L’ESMC appelle à renforcer la proposition de loi sur les accélérateurs industriels pour l’industrie solaire européenne

Le Conseil européen de la fabrication solaire (ESMC), qui rassemble plus de 60 producteurs et organismes de recherche européens spécialisés dans les panneaux photovoltaïques, vient de publier un document de position critique. L’association juge la proposition de loi européenne sur les accélérateurs industriels (IAA) « trop timorée » et formule cinq amendements clés pour en faire un véritable instrument de soutien à l’industrie solaire européenne. Objectif : sécuriser des chaînes de valeur résilientes face à la concurrence chinoise et restaurer la souveraineté industrielle de l’UE.

Un appel à cinq amendements clés

La proposition IAA, présentée par la Commission européenne, vise à accélérer le déploiement de projets industriels dans les technologies propres. Mais pour l’ESMC, son champ d’action est trop limité, sa mise en œuvre trop lente et son efficacité insuffisante pour enrayer la crise actuelle du photovoltaïque européen, marquée par des fermetures d’usines et une dépendance écrasante envers la Chine (80 % à 100 % des composants critiques).

Donner un véritable sens à « Made in Europe »

L’ESMC recommande d’étendre le critère « Made in Europe » à au moins trois composants de la chaîne de valeur photovoltaïque (contre seulement deux actuellement : cellules et onduleurs). Cette règle devrait s’appliquer à au moins la moitié de la capacité photovoltaïque publique mise aux enchères. Selon Christoph Podewils, secrétaire général de l’ESMC, « l’énergie est devenue une question de sécurité. Les systèmes solaires et de stockage décentralisés sont plus résilients que les infrastructures centralisées, que ce soit pour le réseau ou les applications hors réseau comme les satellites et la défense. Investir dans la capacité industrielle européenne est une nécessité économique et sécuritaire. »

Concentrer l’instrument sur les pays européens

La proposition actuelle inclut jusqu’à 40 pays non européens ayant des accords de libre-échange avec l’UE. L’ESMC estime que cela permettrait aux fabricants chinois de rediriger leur production vers ces pays tiers sans bénéficier à l’industrie européenne. L’association demande donc que l’IAA soit un instrument véritablement européen, centré sur les États membres. La Chine doit être considérée comme un fournisseur à haut risque en raison de la dépendance critique de l’UE.

Restreindre les investissements étrangers

L’UE doit mieux contrôler les entrées de capitaux étrangers. L’ESMC propose que pour tout investissement étranger supérieur à 100 millions d’euros dans le cadre de l’IAA, la création d’une coentreprise avec un partenaire européen devienne obligatoire (et non optionnelle). De plus, la part d’approvisionnement local pour ces projets devrait passer de 30 % à 50 %. Enfin, les entités étrangères ayant violé la propriété intellectuelle d’entreprises ou de centres de recherche européens devraient se voir refuser l’accès au marché européen.

Favoriser les fournisseurs européens d’équipements

Les fonds publics destinés à l’industrie solaire européenne doivent également bénéficier aux fournisseurs européens d’équipements de production. Cela créerait des emplois qualifiés dans la construction mécanique et soutiendrait l’innovation dans les instituts de recherche photovoltaïque, qui restent en pointe mais manquent de partenaires industriels locaux. L’ESMC préconise que la part des équipements fabriqués dans l’Union soit proportionnelle au niveau de financement public accordé.

Accélérer la mise en œuvre

Face à l’urgence — les surcapacités chinoises et les pratiques de dumping fragilisent l’industrie européenne depuis des années — l’ESMC demande que la partie photovoltaïque de l’IAA entre en vigueur dès le premier semestre 2027. Une étude d’impact de la Commission confirme que des mesures plus strictes n’auraient qu’un effet marginal sur les prix de l’électricité, tandis que les bénéfices économiques et géopolitiques seraient majeurs.

Un enjeu de sécurité économique et énergétique

Dans un contexte de tensions géopolitiques et de guerre en Ukraine, la dépendance aux importations chinoises expose l’Europe à des risques majeurs. Le contrôle des technologies solaires signifie le contrôle des infrastructures énergétiques et économiques. « Contrôler cette technologie, c’est contrôler les systèmes d’infrastructures économiques et énergétiques de l’Europe », souligne Christoph Podewils. L’ESMC appelle les parlementaires européens et les États membres à utiliser leur pouvoir pour soutenir une industrie solaire nationale capable de fournir une énergie abordable, sûre et durable.

Conclusion

Alors que la Commission européenne finalise sa proposition, l’ESMC espère que ces cinq recommandations seront intégrées pour transformer l’IAA en un levier industriel puissant. « C’est le moment de faire basculer la tendance des fermetures d’usines à un regain d’investissement dans la production solaire européenne », conclut Christoph Podewils. Les prochaines semaines seront décisives pour l’avenir du photovoltaïque en Europe.

Pour en savoir plus, consultez le rapport de SolarPower Europe sur la compétitivité du solaire européen, ainsi que l’article de pv magazine sur la proposition IAA. Vous pouvez également lire le communiqué officiel de la Commission européenne sur sa stratégie industrielle.

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