Le premier fabricant mondial de verre automobile, Fuyao Group, a confirmé le développement d’un vitrage de toit solaire intégrant des cellules photovoltaïques. L’industriel chinois annonce être en mesure de produire ce composant à grande échelle, une avancée significative pour le photovoltaïque intégré au véhicule (VIPV). Selon les informations communiquées par l’entreprise, ce « solar sunroof » permet de convertir l’énergie solaire en électricité pour alimenter les équipements auxiliaires du véhicule. Cette annonce intervient alors que plusieurs médias chinois évoquent une collaboration avec le constructeur BYD pour équiper, en option, les berlines Han et Tang.
Le dispositif imaginé par Fuyao repose sur un verre feuilleté dans lequel les cellules solaires sont intégrées directement. Cette conception préserve l’esthétique du véhicule tout en assurant une production d’électricité dès que la lumière du soleil atteint la surface du toit. L’électricité générée est destinée aux équipements électriques embarqués, notamment la ventilation, les systèmes de surveillance, les capteurs et les fonctions en veille lorsque le véhicule est stationné.
Contrairement à un système photovoltaïque classique posé sur le toit, la solution mise au point par Fuyao s’inscrit dans la continuité des vitrages automobiles traditionnels. Le verre conserve ses propriétés de protection, de résistance et de filtration, tout en devenant une source d’énergie auxiliaire. Le groupe précise que cette technologie s’adresse en priorité aux véhicules électriques et hybrides, mais qu’elle peut également convenir à des véhicules thermiques pour réduire la charge sur la batterie principale.
L’industrialisation du toit solaire ne date pas d’hier pour Fuyao. Dès mai 2024, l’entreprise avait signalé à ses investisseurs avoir atteint la capacité de production en série de ce type de vitrage, tout en précisant qu’elle fournissait déjà certains programmes automobiles sur demande. Les récentes annonces confirment toutefois une accélération notable vers une commercialisation élargie. Les usines de Fuqing Yangxia et de Hefei ont chacune atteint, à la fin de l’année 2025, une capacité de production de 3 millions d’ensembles de vitrages automobiles. Elles augmentent progressivement leur cadence en 2026.
Fuyao n’a pas communiqué sur la part exacte de cette capacité dédiée aux toits solaires. Néanmoins, le fait qu’un acteur de cette envergure engage des lignes de production dédiées constitue un signal fort pour l’ensemble de la filière photovoltaïque automobile. La possibilité de produire en volume, avec une qualité industrielle conforme aux exigences des constructeurs, est en effet l’un des prérequis pour une adoption à plus large échelle.
Depuis plusieurs semaines, des médias automobiles chinois affirment que le système de toit solaire a été développé conjointement avec BYD. Selon ces informations, il serait proposé en option sur les modèles Han et Tang pour un prix d’environ 8 000 yuans, soit près de 1 020 euros. Ces mêmes sources évoquent une puissance maximale de 720 watts et un rendement de conversion de 23,18 %, obtenu grâce à des cellules solaires à hétérojonction (HJT).
Ni Fuyao, ni BYD n’ont officiellement confirmé ces caractéristiques. Lors d’une réunion avec des investisseurs en mars dernier, Fuyao a refusé d’identifier ses clients ou de divulguer ses tarifs, invoquant la confidentialité commerciale. Cette prudence est fréquente dans l’industrie automobile, notamment en amont des lancements de nouveaux modèles. Il n’en reste pas moins que les informations publiées par la presse chinoise, souvent bien informée sur les projets en cours, suggèrent un partenariat avancé entre les deux groupes.
Les chiffres de 720 W et de 23,18 % circulent largement, mais aucune fiche technique officielle n’a encore été publiée. Si ces données se révélaient exactes, elles placeraient ce toit solaire parmi les plus performants du marché. La technologie à hétérojonction, qui combine une couche de silicium cristallin et des couches minces de silicium amorphe, offre effectivement d’excellents rendements énergétiques. Elle est par ailleurs déjà utilisée dans l’industrie photovoltaïque traditionnelle pour maximiser la production d’énergie sur des surfaces limitées.
