Le cimentier italien Calme va couvrir environ 80 % de sa consommation électrique grâce à une centrale photovoltaïque de 3,1 MWc installée sur son site d’Orciano Pisano, sans avancer un euro d’investissement : GreenYellow finance, construit et exploite l’installation dans le cadre d’un contrat d’achat d’électricité sur site de vingt ans.
Le montage retenu repose sur le modèle Energy-as-a-Service : l’opérateur prend en charge l’intégralité du financement de l’installation, ainsi que sa conception, sa construction, son exploitation et sa maintenance pendant toute la durée du contrat. Le client, ici producteur de ciment, de chaux et de liants hydrauliques, dispose d’une production dédiée sur son site sans investissement initial ni gestion opérationnelle de l’infrastructure.
La contrepartie est un engagement long : vingt ans de contrat d’achat d’électricité. C’est précisément cette durée qui donne sa valeur au dispositif dans le contexte actuel, où la volatilité des prix de gros pèse sur les décisions d’investissement industriel — une problématique suivie en France par la Commission de régulation de l’énergie.
La centrale devrait entrer en service au deuxième trimestre 2027 et produire plus de 4,3 GWh par an, soit environ 80 % de la consommation électrique du site. L’opérateur chiffre à plus de 1 886 tonnes les émissions de CO₂ évitées annuellement, qu’il rapproche des émissions moyennes de près de 1 522 foyers.
Le taux de couverture annoncé illustre l’intérêt du profil industriel pour l’autoconsommation : une activité qui consomme en continu pendant les heures de production solaire valorise mécaniquement une part élevée de l’électricité produite sur place, contrairement à un site dont la charge est concentrée en soirée. Les leviers de décarbonation des industries lourdes, dont la production de ciment, font par ailleurs l’objet de travaux réguliers de l’ADEME.
Le projet s’inscrit dans une dynamique engagée : le groupe revendique aujourd’hui plus de 30 MWc de puissance photovoltaïque installée ou en cours de construction dans le pays.

C’est un contrat d’achat d’électricité portant sur une centrale implantée sur le site même du consommateur. L’électricité produite est consommée sur place, sans transiter par le réseau public, et vendue au client à un prix fixé contractuellement sur la durée — ici vingt ans.
Le prestataire finance intégralement l’installation et en assure la conception, la construction, l’exploitation et la maintenance pendant toute la durée du contrat. L’industriel n’engage aucun investissement initial et ne gère pas l’infrastructure.
Environ 80 % dans ce cas précis, avec 3,1 MWc pour plus de 4,3 GWh annuels. Ce taux dépend surtout du profil de consommation : une activité fonctionnant en journée valorise une part bien plus élevée de sa production solaire qu’un site à charge nocturne.
En résumé — l’intérêt de l’opération tient moins à sa taille qu’à sa structure : en transférant le financement et l’exploitation au fournisseur, l’industriel sécurise 80 % de son électricité sur vingt ans sans mobiliser sa capacité d’investissement. Dans un contexte de prix de gros volatils, c’est cet arbitrage — capital préservé contre engagement long — qui explique la diffusion rapide du modèle dans l’industrie européenne.

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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