Boralex met en service un parc agrivoltaïque en Ardèche et une centrale solaire flottante dans l’Yonne
Boralex vient de mettre en service trois sites renouvelables en France : le parc agrivoltaïque Le Bosquet en Ardèche, la centrale solaire hybride sol et flottant de Plaine de Nange dans l’Yonne et le parc éolien Les Cent Mencaudées dans le Nord. Ensemble, ils représentent près de 50 MW de capacités supplémentaires et produiront l’équivalent de la consommation électrique d’environ 37 000 habitants. Les deux projets solaires ont été conçus pour répondre à un besoin précis de leur territoire.
En bref
- Trois sites mis en service par Boralex : deux solaires et un éolien, pour près de 50 MW au total.
- Le Bosquet (Saint-Didier-sous-Aubenas, 07) : 2,44 MWc d’agrivoltaïsme dynamique au-dessus d’une culture de kiwis, sur 2,46 hectares.
- Plaine de Nange (Rosoy et Étigny, 89) : 28,9 MWc sur 20,41 hectares, avec des panneaux au sol et des panneaux flottants sur une ancienne gravière.
- Les deux parcs solaires ont été mis en service en juillet 2026.
- Les riverains de Plaine de Nange ont financé 200 000 euros du projet par investissement participatif.
Le Bosquet : un parc agrivoltaïque pensé pour sauver un verger de kiwis
Le Bosquet est le premier parc agrivoltaïque dynamique sur culture mis en service par Boralex en France. L’entreprise le présente comme un démonstrateur à taille réelle de son approche de l’agrivoltaïsme.
Les caractéristiques du site
- Localisation : Saint-Didier-sous-Aubenas (Ardèche).
- Mise en service : juillet 2026.
- Puissance installée : 2,44 MWc sur 2,46 hectares.
- Production : l’équivalent de la consommation électrique de 1 400 habitants, soit la commune de Mercuer.
- Émissions évitées annoncées : 25 tonnes de CO₂ par an.
Une réponse au dérèglement climatique
Le projet a été co-construit avec l’exploitant, à partir des besoins d’une culture de kiwis particulièrement exposée aux effets du dérèglement climatique. La même parcelle continue de produire des fruits tout en produisant de l’électricité.
« En cinq ans, notre production a diminué de 25 à 30 %. Face aux épisodes de chaleur de plus en plus marqués, nous devons trouver de nouvelles solutions pour préserver le potentiel de nos vergers », explique Jean-Marc Manent, l’exploitant agricole. Selon lui, l’ombrage des panneaux permettrait de limiter l’évapotranspiration des arbres, de réaliser jusqu’à 20 % d’économies d’eau et d’apporter une protection supplémentaire contre la grêle et le gel. Il précise vouloir « tester cette solution » pour en mesurer concrètement les effets sur ses cultures.
Boralex compte tirer de ce parc des enseignements agronomiques, techniques et opérationnels pour développer progressivement son portefeuille agrivoltaïque, en concertation avec les exploitants et les territoires.
Plaine de Nange : du solaire au sol et flottant sur une ancienne gravière
La centrale de Plaine de Nange associe des panneaux photovoltaïques posés au sol et des panneaux flottants. Elle a été construite sur une ancienne gravière inexploitée depuis 2009, un site déjà transformé par l’activité humaine : le projet ne mobilise aucun espace agricole.
Les caractéristiques du site
- Localisation : Rosoy et Étigny (Yonne).
- Mise en service : juillet 2026.
- Puissance installée : 28,9 MWc sur 20,41 hectares.
- Production : l’équivalent de la consommation électrique d’environ 14 000 habitants.
- Émissions évitées annoncées : 250 tonnes de CO₂ par an.
Pourquoi le flottant
Au-delà de l’intégration paysagère, Boralex met en avant le refroidissement naturel des panneaux posés sur l’eau, qui améliore leur performance sur le long terme. Pendant le développement, une campagne d’investissement participatif a permis aux riverains d’apporter 200 000 euros au financement de la centrale.

Le troisième site, le parc éolien Les Cent Mencaudées, se situe dans le Nord. D’après pv magazine France, il compte cinq éoliennes pour 18,37 MW, ce qui porte bien l’ensemble à près de 50 MW. Selon Boralex, il apporte des revenus complémentaires aux exploitants agricoles.
Ce que dit Boralex
« La valeur des énergies renouvelables se mesure aussi à leur capacité à répondre aux besoins des territoires qui les accueillent, et dans leur compatibilité avec les activités locales », affirme Jean-Christophe Dall’Ava, premier vice-président et directeur général Europe de Boralex. Il résume les trois projets ainsi : une solution pour l’avenir d’un arboriculteur en Ardèche, une nouvelle vocation énergétique pour un site déjà anthropisé dans l’Yonne, des revenus complémentaires pour les exploitants dans le Nord.
Les fiches des projets sont disponibles sur le site de Boralex. Pour le cadre général de l’agrivoltaïsme en France, l’ADEME publie des travaux de référence.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un parc agrivoltaïque dynamique ?
Un parc agrivoltaïque associe sur la même parcelle une production agricole et une production d’électricité solaire. Dans le parc Le Bosquet de Boralex, en Ardèche, les panneaux sont installés au-dessus d’une culture de kiwis, avec pour objectif de protéger le verger de la chaleur, de la grêle et du gel.
Quel est l’intérêt de panneaux solaires flottants ?
Posés sur un plan d’eau, comme à Plaine de Nange sur une ancienne gravière de l’Yonne, les panneaux flottants n’occupent pas de terres agricoles et bénéficient du refroidissement naturel de l’eau, ce qui améliore leurs performances sur le long terme selon Boralex.
Quelle puissance Boralex a-t-il mise en service ?
Les trois sites inaugurés par Boralex totalisent près de 50 MW : 2,44 MWc pour le parc agrivoltaïque Le Bosquet, 28,9 MWc pour la centrale de Plaine de Nange et 18,37 MW pour le parc éolien Les Cent Mencaudées. Ils couvriront l’équivalent de la consommation d’environ 37 000 habitants.
En résumé
Avec Le Bosquet et Plaine de Nange, Boralex ajoute plus de 31 MWc de solaire en France, sur deux modèles qui évitent le conflit avec l’agriculture : des panneaux qui protègent un verger de kiwis menacé par la chaleur, et une centrale hybride installée sur une gravière abandonnée et en partie financée par les riverains. Associés au parc éolien du Nord, ces sites ajoutent près de 50 MW au parc renouvelable de l’entreprise.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
Aurélien CHAPUIS
05/10/2026 à 10h00Une gravière laissée à l'abandon depuis 2009 : il aura fallu tout ce temps pour qu'elle produise enfin de l'électricité.
Dans l'Yonne, Plaine de Nange ne prend pas un hectare agricole, et des riverains y ont mis 200 000 euros de leur poche. En Ardèche, un arboriculteur qui a perdu 25 à 30 % de sa production en cinq ans installe des panneaux au-dessus de ses kiwis pour sauver son verger.
Ce sont les territoires et les agriculteurs qui prennent les risques et trouvent les solutions. L'État, lui, n'offre toujours aucun cap lisible à la filière, à mon sens, et laisse chaque projet s'user dans des procédures sans fin.
Combien de friches et de gravières dorment encore en France parce que l'administration freine au lieu d'accélérer ?