L’Union européenne a installé au moins 33,8 GW de nouvelles capacités solaires entre janvier et juin 2026, soit 1,9 % de plus que les 33,2 GW du premier semestre 2025, selon l’analyse de mi-année de SolarPower Europe. Un résultat supérieur aux prévisions de fin 2025, qui annonçaient une contraction du marché.

En bref

  • 33,8 GW installés au premier semestre 2026 dans l’UE, en hausse de 1,9 % sur un an.
  • Le photovoltaïque a couvert plus de 20 % de la demande électrique de l’UE en mai, juin et juillet, avec un record de 25 % en juin.
  • Environ 30 milliards d’euros d’importations de gaz évitées en six mois, soit plus d’un milliard par semaine.
  • Prévision centrale pour 2026 relevée à 68,1 GW, contre 69,6 GW en 2025 (record révisé).
  • Les réseaux, le stockage et la flexibilité ne suivent pas le rythme : écrêtements, prix négatifs et pics de prix en soirée se multiplient.

Une demande résiliente dans un marché dégradé

Le chiffre de 33,8 GW ne traduit pas encore une accélération nette, mais il contredit les prévisions de contraction publiées fin 2025. La demande est restée résiliente malgré la dégradation des conditions de marché, portée notamment par les inquiétudes renouvelées sur l’approvisionnement en combustibles fossiles liées au conflit au Moyen-Orient. La hausse des prix de l’énergie et les préoccupations de sécurité énergétique ont renforcé l’intérêt économique du solaire dans plusieurs États membres.

Allemagne et Espagne toujours en tête

Les deux plus grands marchés de l’Union ont maintenu des niveaux d’installation élevés, tandis que la France, l’Italie, la Pologne, la Roumanie et la Grèce ont enregistré une légère croissance sur un an. Des marchés de plus petite taille comme la Finlande et la Lettonie se sont rapidement développés grâce à la mise en service de grands projets. À l’inverse, les Pays-Bas, la Tchéquie, la Belgique et la Hongrie sont restés sous leurs niveaux de 2025.

La structure du marché ne devrait pas évoluer significativement en 2026 : les projets de grande taille représenteraient environ 56 % des nouvelles capacités, contre 44 % pour les installations en toiture. Dans ce second segment, la demande résidentielle s’est affaiblie sur plusieurs marchés, alors que le commercial et l’industriel se sont montrés plus résilients.

Un milliard d’euros de gaz évité chaque semaine

Au cours des six mois ayant suivi l’escalade du conflit au Moyen-Orient, à partir du 1er mars, la production solaire de l’UE aurait permis d’éviter environ 30 milliards d’euros de coûts d’importation de gaz destinés à la production d’électricité — plus d’un milliard d’euros par semaine.

Le photovoltaïque a couvert plus de 20 % de la demande d’électricité de l’Union en mai, juin et juillet, atteignant un record de 25 % en juin, mois durant lequel il est devenu la première source de production électrique de l’UE. Cette production a aussi contribué à absorber la hausse de la demande de climatisation pendant les vagues de chaleur, au moment où les températures élevées des cours d’eau et les faibles niveaux des réserves hydriques limitaient la disponibilité du nucléaire et de l’hydroélectricité.

« En plus d’être une technologie essentielle pour la décarbonation, l’énergie solaire s’impose comme un atout en matière de sécurité énergétique, capable de réduire l’exposition de l’Europe aux importations de combustibles fossiles », résume SolarPower Europe.

Le réseau, principal point de friction

La croissance du photovoltaïque met en évidence les limites des infrastructures électriques européennes. L’augmentation de l’écrêtement des renouvelables, la baisse des prix de valorisation de l’électricité solaire, les épisodes de prix négatifs et la multiplication des pics de prix en soirée montrent que réseaux, capacités de stockage et mécanismes de flexibilité ne progressent pas au même rythme que la production — un constat que recoupent les travaux des gestionnaires de réseau européens réunis au sein d’ENTSO-E.

« Sans un déploiement plus rapide de ces technologies, l’Europe risque de gaspiller une part croissante de son électricité solaire bon marché au milieu de la journée, puis de rester dépendante d’une production fossile coûteuse lorsque la production solaire diminue », avertit le rapport.

Marché solaire européen : 33,8 GW installés au premier semestre 2026

Des prévisions 2026 revues à la hausse

Dans son scénario central, SolarPower Europe attend désormais 68,1 GW de nouvelles capacités solaires dans l’UE sur l’ensemble de 2026, soit 6,6 GW de plus que dans ses prévisions de décembre 2025, et seulement 2,1 % de moins que le record révisé de 69,6 GW atteint en 2025. L’incertitude reste cependant élevée : le scénario bas retient 62 GW, le scénario haut 74,1 GW, le résultat final dépendant du second semestre et des révisions de données préliminaires.

La réduction des dispositifs de soutien dans plusieurs États membres, l’accroissement des incertitudes réglementaires et les contraintes de réseau continuent par ailleurs de peser comme risques structurels sur la croissance du marché.

Questions fréquentes

Combien de solaire l’Union européenne a-t-elle installé au premier semestre 2026 ?

Au moins 33,8 GW entre janvier et juin 2026, en hausse de 1,9 % par rapport aux 33,2 GW du premier semestre 2025, selon l’analyse de mi-année de SolarPower Europe.

Quelle part de l’électricité européenne le solaire a-t-il fournie ?

Plus de 20 % de la demande d’électricité de l’UE en mai, juin et juillet 2026, avec un record de 25 % en juin — mois où le photovoltaïque est devenu la première source de production électrique de l’Union.

Combien le solaire a-t-il fait économiser sur les importations de gaz ?

Environ 30 milliards d’euros de coûts d’importation de gaz pour la production d’électricité sur les six mois suivant le 1er mars 2026, soit plus d’un milliard d’euros par semaine.

Quelles prévisions pour l’ensemble de l’année 2026 ?

68,1 GW dans le scénario central, contre 62 GW dans le scénario bas et 74,1 GW dans le scénario haut. Le record de 2025, révisé, s’établit à 69,6 GW.

En résumé — le solaire européen ne ralentit pas et s’impose désormais comme un instrument de sécurité énergétique autant que de décarbonation, avec plus d’un milliard d’euros de gaz évité chaque semaine. Le point de blocage se déplace vers l’aval : sans accélération sur les réseaux, le stockage et la flexibilité, une part croissante de cette production bon marché sera écrêtée à midi pendant que l’Europe restera dépendante du fossile en soirée.

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