Une analyse récente du cabinet AleaSoft Energy Forecasting révèle une semaine contrastée pour les marchés électriques européens. Portés par une production solaire historiquement forte en avril et un recul des prix du gaz, les coûts de l’électricité ont globalement baissé sur le continent, à l’exception notable de quelques marchés. Cette dynamique illustre l’impact croissant des énergies renouvelables sur la formation des prix et la sécurité d’approvisionnement en Europe.

Une baisse généralisée des prix de l’électricité en Europe

La semaine dernière, les prix moyens hebdomadaires de l’électricité ont reculé sur la majorité des grands marchés européens. Cette tendance à la baisse est principalement attribuable à deux facteurs conjugués : une augmentation significative de la production photovoltaïque et une dépréciation des contrats à terme sur le gaz. Seuls les marchés britannique, portugais et espagnol ont enregistré une hausse de leur prix moyen.

Les niveaux de prix les plus bas ont été observés en France (33,90 €/MWh), au Portugal (35,64 €/MWh) et en Espagne (36,57 €/MWh). À l’inverse, le marché italien a maintenu la moyenne hebdomadaire la plus élevée à 119,89 €/MWh. Il est à noter qu’aucun prix journalier n’est tombé en dessous de zéro, contrairement à la semaine précédente, le plus bas ayant été atteint en Allemagne à 3,04 €/MWh le 6 avril.

Records de production solaire battus en Allemagne et en France

Le mois d’avril 2023 a été marqué par des performances exceptionnelles du parc photovoltaïque européen. L’Allemagne a établi un record de production solaire pour un jour d’avril le 8 du mois, avec 426 GWh injectés sur son réseau. La France a suivi le lendemain, le 9 avril, en battant à son tour son record mensuel avec une production de 136 GWh.

Les marchés ibériques n’ont pas été en reste, affichant leur deuxième meilleur niveau historique pour un mois d’avril. L’Espagne a produit 200 GWh et le Portugal 22 GWh le 10 avril. Ces pics de production, couplés à une demande électrique modérée, ont exercé une pression à la baisse significative sur les prix de gros dans ces régions. Pour suivre l’évolution de ces capacités, les rapports de l’Agence Internationale pour les Energies Renouvelables (IRENA) fournissent des données mondiales essentielles.

Les autres facteurs influençant les marchés

Au-delà du solaire, deux autres éléments ont contribué à la baisse des coûts de l’électricité :

  • Le prix du gaz : Les contrats à terme TTF (Title Transfer Facility) sur le marché ICE ont connu une semaine de baisse, tombant jusqu’à 43,64 €/MWh le 10 avril. Cette décrue, la plus basse depuis fin février, s’explique par des annonces géopolitiques (comme un cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran) et une demande gazière réduite due à des températures plus clémentes.
  • Les quotas de CO2 : Le prix des droits d’émission de carbone dans l’UE a également reculé, allégeant le coût de production des centrales thermiques et participant ainsi à la baisse des prix de l’électricité.

Perspectives et tendances pour les semaines à venir

Selon l’analyse d’AleaSoft, la semaine à venir pourrait voir une inversion de la tendance baissière. Les experts anticipent une possible remontée des prix, tirée par plusieurs facteurs : une demande d’électricité en hausse, une production éolienne attendue en baisse et une volatilité persistante sur les marchés du gaz et du CO2. Cette prévision souligne la sensibilité des prix européens à un mix de variables, des conditions météorologiques à la géopolitique.

La transition énergétique européenne, accélérée par le plan Pacte Vert pour l’Europe (Green Deal), continue de remodeler le marché. Les records solaires d’avril démontrent la capacité croissante des renouvelables à couvrir une part substantielle de la demande, tout en stabilisant les prix pour les consommateurs.

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