues d’irrigation représentent des surfaces considérables où installer des panneaux sans toucher au foncier agricole ni aux écosystèmes sensibles.
Parallèlement au flottant, l’agrivoltaïsme (combinant production agricole et énergie solaire) gagne du terrain. Bien que le projet de l’Ain ne soit pas un cas d’agrivoltaïsme, il partage cette même philosophie d’optimisation des sols. Les panneaux solaires peuvent protéger les cultures du gel ou de la canicule tout en générant des revenus supplémentaires pour les agriculteurs. Cette double vocation du terrain est un changement de paradigme majeur pour le secteur.
Pour les collectivités, l’intérêt économique est également notable. La commune des Lescheroux perçoit un loyer lié à l’occupation du domaine par le producteur d’énergie. À la fin de la durée d’exploitation (généralement 30 ans), le site pourra être démantelé et remis dans son état d’origine, ou bien continuer à produire si les équipements sont renouvelés. Une flexibilité appréciable qui sécurise l’acceptabilité sociale du projet sur le long terme.
En conclusion, le parc des Lescheroux est bien plus qu’une simple centrale électrique. C’est un symbole de la capacité d’innovation de la filière solaire française et une vitrine technologique pour le groupe Trina Solar. En transformant une ancienne gravière en outil de production d’énergie verte, ce projet démontre qu’il est possible de réconcilier exigence écologique et développement économique. Alors que la France accélère sa transition énergétique, ce type de réalisations hybrides devrait se multiplier sur l’ensemble du territoire national.
Pour les acteurs locaux et les développeurs cherchant à reproduire ce modèle, il est crucial de s’appuyer sur des données fiables concernant le gisement solaire et les solutions de financement. Le fonds OSER ENR, l’ADEME et les DREAL sont des partenaires de premier plan pour accompagner les porteurs de projets dans cette démarche complexe et passionnante. Le futur de l’énergie est indéniablement solaire, intelligent et territorialisé, à l’image de ce magnifique projet de l’Ain.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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