Le déploiement du photovoltaïque en France connaît une accélération significative, porté par des partenariats innovants entre producteurs d’énergie et acteurs du monde agricole. Alors que la Commission de régulation de l’énergie (CRE) multiplie les appels d’offres pour le solaire au sol, la coopérative Vivescia et le producteur indépendant Amarenco unissent leurs forces pour donner une seconde vie à des terrains agricoles non cultivés.

Un partenariat stratégique entre Amarenco et Vivescia

Avec 650 MW de capacité solaire déjà installée en France et à l’international, Amarenco est un acteur reconnu du secteur photovoltaïque. De son côté, Vivescia, l’une des plus grandes coopératives agricoles françaises, cherche à valoriser durablement son patrimoine foncier. Leur alliance prévoit le développement de huit centrales photovoltaïques au sol sur des parcelles aujourd’hui délaissées, pour une puissance cumulée de 15 MWc. Chaque projet dépasse le seuil des 500 kWc, ce qui les soumet aux appels d’offres CRE mais leur confère également une taille critique pour une exploitation rentable.

Huit sites répartis dans trois départements du Grand Est

Ardennes (08)

Deux communes sont concernées : Amagne et Attigny. Ces territoires ruraux, où l’activité agricole a laissé des friches, offrent un ensoleillement suffisant pour une production d’électricité renouvelable significative, tout en s’intégrant dans le paysage sans concurrencer les cultures vivrières.

Marne (51)

Quatre localités accueilleront les installations : Matougues, Nuisement-sur-Coole, Somme-Tourbe et Sommesous. La Marne, département déjà engagé dans la transition énergétique via ses parcs éoliens, voit ici une diversification complémentaire avec le solaire.

Aube (10)

Enfin, deux projets sont prévus à Châtres et Onjon. L’Aube bénéficie d’un bon ensoleillement et d’un réseau électrique capable d’absorber cette nouvelle production, facilitant le raccordement.

Un modèle économique gagnant-gagnant sur trente ans

Pour Vivescia, l’opération représente une création de valeur de plus de 3 millions d’euros étalée sur une trentaine d’années, sans aucun investissement financier initial. La coopérative met à disposition son foncier et apporte son soutien pour les démarches locales (concertation, sécurisation des terrains, accès aux sites). Ce modèle de location de long terme permet de générer des revenus stables tout en conservant la propriété du sol, une fois les panneaux démantelés en fin de vie (prévue à 30 ans).

De son côté, Amarenco supporte l’intégralité des risques techniques et financiers : études de faisabilité, procédures administratives, financement, construction, exploitation-maintenance et démantèlement des installations. Le producteur assure ainsi un service clé en main, conforme aux exigences des appels d’offres CRE qui demandent des garanties de démantèlement et de recyclage des panneaux.

Des projets vertueux pour la transition énergétique locale

Pierre Guerrier, directeur Développement France d’Amarenco, souligne : « Les petites centrales au sol sur terrains délaissés sont un des enjeux de la transition énergétique, favorisant leur acceptabilité locale et permettant de faciliter leur raccordement au réseau public d’électricité. Développer ce type de projets vertueux avec une des plus grandes coopératives agricoles de France, également très engagée comme nous en faveur d’une agriculture durable et de la préservation des ressources, est une véritable fierté pour Amarenco. »

Huit centrales solaires au sol sur des friches agricoles dans le Grand Est

En effet, ces installations évitent l’artificialisation des terres agricoles productives tout en produisant une énergie propre, équivalant à la consommation électrique de plusieurs milliers de foyers. La loi de transition énergétique pour la croissance verte encourage ce type de projets sur des parcelles dégradées ou non exploitées, réduisant les conflits d’usage.

Valorisation des terrains délaissés : une tendance d’avenir

Cédric Cogniez, directeur général des activités agricoles et filières céréalières chez Vivescia, explique : « En valorisant des fonciers aujourd’hui non exploités, nous faisons le choix d’un modèle économique simple, sécurisé et inscrit dans le temps long, tout en contribuant concrètement à la production d’électricité renouvelable sur nos territoires. »

L’agrivoltaïsme gagne du terrain en France. Selon une étude de l’ADEME, le potentiel des friches agricoles pour le photovoltaïque est estimé à plusieurs dizaines de milliers d’hectares. Ces huit centrales d’Amarenco et Vivescia s’inscrivent donc dans une dynamique nationale qui pourrait être reproduite dans d’autres régions, d’autant que la réglementation récente tend à favoriser les installations sur sols non productifs plutôt que sur terres cultivables.

Calendrier et perspectives

Les études de développement ont débuté en 2024. Les demandes de permis de construire et les raccordements au réseau Enedis suivront dans les mois à venir. La mise en service des premières centrales est envisagée à l’horizon 2026-2027, sous réserve de l’obtention des autorisations et des lauriers aux appels d’offres CRE. Amarenco prévoit d’ailleurs de soumissionner pour la prochaine période de l’appel d’offres PPE2, ce qui pourrait élargir le portefeuille à d’autres sites.

Pour en savoir plus sur les activités d’Amarenco, visitez leur site officiel. Découvrez également l’engagement de Vivescia pour une agriculture durable sur www.vivescia.com.

Avec ce partenariat, Amarenco et Vivescia montrent qu’il est possible de concilier production d’énergie renouvelable, rentabilité économique et préservation des sols agricoles. Une initiative qui pourrait faire école dans d’autres territoires ruraux français.

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