La surface disponible sur le toit d’une voiture particulière étant restreinte, la puissance de 720 W semble optimiste pour un simple toit ouvrant. Ce chiffre pourrait correspondre à une configuration intégrant également les surfaces vitrées arrière ou un pavillon panoramique complet. Il est aussi possible que les valeurs publiées concernent une version haut de gamme spécifique. En l’absence de confirmation, il convient de rester prudent sur ces spécifications annoncées.

Le recours à l’énergie solaire pour alimenter les accessoires d’un véhicule ne doit pas être confondu avec un dispositif de recharge principale. En raison de la surface limitée disponible sur une voiture, le photovoltaïque intégré au véhicule ne peut produire qu’une quantité d’électricité modeste. L’intérêt majeur du VIPV réside avant tout dans l’alimentation des équipements à faible consommation lorsque le véhicule est à l’arrêt.
Ainsi, une voiture garée en plein soleil peut maintenir sa batterie 12 V chargée, actionner la ventilation de l’habitacle pour éviter la montée en température, ou encore alimenter les systèmes de télésurveillance et de mise à jour logicielle en veille. Dans les régions très ensoleillées, cette contribution permet de réduire la décharge de la batterie principale et donc d’améliorer l’autonomie réelle du véhicule sur une journée, sans toutefois atteindre un apport comparable à celui d’une borne de recharge.
L’évolution de Fuyao vers une production de masse laisse penser que le solaire automobile sort progressivement de la phase expérimentale. Plusieurs constructeurs travaillent déjà sur des propositions similaires, notamment dans les véhicules de loisirs, les camions et les citadines. L’intégration de cellules solaires directement dans des composants existants, comme le vitrage, apparaît comme la voie la plus réaliste pour une diffusion à grande échelle.
Le verre se prête particulièrement bien à cette application. Il est présent sur toutes les carrosseries, offre une grande surface disponible et bénéficie d’une chaîne de production déjà parfaitement maîtrisée par des équipementiers comme Fuyao. En intégrant la cellule photovoltaïque directement dans le verre feuilleté, il devient possible de produire des toits solaires en grande série, sans modification majeure des chaînes de fabrication des constructeurs automobiles.
L’annonce de Fuyao s’inscrit dans un mouvement plus large de décarbonation des transports. Si le photovoltaïque intégré au véhicule ne remplace pas les infrastructures de recharge, il apporte une contribution réelle à l’efficacité énergétique des véhicules électrifiés. En produisant de l’électricité sur site, sans émission supplémentaire, cette technologie offre une valeur ajoutée concrète pour les usagers, en particulier dans les pays bénéficiant d’un ensoleillement important.
Les capacités de production annoncées par Fuyao témoignent d’une vision industrielle mûre. Le groupe chinois, déjà leader mondial sur le marché du verre automobile, semble vouloir imposer le toit solaire comme un équipement standard des prochaines générations de véhicules. Le fait de pouvoir produire en masse, à coût compétitif, constitue un avantage décisif pour conquérir ce nouveau segment.
L’attente est désormais tournée vers les publications officielles de Fuyao et de BYD pour connaître les caractéristiques finales du produit, les conditions de commercialisation et les premiers modèles équipés. Si les informations du marché se confirment, le toit solaire intégré pourrait devenir un argument commercial majeur sur le segment des berlines électriques haut de gamme. À plus long terme, cette technologie pourrait s’étendre aux SUV, aux monospaces et aux véhicules utilitaires, multipliant les surfaces disponibles et donc le potentiel de production d’énergie embarquée.
Face aux enjeux de l’autonomie électrique et de la décarbonation des transports, l’innovation de Fuyao ouvre une nouvelle voie pour rendre les véhicules plus autonomes sur le plan énergétique. Il ne s’agit encore que d’un complément, mais un complément qui pourrait rapidement devenir un standard, à mesure que les coûts diminueront et que les rendements progresseront.
Découvrir le site officiel de Fuyao Group

Aurélien Chapuis est diplômé du Master Management et Gestion de l’Énergie de l’ESCP Business School. Expert en stratégie photovoltaïque et business developer pour PV Solaire Énergie depuis 2019, il accompagne les professionnels du secteur dans leur croissance et vulgarise les enjeux de la transition énergétique pour le grand public.
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