Voltec Solar : le pari du tandem pérovskite à la française - PV SOLAIRE ÉNERGIE

Voltec Solar : le pari du tandem pérovskite à la française

Le fabricant de panneaux solaires français récolte 9,3 millions d’euros de l’Ademe pour son projet d’industrialisation d’une nouvelle technologie tandem perovskite-silicium 4T développée avec l’IPVF. Lucas Weiss fait le point avec pv magazine sur le positionnement technologique de la société et les avantages comparatifs d’une production française.« Je n’ai aucun doute que c’est la technologie qui permet d’accéder au marché », affirme Lucas Weiss, directeur de Voltec Solar lors d’un entretien avec pv magazine pour parler du développement de la production de panneaux solaires en France.
Le fabricant français dispose actuellement de deux lignes de production de 250 MW chacune dans son usine alsacienne de Dinsheim-sur-Bruche. « Chacune des lignes est compatible en technologie P (PERC) ou N (topcon ou hjt), mais nous avons majoritairement vendu de la technologie PERC jusqu’à présent, explique le dirigeant. Nous lançons une nouvelle gamme de produit au printemps 2024 en technologie Topcon. »
Voltec Solar développe aussi une nouvelle technologie Tandem 4T pérovskite-silicium avec l’IPVF, dans l’optique de produire 5 GW d’ici 2030 et de mettre en place un démonstrateur en 2025. Le projet a pris quelques mois de retard, mais pas assez pour modifier l’agenda selon Lucas Weiss.
Le projet « France PV Industrie » a d’ailleurs convaincu l’Ademe puisqu’il est lauréat du financement France 2030 dans la catégorie projet de recherche. De ce fait, il sera doté d’une enveloppe de 9,3 millions d’euros, apportée en majorité en subvention et qui sera répartie entre les deux partenaires. L’apport sera définitivement validé après la signature de différentes conventions afférentes.
« La bonne technologie au bon moment »
Les cycles technologiques et les innovations ne se situent pas toujours où l’on imagine. Lucas Weiss explique par exemple que c’est les nouveaux dimensionnements successifs des lingots par les producteurs chinois qui ont permis d’augmenter la puissance des panneaux par optimisation géométrique et donc de gagner de nouveaux marchés.
« Les innovations réparties sur la chaîne de valeur ont permis aux acteurs [asiatiques] de se positionner sur les marchés, explique Lucas Weiss. Un jour viendra le cycle du tandem pérovskite et il faudra être leader à ce moment-là ».
Pour se démarquer et remporter les marchés, il faut cocher toutes les cases : rendement, prix et durabilité. Sur le premier point les pérovskites (et notamment en tandem) présentent des rendements intéressants et ont engagé un développement rapide en ce sens. Le prix semble aussi attractif pour Lucas Weiss, un avis partagé par plusieurs acteurs du secteur qui ont par exemple consenti à des efforts structurels en R&D. En ce qui concerne la durabilité, le rendement élevé du tamdem pérovskite-silicium pourrait compenser un cycle de fabrication plus énergivore.
Les avantages de la filière française
Côté empreinte carbone, Lucas Weiss estime qu’il est indiscutable que la France a un avantage à faire jouer : « pour le moment, le mix énergétique chinois est encore centré sur le charbon, en particulier pour la filière solaire puisque c’est l’énergie la plus rapide à déployer pour alimenter les nouvelles usines de production ».
Pour Voltec Solar, les partenariats avec l’industrie française et européenne du recyclage pourront également faire baisser d’une part l’impact environnemental du module, d’autre part son prix.
Le partenariat avec Soren devrait permettre d’utiliser du verre recyclé dans la fabrication des panneaux. « Le verre recyclé permet de faire baisser la température dans les fours, et donc de faire baisser les coûts », précise Lucas Weiss.
L’intégration de silicium recyclé est aussi envisageable puisque l’efficacité de la couche mince pérovskite permet de limiter l’importance de la sous-couche silicium dans le rendement final du module. Mais pour le moment la filière de recyclage peine à se mettre en place sur ce segment, d’autant plus que le silicium de première main est actuellement très peu cher.

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