Engie et l’allemand Return ont signé un accord portant sur 300 MW supplémentaires de flexibilité issue du stockage par batteries en Allemagne. Particularité du montage : la capacité n’est pas adossée à une centrale unique mais mutualisée entre plusieurs sites, via un portefeuille virtuel accessible depuis une seule interface.
Le modèle reste relativement nouveau sur le marché allemand. Dans un contrat de flexibilité classique, l’acheteur réserve la capacité d’une installation de stockage identifiée. Ici, la capacité est mutualisée entre plusieurs batteries exploitées par Return, regroupées au sein d’un portefeuille virtuel unique. Engie accède à l’ensemble de cette flexibilité depuis une seule interface, sans avoir à contractualiser site par site.
L’intérêt opérationnel est double : la mutualisation lisse l’indisponibilité d’un actif donné, et de nouvelles capacités peuvent être ajoutées au portefeuille à mesure qu’elles entrent en service, sans renégocier l’architecture contractuelle.
Ces contrats répondent à un besoin structurel : l’essor de la production variable renforce la valeur des moyens capables de déplacer l’énergie dans le temps et de répondre aux écarts d’équilibrage — un enjeu que documentent les gestionnaires de réseau européens réunis au sein d’ENTSO-E, et dont les mécanismes équivalents côté français sont opérés par RTE.
Le nouvel accord s’inscrit dans la continuité d’une première transaction de 100 MW en Allemagne, suivie d’un contrat de 55 MW en Espagne. Il illustre, selon les deux partenaires, la capacité du modèle à se déployer progressivement sur différents marchés européens.
« Notre partenariat avec Return montre comment des accords virtuels innovants d’achat de flexibilité peuvent accélérer le développement du stockage par batteries et contribuer à l’ambition d’Engie de fournir à ses clients une énergie décarbonée 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 », déclare Martin Daronnat, responsable de la flexibilité et de l’origination structurée d’Engie en Allemagne.

C’est un contrat (vFPA) par lequel un acheteur réserve une capacité de flexibilité non pas sur une installation de stockage précise, mais sur un portefeuille d’actifs mutualisés. L’acheteur accède à l’ensemble de la capacité via une interface unique.
300 MW supplémentaires, qui portent à 400 MW le volume total contractualisé entre Engie et Return en Allemagne, après une première opération de 100 MW. Un contrat de 55 MW avait également été signé en Espagne.
La mutualisation réduit la dépendance à la disponibilité d’un actif unique et permet d’intégrer de nouvelles batteries au portefeuille au fil de leur mise en service, sans repartir d’une négociation contractuelle par site.
En résumé — l’opération est moins remarquable par son volume que par sa forme : en achetant de la flexibilité à un portefeuille plutôt qu’à une centrale, Engie s’affranchit du rythme de mise en service des actifs individuels. C’est un signal sur la manière dont la flexibilité se contractualise en Europe, à mesure que le stockage passe du statut de projet unitaire à celui de ressource agrégée.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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