La filière solaire française traverse une période de forte incertitude, malgré un contexte énergétique qui appelle pourtant à une accélération du déploiement des énergies renouvelables. Le 17 juin dernier, les représentants syndicaux du secteur ont rencontré Maud Brégeon, ministre déléguée chargée de l’Énergie, pour alerter sur l’absence de visibilité pour les mois à venir. Cette réunion, très attendue, a permis d’amorcer un dialogue, mais sans obtenir d’engagements fermes. Selon le Syndicat des énergies renouvelables (SER), la situation est « dramatique et paradoxale » : alors que la France lance son plan d’électrification et que les besoins en électricité décarbonée explosent, le photovoltaïque est la seule filière de production sans feuille de route opérationnelle après l’été.
Le président du SER, Jules Nyssen, a souligné sur LinkedIn que « la filière solaire demeure la seule des filières de production d’électricité qui n’a pas de feuille de route opérationnelle après l’été ». Cette absence de visibilité intervient alors que la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) prévoit un objectif de 2,9 GW de nouvelles capacités photovoltaïques par an. Pourtant, au premier semestre 2025, seuls trois appels d’offres ont été lancés, loin du rythme nécessaire pour tenir les objectifs. Le paradoxe est d’autant plus frappant que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, avait promis que les instruments de mise en œuvre seraient au rendez-vous lors de la publication de la PPE.
Lors de la rencontre du 17 juin, les syndicats Enerplan et le SER ont plaidé pour que les volumes attribués en 2026 soient cohérents avec les objectifs de la PPE. Selon Enerplan, cela correspondrait à environ 3,6 GWc de nouvelles capacités photovoltaïques installées. Maud Brégeon a confirmé qu’un nouvel appel d’offres photovoltaïque serait lancé à l’automne, comme l’a indiqué le journal Tecsol. Toutefois, les modalités précises (volumes, critères de sélection, dates) restent encore à arbitrer. Le SER et Enerplan attendent désormais un calendrier clair et des engagements chiffrés.
L’absence de visibilité a des conséquences concrètes sur l’emploi. Selon Enerplan, un tiers des 80 000 emplois directs et indirects de la filière solaire sont aujourd’hui menacés. La filière génère également près de 300 millions d’euros de retombées fiscales annuelles pour les collectivités locales. Cette situation est d’autant plus préoccupante que le photovoltaïque est l’une des filières les plus compétitives pour produire de l’électricité bas carbone. Sans un signal fort de l’État, les entreprises du secteur risquent de délocaliser ou de réduire leurs activités.
L’annonce de Maud Brégeon concernant un appel d’offres à l’automne a été accueillie avec prudence par les professionnels. Si c’est une première avancée, les modalités restent floues. Le SER a rappelé que les volumes mis en concurrence doivent être « cohérents avec les objectifs de la PPE, soit environ 2,9 GW, correspondant selon notre lecture à près de 3,6 GWc de nouvelles capacités photovoltaïques ». Cette différence s’explique par le fait que les appels d’offres portent sur la puissance raccordée, tandis que les capacités installées sont souvent supérieures. Les acteurs du secteur espèrent que le gouvernement saura fixer des objectifs ambitieux pour soutenir la dynamique de la filière.

Enerplan a souligné que « le rendez-vous n’a permis d’obtenir ni annonces fermes ni décisions rassurantes, mais il a permis d’amorcer un dialogue avec une ministre qui s’est montrée à l’écoute ». Les deux organisations appellent désormais le gouvernement à publier rapidement un calendrier précis pour les appels d’offres à venir, ainsi que les volumes associés. La filière solaire française, qui a déjà prouvé sa capacité à créer de l’emploi et à réduire les émissions de CO2, ne demande qu’à être soutenue par une politique industrielle claire. Selon le ministère de la Transition écologique, le photovoltaïque doit jouer un rôle central dans l’atteinte de la neutralité carbone d’ici 2050.
Les prochaines semaines seront décisives. Le SER et Enerplan espèrent que les arbitrages nécessaires seront pris avant la fin de l’été, afin de donner de la visibilité aux entreprises et d’éviter de nouvelles pertes d’emplois. Les enjeux sont considérables : au-delà des 80 000 emplois, c’est toute la chaîne de valeur de l’énergie solaire (fabricants, installateurs, bureaux d’études, mainteneurs) qui est en attente d’un signal politique fort. La France, qui vise 100 GW de solaire installé d’ici 2050, ne peut se permettre de laisser sa filière s’étioler. L’appel d’offres de l’automne devra être le premier d’une série de mesures cohérentes pour atteindre cet objectif.
En conclusion, la réunion du 17 juin a ouvert une porte, mais les acteurs du solaire attendent désormais des actes. La filière solaire française a besoin d’un cap clair pour investir, innover et recruter. L’avenir de la transition énergétique en France dépend en partie de la capacité du gouvernement à transformer les annonces en décisions concrètes.

Engagée pour la transition énergétique, je me consacre à l’exploration des opportunités offertes par l’énergie solaire et à son évolution. J’accompagne les professionnels du secteur et favorise les collaborations pour accélérer l’adoption de solutions durables et innovantes.
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