Quand l’initiative citoyenne sauve un projet de centrale solaire au sol

En Centre-Val de Loire, l’association Énergies renouvelables citoyennes en Rabelaisie (EnRCR) et ses partenaires locaux ont inauguré une centrale photovoltaïque au sol de 2,8 MW, soit l’un des plus grand parc PV citoyen de France. Initié en 2013, le projet avait finalement été abandonné faute d’accord sur le tarif de rachat de l’énergie, puis repris par les citoyens, décidés à mener le développement à bien dans la région.Installé sur un ancien centre d’enfouissement de déchets, le parc photovoltaïque de Saint-Benoît-la-Forêt a été inauguré plus tôt ce mois-ci par ses porteurs de projet, à savoir l’association Énergies renouvelables citoyennes en Rabelaisie (EnRCR) et ses partenaires locaux, dont l’IPP CVE.
L’installation solaire présente une capacité installée de 2,83 MW, ce qui en fait l’une des plus grandes centrales solaires citoyennes de France aujourd’hui. Les quelques 5400 panneaux solaires ont été installés en un an et permettront de produire en moyenne 3090 MWh chaque année, soit l’équivalent de la consommation électrique de plus de 1450 habitants. Un troupeau de mouton bénéficie des pâturages sous les modules.
Sa particularité ? C’est une centrale au sol dont le développement a été mené sous l’impulsion d’un collectif de citoyen·ne·s, décidés à reprendre le permis de construire du parc à la suite de l’abandon du projet par son développeur initial, faute de rentabilité.
« C’est un projet qui aurait pu ne jamais voir le jour », explique Energie Partagée, qui a accompagné le développement du parc. Et pour cause : en 2013, le permis de construction pour une centrale solaire est accordé par la mairie à une PME de la région. Mais quatre ans plus tard, faute d’avoir jamais pu obtenir un accord sur le tarif de rachat de l’énergie, l’entreprise décide de se retirer, laissant le projet en suspend. C’est par hasard que des citoyens ont vent du projet de reprise lancé par la mairie.

Convaincus de l’importance du projet d’énergie renouvelable, les habitants décident de se mobiliser pour répondre à l’appel d’offre, et pour ce faire, se structurent dans une association baptisée Energies Renouvelables et Citoyennes en Rabelaisie, qui réunit pas moins de 55 personnes lors de sa première assemblée générale en février 2018. L’association obtient une promesse de bail négocié avec la commune, puis le permis de construire.
« Nous avons décelé une opportunité et sauté à pieds joints dedans, explique Franck Pottier, coprésident du collectif. Nous voulions montrer qu’il était possible pour les citoyens de se réapproprier l’énergie avec un projet économiquement viable, d’autant plus pertinent pour notre territoire qu’il valorise un terrain dégradé »
Pour déployer l’opération, EnRCR se lance à la recherche d’une équipe de partenaires opérationnels et financiers. C’est finalement le producteur indépendant d’énergie CVE et Énergie Partagée qui sont sélectionnés pour développer, financer, construire et exploiter la future installation avec le soutien de la Région Centre-Val de Loire et du PNR Loire Anjou Touraine. Les entreprises locales sont préférentiellement choisies pour la réalisation des travaux et l’entretien du site.
Côté finance, l’association fonde la SAS citoyenne REVE37 (Rabelaisie Energies Vertes Ensemble) avec une levée de fonds réalisée localement et porte à 20 % sa mise dans la société de projet au capital de 2,6 millions d’euros. Cette SAS aura, à l’avenir, vocation à développer d’autres projets citoyens d’énergies renouvelables sur l’ensemble du département d’Indre-et-Loire. Au total, Énergie Partagée détient la même part et CVE les 60 % restants, ce qui porte à 40 % la part citoyenne du projet.

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